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Réduire la sensibilité au gel de printemps

La vigne - n°85 - février 1998 - page 0

La taille en deux étapes permet de retarder le débourrement et donc de diminuer la sensibilité de la vigne au gel de printemps.

La taille en deux étapes permet de retarder le débourrement et donc de diminuer la sensibilité de la vigne au gel de printemps.

Nos vignes sont en vallée, entourées de deux rivières; c'est une zone très gélive. En taillant en deux temps, nous retardons le débourrement d'une quinzaine de jours. Cela revient un peu plus cher que de tailler en une seule fois puisqu'il faut compter un deuxième passage mais ce n'est rien comparé aux pertes que peuvent provoquer les gelées de printemps ', résume une vigneronne du Var.Cette technique est plus ou moins répandue selon les vignobles mais on la retrouve surtout en Champagne, dans l'Yonne, en Anjou-Saumur et en Touraine où le gel de printemps sévit assez régulièrement. Dans la région de Cognac, où la taille en deux temps porte le joli nom de ' fiançage ', la méthode disparaît pour cause d'économie de main-d'oeuvre.Quel que soit le système de taille, le principe reste le même : au premier passage, on supprime tout ce qui sera inutile et on ne garde que les futures baguettes à fruits sans enlever les entre-coeurs. Ce n'est qu'au deuxième passage que l'on épluche les baguettes et qu'on les rabat au nombre d'yeux souhaité. Au printemps, ce sont les bourgeons des extrémités qui débourrent les premiers et qui seront donc les plus sensibles aux basses températures. Les bourgeons situés plus bas sur la baguette - et qui seront conservés au deuxième passage - évoluent plus lentement du fait de la dominance apicale.En Anjou-Saumur, la taille en deux temps est répandue sur le guyot simple. Pour les tailles courtes, la prétaille mécanique gagne du terrain. ' En zone gélive, il est recommander de prétailler le plus tard possible, juste avant la taille définitive ', précise un technicien.Selon les années et les régions, on observe un décalage de huit à quinze jours au débourrement. Cet écart se comble peu à peu et ne se retrouve pratiquement plus à la récolte. Mais là encore, des différences existent selon les cépages et les conditions climatiques du printemps. ' Le système fonctionne lorsqu'on est en limite de gelée. Si les températures sont très basses ou si la gelée est très tardive, on ne fait pas de miracle, prévient un vigneron tourangeau. Cependant, sur des années comme 1991, cela permet de sauver une partie de la récolte... 'Dans le Chablisien où l'on dispose de moyens de protection du vignoble contre les gelées, on ne dédaigne pas pour autant la technique de la taille en deux temps. ' D'une part, nous ne pouvons généralement pas protéger l'ensemble de nos parcelles pour des raisons de coût ou d'éloignement. D'autre part, la mise en route du chauffage, que ce soit par le fuel ou les bougies, coûte cher. La taille en deux temps, en retardant le débourrement, peut parfois nous permettre de faire cette économie car la végétation retardée est moins sensible. La taille définitive se fait en général au début du mois d'avril. Mais lorsque la sève monte, le deuxième passage peut provoquer des pleurs abondants qui coulent sur les bourgeons; il faut donc éviter d'intervenir s'il y a un risque de gelée car le remède serait pire que le mal ', explique un vigneron chablisien.Ce n'est qu'après ce deuxième passage que l'on commence à attacher les vieux bois, les baguettes n'étant pas baissées avant le 1er mai car les zones les plus froides se situent en général plus près du sol. Les parcelles protégées par aspersion sont elles taillées en une seule fois. Il faut en effet que le ' baissage ' soit achevé avant la période à risque, sans quoi les baguettes risqueraient de casser sous le poids de la glace.Que l'on taille en une ou deux fois, le plus gros du travail se situe en période hivernale. On utilise bien souvent des sécateurs assistés. ' Pour la finition, on utilise des sécateurs à main, plus maniables, qui permettent d'aller plus vite et de couper plus précisément. La deuxième intervention est donc très rapide, indique un vigneron de Saône-et-Loire. Cependant, pour moi, la taille en deux temps n'est pas un moyen de retarder le débourrement car tout est terminé en février. Cela me permet simplement de mieux répartir le travail pendant l'hiver et d'intervenir avec plus de souplesse. '

Nos vignes sont en vallée, entourées de deux rivières; c'est une zone très gélive. En taillant en deux temps, nous retardons le débourrement d'une quinzaine de jours. Cela revient un peu plus cher que de tailler en une seule fois puisqu'il faut compter un deuxième passage mais ce n'est rien comparé aux pertes que peuvent provoquer les gelées de printemps ', résume une vigneronne du Var.Cette technique est plus ou moins répandue selon les vignobles mais on la retrouve surtout en Champagne, dans l'Yonne, en Anjou-Saumur et en Touraine où le gel de printemps sévit assez régulièrement. Dans la région de Cognac, où la taille en deux temps porte le joli nom de ' fiançage ', la méthode disparaît pour cause d'économie de main-d'oeuvre.Quel que soit le système de taille, le principe reste le même : au premier passage, on supprime tout ce qui sera inutile et on ne garde que les futures baguettes à fruits sans enlever les entre-coeurs. Ce n'est qu'au deuxième passage que l'on épluche les baguettes et qu'on les rabat au nombre d'yeux souhaité. Au printemps, ce sont les bourgeons des extrémités qui débourrent les premiers et qui seront donc les plus sensibles aux basses températures. Les bourgeons situés plus bas sur la baguette - et qui seront conservés au deuxième passage - évoluent plus lentement du fait de la dominance apicale.En Anjou-Saumur, la taille en deux temps est répandue sur le guyot simple. Pour les tailles courtes, la prétaille mécanique gagne du terrain. ' En zone gélive, il est recommander de prétailler le plus tard possible, juste avant la taille définitive ', précise un technicien.Selon les années et les régions, on observe un décalage de huit à quinze jours au débourrement. Cet écart se comble peu à peu et ne se retrouve pratiquement plus à la récolte. Mais là encore, des différences existent selon les cépages et les conditions climatiques du printemps. ' Le système fonctionne lorsqu'on est en limite de gelée. Si les températures sont très basses ou si la gelée est très tardive, on ne fait pas de miracle, prévient un vigneron tourangeau. Cependant, sur des années comme 1991, cela permet de sauver une partie de la récolte... 'Dans le Chablisien où l'on dispose de moyens de protection du vignoble contre les gelées, on ne dédaigne pas pour autant la technique de la taille en deux temps. ' D'une part, nous ne pouvons généralement pas protéger l'ensemble de nos parcelles pour des raisons de coût ou d'éloignement. D'autre part, la mise en route du chauffage, que ce soit par le fuel ou les bougies, coûte cher. La taille en deux temps, en retardant le débourrement, peut parfois nous permettre de faire cette économie car la végétation retardée est moins sensible. La taille définitive se fait en général au début du mois d'avril. Mais lorsque la sève monte, le deuxième passage peut provoquer des pleurs abondants qui coulent sur les bourgeons; il faut donc éviter d'intervenir s'il y a un risque de gelée car le remède serait pire que le mal ', explique un vigneron chablisien.Ce n'est qu'après ce deuxième passage que l'on commence à attacher les vieux bois, les baguettes n'étant pas baissées avant le 1er mai car les zones les plus froides se situent en général plus près du sol. Les parcelles protégées par aspersion sont elles taillées en une seule fois. Il faut en effet que le ' baissage ' soit achevé avant la période à risque, sans quoi les baguettes risqueraient de casser sous le poids de la glace.Que l'on taille en une ou deux fois, le plus gros du travail se situe en période hivernale. On utilise bien souvent des sécateurs assistés. ' Pour la finition, on utilise des sécateurs à main, plus maniables, qui permettent d'aller plus vite et de couper plus précisément. La deuxième intervention est donc très rapide, indique un vigneron de Saône-et-Loire. Cependant, pour moi, la taille en deux temps n'est pas un moyen de retarder le débourrement car tout est terminé en février. Cela me permet simplement de mieux répartir le travail pendant l'hiver et d'intervenir avec plus de souplesse. '

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