Retour

imprimer l'article Imprimer

archiveXML - 1998

La Corse organise sa promotion

La vigne - n°84 - janvier 1998 - page 0

Après un important travail de restructuration du vignoble et de modernisation des chais, la filière viticole corse se préoccupe de ses débouchés. Un très beau millésime 1997 et un comité intersyndical opérationnel depuis peu devraient l'aider à développer ses marchés.

Après un important travail de restructuration du vignoble et de modernisation des chais, la filière viticole corse se préoccupe de ses débouchés. Un très beau millésime 1997 et un comité intersyndical opérationnel depuis peu devraient l'aider à développer ses marchés.

L'événement majeur de l'année 1997 est la qualité du millésime. Nous avons rentré une vendange parfaitement saine, avec des degrés élevés et une bonne concentration aromatique et polyphénolique. Ceci s'explique par des conditions météorologiques particulièrement clémentes pendant l'été puisqu'il n'a pratiquement pas plu. Comparé à la situation des zones méditerranéennes de la métropole, nous avons eu beaucoup de chance! expliquent des producteurs et des techniciens. Un élément qui ne manquera pas d'être mis en avant au moment où l'on travaille activement au développement des débouchés pour les vins corses.Jusqu'à présent, il n'y avait pas de projet promotionnel commun. La communication sur les vins corses reposait donc exclusivement sur les efforts des différents opérateurs. Cette situation va changer d'ici peu. Un audit de filière, réalisé en 1994-1995, recommandait une réorganisation des structures et la mise au point d'un projet promotionnel. Les professionnels ont alors décidé de se doter d'une structure s'apparentant à une interprofession : le Comité intersyndical viticole (CIV) de Corse.' Auparavant, il existait une association mais elle ne vivait que de subventions. Il était donc difficile de travailler dans la durée. Le CIV a été créé il y a un an et demi et fonctionne véritablement depuis le milieu de l'année 1997 ', explique Bernard Sonnet, directeur du CIV corse. Cette structure réunit les AOC et les vins de table, c'est pourquoi il a fallu créer une intersyndicale et non une interprofession. De plus, le statut fiscal particulier de la Corse ne permet de lever ni taxes parafiscales ni cotisations volontaires obligatoires. Nous percevons donc un autre type de cotisations. 'Le CIV corse a deux missions principales. La première consiste à mettre en place un suivi des marchés pour disposer d'outils de prospective. ' Pour le moment, dans toutes les statistiques nationales, la Corse est systématiquement associée à la Provence. Il est très difficile dans ces conditions de distinguer les tendances et a fortiori de les anticiper. D'après une évaluation réalisée en 1994, 60 % des volumes seraient commercialisés en Corse, 30 % en France métropolitaine et 10 % à l'export. Au niveau des ventes en grande distribution, nous ne disposons pas non plus, pour le moment, d'étude fine des ventes de vins corses ', ajoute Bernard Sonnet.A charge donc pour le CIV corse de travailler avec les organismes concernés (CFCE, Sopexa, Secodip...) afin de disposer des outils statistiques utiles pour bâtir une stratégie commerciale.Deuxième mission du CIV corse: la promotion. Un programme d'action de 4,5 millions de francs a été défini pour 1998 et 1999. La campagne devrait avoir pour objectif de créer une image des vins corses et de l'installer auprès des professionnels de la filière, puis progressivement du grand public. L'idée est de positionner le vignoble corse par rapport aux autres régions françaises en s'appuyant sur la notion de mystère. On n'en saura pas plus avant le lancement officiel de cette campagne prévu à la fin de janvier. ' Compte tenu de nos moyens, nous ne pouvons pas toucher les grands médias efficacement. Nous allons donc commencer en sensibilisant les professionnels (acheteurs, grossistes...) aux particularités de nos produits. Pour le grand public, nous nous rattacherons à l'actualité des différents salons et manifestations. 'Ces efforts de promotion tombent à pic car les volumes produits de vins corse devraient augmenter avec l'arrivée en production de jeunes vignes (1 700 ha ont moins de cinq ans). En 1994, la production était à son niveau le plus faible avec 342 440 hl. Depuis, la hausse est régulière : on atteignait 371 268 hl en 1996 et la récolte 1997 devrait se situer aux alentours de 380 000 hl. Un petit score comparé aux 1 833 000 hl de 1976! En vingt ans, les surfaces déclarées en production sont ainsi passées de 27 000 à 7 000 ha et le nombre de déclarants a été pratiquement divisé par cinq. De 2 240 en 1976, ils n'étaient plus que 455 déclarants en 1996. Pendant ces vingt années, le vignoble corse s'est restructuré pour orienter sa production vers la qualité. Par le biais des arrachages-replantation, on a amélioré l'état sanitaire du vignoble et l'encépagement. Aujourd'hui, on estime que 61 % du vignoble sont restructurés.Le Centre d'information et de vulgarisation pour l'agriculture et le milieu rural (Civam) corse, créé en 1982, a évidemment largement participé au virage qualitatif du vignoble. ' Le Civam est la seule structure de recherche et développement vitivinicole en Corse. Nous suivons donc tous les dossiers depuis la sélection clonale jusqu'à la sélection de souches de levures, en passant par des essais de mode de conduite et de vinification ', résume Alain Bagard, directeur du Civam.Les vins de table, qui représentaient près de 90% de la production à la fin des années 70, ne comptaient plus que pour 33 % de la récolte en 1996. En 1996, la production de vins d'AOC s'élevait pratiquement à 89 000 hl contre 160 500 hl pour les vins de pays et 122 000 hl pour les vins de table. Enfin, en produisant plus de 80 % de vins rouges et rosés, la Corse est au coeur de la tendance french paradox particulièrement en vogue ces derniers temps.

L'événement majeur de l'année 1997 est la qualité du millésime. Nous avons rentré une vendange parfaitement saine, avec des degrés élevés et une bonne concentration aromatique et polyphénolique. Ceci s'explique par des conditions météorologiques particulièrement clémentes pendant l'été puisqu'il n'a pratiquement pas plu. Comparé à la situation des zones méditerranéennes de la métropole, nous avons eu beaucoup de chance! expliquent des producteurs et des techniciens. Un élément qui ne manquera pas d'être mis en avant au moment où l'on travaille activement au développement des débouchés pour les vins corses.Jusqu'à présent, il n'y avait pas de projet promotionnel commun. La communication sur les vins corses reposait donc exclusivement sur les efforts des différents opérateurs. Cette situation va changer d'ici peu. Un audit de filière, réalisé en 1994-1995, recommandait une réorganisation des structures et la mise au point d'un projet promotionnel. Les professionnels ont alors décidé de se doter d'une structure s'apparentant à une interprofession : le Comité intersyndical viticole (CIV) de Corse.' Auparavant, il existait une association mais elle ne vivait que de subventions. Il était donc difficile de travailler dans la durée. Le CIV a été créé il y a un an et demi et fonctionne véritablement depuis le milieu de l'année 1997 ', explique Bernard Sonnet, directeur du CIV corse. Cette structure réunit les AOC et les vins de table, c'est pourquoi il a fallu créer une intersyndicale et non une interprofession. De plus, le statut fiscal particulier de la Corse ne permet de lever ni taxes parafiscales ni cotisations volontaires obligatoires. Nous percevons donc un autre type de cotisations. 'Le CIV corse a deux missions principales. La première consiste à mettre en place un suivi des marchés pour disposer d'outils de prospective. ' Pour le moment, dans toutes les statistiques nationales, la Corse est systématiquement associée à la Provence. Il est très difficile dans ces conditions de distinguer les tendances et a fortiori de les anticiper. D'après une évaluation réalisée en 1994, 60 % des volumes seraient commercialisés en Corse, 30 % en France métropolitaine et 10 % à l'export. Au niveau des ventes en grande distribution, nous ne disposons pas non plus, pour le moment, d'étude fine des ventes de vins corses ', ajoute Bernard Sonnet.A charge donc pour le CIV corse de travailler avec les organismes concernés (CFCE, Sopexa, Secodip...) afin de disposer des outils statistiques utiles pour bâtir une stratégie commerciale.Deuxième mission du CIV corse: la promotion. Un programme d'action de 4,5 millions de francs a été défini pour 1998 et 1999. La campagne devrait avoir pour objectif de créer une image des vins corses et de l'installer auprès des professionnels de la filière, puis progressivement du grand public. L'idée est de positionner le vignoble corse par rapport aux autres régions françaises en s'appuyant sur la notion de mystère. On n'en saura pas plus avant le lancement officiel de cette campagne prévu à la fin de janvier. ' Compte tenu de nos moyens, nous ne pouvons pas toucher les grands médias efficacement. Nous allons donc commencer en sensibilisant les professionnels (acheteurs, grossistes...) aux particularités de nos produits. Pour le grand public, nous nous rattacherons à l'actualité des différents salons et manifestations. 'Ces efforts de promotion tombent à pic car les volumes produits de vins corse devraient augmenter avec l'arrivée en production de jeunes vignes (1 700 ha ont moins de cinq ans). En 1994, la production était à son niveau le plus faible avec 342 440 hl. Depuis, la hausse est régulière : on atteignait 371 268 hl en 1996 et la récolte 1997 devrait se situer aux alentours de 380 000 hl. Un petit score comparé aux 1 833 000 hl de 1976! En vingt ans, les surfaces déclarées en production sont ainsi passées de 27 000 à 7 000 ha et le nombre de déclarants a été pratiquement divisé par cinq. De 2 240 en 1976, ils n'étaient plus que 455 déclarants en 1996. Pendant ces vingt années, le vignoble corse s'est restructuré pour orienter sa production vers la qualité. Par le biais des arrachages-replantation, on a amélioré l'état sanitaire du vignoble et l'encépagement. Aujourd'hui, on estime que 61 % du vignoble sont restructurés.Le Centre d'information et de vulgarisation pour l'agriculture et le milieu rural (Civam) corse, créé en 1982, a évidemment largement participé au virage qualitatif du vignoble. ' Le Civam est la seule structure de recherche et développement vitivinicole en Corse. Nous suivons donc tous les dossiers depuis la sélection clonale jusqu'à la sélection de souches de levures, en passant par des essais de mode de conduite et de vinification ', résume Alain Bagard, directeur du Civam.Les vins de table, qui représentaient près de 90% de la production à la fin des années 70, ne comptaient plus que pour 33 % de la récolte en 1996. En 1996, la production de vins d'AOC s'élevait pratiquement à 89 000 hl contre 160 500 hl pour les vins de pays et 122 000 hl pour les vins de table. Enfin, en produisant plus de 80 % de vins rouges et rosés, la Corse est au coeur de la tendance french paradox particulièrement en vogue ces derniers temps.

Cet article fait partie du dossier

Consultez les autres articles du dossier :

L'essentiel de l'offre

Voir aussi :