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dossier - Bioagresseurs ré-émergents

Bioagresseurs (ré-)émergents

Phytoma - n°633 - avril 2010 - page 11

Certains ont été invasifs mais d'autres sont présents depuis des millénaires. Certains se montrent envahissants en étendant leur aire de présence. Tous sont émergents ou ré-émergents car leur nuisibilité augmente ou ré-augmente de façon notable. Portrait de 6 bioagresseurs, 6 exemples de problématiques montantes.
Ambroisie à feuilles d'armoise. ph. B. Chauvel

Ambroisie à feuilles d'armoise. ph. B. Chauvel

p. 12, une espèce végétale, ancienne invasive en extension géographique et aux nuisances croissantes vis-à-vis des végétaux cultivés mais aussi la santé publique : l'ambroisie à feuilles d'armoise.

p. 18, encore un bioagresseur des végétaux mais aussi de la santé publique : la processionnaire du pin, ravageur envahissant dont les populations s'étendent et se densifient.

p. 24, des ravageurs hantant nos cieux, l'un depuis des millénaires et l'autre « seulement » des siècles, et en notable recrudescence : les corbeaux freux et les corneilles noires.

p. 28, elle fut invasive il y a 90 ans, elle est connue depuis longtemps sur pêcher mais émergente sur abricotier et pommier, poirier, cognassier : point sur la tordeuse orientale.

p. 33, retour à des ravageurs installés et émergents ou plutôt ré-émergents. Il s'agit des taupins, nuisibles à diverses cultures et particulièrement au maïs.

p. 38, encore un bioagresseur ancestral ! C'est un champignon nuisible aux plantes... et à l'Homme : le médiéval ergot du seigle se manifeste au XXIe siècle sur seigle et aussi d'autres céréales et d'autres graminées.

Quelques définitions

Espèces invasives, envahissantes ou émergentes, sans cesse la protection des cultures a dû faire face à leurs défis, et tout indique que cela va continuer.

Invasives : les espèces invasives sont en général liées aux échanges internationaux. Originaires d'une zone géographique, elles sont introduites dans de nouvelles régions du monde au gré des pérégrinations de l'Homme. Si elles trouvent des conditions favorables à leur développement, elles s'installent durablement, souvent de façon très rapide au début car leur cortège d'antagonistes ne les a pas accompagnées. Elles causent alors des nuisances, soit directes soit par compétition avec les espèces autochtones.

Nombre d'exemples illustrent cette catégorie en Europe : le phylloxéra de la vigne au XIXe siècle, puis le doryphore et le ragondin, puis la cicadelle de la flavescence et le thrips Frankliniella occidentalis, la chrysomèle du maïs, Paysandisia archon et le charançon rouge sur palmier... Les pathogènes ne sont pas en reste avec la sharka et le feu bactérien, et de même les végétaux : renouée du Japon, ambroisie, séneçon du Cap, jussies...

La découverte de ces invasions nécessite des mesures prises par les organismes chargés de la surveillance du territoire. Ces mesures visent dans un premier temps leur éradication souvent de manière drastique : arrêt de cultures, destruction de l'hôte, contrôles renforcés dans les zones de découverte. La phase suivante a pour but de ralentir la progression par des méthodes de lutte adaptées. Enfin une cohabitation forcée s'instaure, souvent avec un coût. Aux USA, ce coût est estimé à 137 milliards de $.

Envahissantes : les espèces envahissantes procèdent différemment en étendant leur aire naturelle. Cette extension peut être le fait de séquences climatiques ou de modifications culturales. Là aussi nombre d'exemples existent : processionnaire du pin, sésamie du maïs...

Émergentes : enfin les espèces émergentes peuvent être définies comme des organismes naturellement présents dans une zone géographique et qui, pour diverses raisons, trouvent des conditions favorables à leur développement et causent des dommages croissants. On peut citer les taupins dont les populations remontent depuis l'arrêt du lindane et les corbeaux qui refont parler d'eux après l'intermède de l'anthraquinone.

L'essentiel de l'offre

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