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Tout commence au XVIe siècle, avec l'arrivée du mourvèdre

La vigne - n°85 - février 1998 - page 0

Pendant plus de deux millénaires, la Provence a construit son agriculture sur la trilogie olivier-blé-vigne. Depuis moins d'un demi-siècle, elle a consenti des efforts considérables pour faire naître de grands vins.

Pendant plus de deux millénaires, la Provence a construit son agriculture sur la trilogie olivier-blé-vigne. Depuis moins d'un demi-siècle, elle a consenti des efforts considérables pour faire naître de grands vins.

Depuis l'installation des Grecs, puis des Romains, la vigne a colonisé tous les coteaux de Provence. Partout, l'archéologue retrouve des pressoirs à huile ou à vin mais aussi des fours à cuire les amphores. Le bassin du Beausset, dominé par ses deux collines qui portent les villages La Cadière-d'Azur et Castellet, ne fait pas exception à la règle. Comme partout, la culture de la vigne s'est développée au Moyen Âge sous l'impulsion des seigneurs laïques ou ecclésiastiques. Au Castellet, c'est l'abbaye de Saint-Victor, de Marseille, qui donne le mouvement, dès le Xe siècle.C'est au XVIe siècle que les caractères du vin de Bandol commencent à se préciser quand un cépage, le mourvèdre, venu d'Espagne, enrichit la palette déjà grande des cépages locaux. En 1646, un quartier du Castellet est appelé La Mourvédrière. Les premiers vins s'exportent alors sous le nom de bandol, nom qu'ils tirent du lieu où ils prennent la mer, phénomène similaire à ce qu'il se passe à Bordeaux, et Louis XIV les apprécie. Mais le grand siècle du bandol, c'est le XVIIIe siècle. Tous les géographes soulignent alors les qualités exceptionnelles des sols secs et pierreux de La Cadière, qui donnent un vin rouge de première qualité, et les qualités du mourvèdre qui produit ' les meilleurs vins communs qu'on fasse pour le transport '.Tous les auteurs du XIXe siècle reprennent ces éloges, André Pélicot en tête : ' Le mourvèdre fait la base de ces vins qui sont corsés et de la plus belle coloration mais âpres au début '; et aussi André Jullien qui leur trouve ' une couleur très foncée et beaucoup de spiritueux. Ils sont droits en goût, se conservent longtemps et acquièrent de la qualité en vieillissant '. L'oïdium, puis le phylloxera sonnent le glas, comme en beaucoup d'autres régions. Les replantations de la fin du XIXe siècle privilégient les hybrides et les cépages communs qui donnent de gros rendements. L'entre-deux-guerres et sa crise économique ne favorisent pas la recherche de la qualité.Alors que la loi sur les AOC date de 1935, c'est seulement le 11 novembre 1941 que l'appellation Bandol est créée. Une poignée de vignerons se bat pour la réintroduction systématique du mourvèdre; il doit entrer au minimum pour 10 % dans les vins rouges (production portée à 50 % par le décret du 21 février 1989) et être vinifié en compagnie du cinsaut et du grenache; il doit rester dix-huit mois en foudres. Pour le bandol blanc, c'est l'ugni et la clairette qu'on privilégie et on impose un passage en fûts de six mois.Aujourd'hui, sur 1 200 ha environ, l'AOC produit un peu plus de 40 000 hl, en majorité des rouges merveilleux qui vieillissent très bien, plus de vingt ans, et qu'il faut savoir oublier au moins cinq ans dans sa cave; mais aussi des blancs et des rosés plein de fraîcheur. Le succès, plus que mérité, devrait inciter les vignerons à planter encore, l'appellation pouvant s'étendre sur 2 400 ha environ. Depuis les années soixante où l'on ne produisait que 3 000 hl de vins classés, le chemin parcouru est grand et démontre bien les qualités du cépage et des vignerons qui savent le mettre en valeur.

Depuis l'installation des Grecs, puis des Romains, la vigne a colonisé tous les coteaux de Provence. Partout, l'archéologue retrouve des pressoirs à huile ou à vin mais aussi des fours à cuire les amphores. Le bassin du Beausset, dominé par ses deux collines qui portent les villages La Cadière-d'Azur et Castellet, ne fait pas exception à la règle. Comme partout, la culture de la vigne s'est développée au Moyen Âge sous l'impulsion des seigneurs laïques ou ecclésiastiques. Au Castellet, c'est l'abbaye de Saint-Victor, de Marseille, qui donne le mouvement, dès le Xe siècle.C'est au XVIe siècle que les caractères du vin de Bandol commencent à se préciser quand un cépage, le mourvèdre, venu d'Espagne, enrichit la palette déjà grande des cépages locaux. En 1646, un quartier du Castellet est appelé La Mourvédrière. Les premiers vins s'exportent alors sous le nom de bandol, nom qu'ils tirent du lieu où ils prennent la mer, phénomène similaire à ce qu'il se passe à Bordeaux, et Louis XIV les apprécie. Mais le grand siècle du bandol, c'est le XVIIIe siècle. Tous les géographes soulignent alors les qualités exceptionnelles des sols secs et pierreux de La Cadière, qui donnent un vin rouge de première qualité, et les qualités du mourvèdre qui produit ' les meilleurs vins communs qu'on fasse pour le transport '.Tous les auteurs du XIXe siècle reprennent ces éloges, André Pélicot en tête : ' Le mourvèdre fait la base de ces vins qui sont corsés et de la plus belle coloration mais âpres au début '; et aussi André Jullien qui leur trouve ' une couleur très foncée et beaucoup de spiritueux. Ils sont droits en goût, se conservent longtemps et acquièrent de la qualité en vieillissant '. L'oïdium, puis le phylloxera sonnent le glas, comme en beaucoup d'autres régions. Les replantations de la fin du XIXe siècle privilégient les hybrides et les cépages communs qui donnent de gros rendements. L'entre-deux-guerres et sa crise économique ne favorisent pas la recherche de la qualité.Alors que la loi sur les AOC date de 1935, c'est seulement le 11 novembre 1941 que l'appellation Bandol est créée. Une poignée de vignerons se bat pour la réintroduction systématique du mourvèdre; il doit entrer au minimum pour 10 % dans les vins rouges (production portée à 50 % par le décret du 21 février 1989) et être vinifié en compagnie du cinsaut et du grenache; il doit rester dix-huit mois en foudres. Pour le bandol blanc, c'est l'ugni et la clairette qu'on privilégie et on impose un passage en fûts de six mois.Aujourd'hui, sur 1 200 ha environ, l'AOC produit un peu plus de 40 000 hl, en majorité des rouges merveilleux qui vieillissent très bien, plus de vingt ans, et qu'il faut savoir oublier au moins cinq ans dans sa cave; mais aussi des blancs et des rosés plein de fraîcheur. Le succès, plus que mérité, devrait inciter les vignerons à planter encore, l'appellation pouvant s'étendre sur 2 400 ha environ. Depuis les années soixante où l'on ne produisait que 3 000 hl de vins classés, le chemin parcouru est grand et démontre bien les qualités du cépage et des vignerons qui savent le mettre en valeur.

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