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Cognac Les alambics en pleine chauffe

Publié le mardi 16 juillet 2013 - 13h17

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Les viticulteurs de cognac investissent à nouveau dans la distillation. Parce que la confiance est de retour, parce que les exploitations grandissent, ce qui rend l'alambic plus rentable.

Alambic dans une distillerie de cognac. Photo : Jean-Michel Nossant

Alambic dans une distillerie de cognac. Photo : Jean-Michel Nossant

Jusqu'à présent, Annabelle Monnereau ne produisait que du vin. Elle vient de racheter une seconde exploitation. A la vente, l'alambic était proposé à part, pour 50 000 euros. La viticultrice a fait ses calculs : « Les surfaces dont je dispose aujourd'hui me permettent de le rentabiliser. Comme il est possible d'obtenir auprès des maisons de négoce des contrats en eaux-de-vie, j'ai trouvé intéressant de changer de statut et de passer de livreur de vin à bouilleur de cru. »  En revanche, pas question pour elle d'investir dans un alambic neuf. Une telle installation aurait fait grimper la facture à 150 000 euros.

Les alambics neufs ont cependant l'avantage d'être équipés des derniers automatismes. On est loin de l'époque où le bouilleur devait rester à proximité de sa chaudière tout au long de la distillation pour surveiller les cadrans. Annabelle Monnereau souhaite quand même apporter ces améliorations à son alambic plus ancien. Mais ce ne sera pas avant 2014. Les carnets de commande des chaudronniers spécialisés dans la distillation sont pleins jusque-là.

« C'est flagrant depuis deux ou trois ans », reconnaît Stéphane Chauvin, responsable commercial de la Chaudronnerie Cognaçaise. Selon lui, plusieurs phénomènes se conjuguent. D'une part, le négoce est demandeur de volume, ce qui s'est traduit ces dernières années par une forte augmentation du rendement à l'hectare. D'autre part, la tendance à l'agrandissement des exploitations est elle aussi très marquée. Au bout du compte, les volumes désormais produits par les viticulteurs leur permettent d'atteindre des seuils au-delà desquels l'alambic devient plus rentable que le recours à un bouilleur de profession et plus facile à amortir.

Ainsi depuis trois ans, Stéphane Chauvin évalue entre 80 et 120 par an le nombre d'installations d'alambic sur la région de Cognac, qu'il s'agisse de neufs ou d'occasion démontés et remontés. Le quart d'entre elles est réalisé par sa société.

 

Myriam Guillemaud

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