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Bourgogne, le plein de bonnes résolutions

La vigne - n°139 - janvier 2003 - page 0

Lors des Etats généraux organisés par l'interprofession de Bourgogne, la viticulture bourguignonne s'est massivement prononcée en faveur de la viticulture raisonnée, de la recherche d'une meilleure maturité à la récolte et d'une amélioration de la qualité des vins. De quoi occuper les années à venir.

En juin 2001, les Bourguignons adoptaient le plan ' Bourgogne 2006 ', lors de l'assemblée générale de leur interprofession, le BIVB (Bureau interprofessionnel des vins de Bourgogne). Ce plan traçait les grandes lignes d'un engagement vers une amélioration de la qualité, du respect de l'environnement et de la communication. Une fois ces principes posés, 2002 fut l'année de la réflexion, avec des réunions dans le vignoble sur les mesures concrètes à prendre. Dès les vendanges 2002, des efforts ont porté sur la récupération des bourbes et des lies pour la distillation, et sur la réduction de la consommation d'eau.
Pour impliquer l'ensemble de la filière, le BIVB a organisé les Etats généraux de la viticulture le 12 novembre 2002, en invitant tous les professionnels. Près de 400 personnes ont assisté à cette rencontre, soit 10 % des vignerons et des négociants. Objectif des Etats généraux : s'engager en interne et en externe sur cinq grands thèmes. Dans l'optique de responsabiliser les participants, le BIVB avait doté chacun d'un boîtier électronique, lui permettant de voter en toute confidentialité. Ainsi, 88,9 % des professionnels ont-ils répondu ' oui ' à la question : ' Etes-vous d'accord pour vous engager personnellement et au sein des syndicats d'appellation afin que, dans un délai de cinq ans, les principes et les dispositions de la viticulture raisonnée soient appliqués dans 100 % des exploitations ? '

Ce beau pourcentage de vote positif, digne des pays peu démocratiques, peut faire sourire au premier abord. ' Des vignerons ont trouvé que les questions posées étaient évidentes et que le 'oui' ne pouvait que l'emporter , commente Guillaume Willette, délégué général de la Confédération des associations viticoles de Bourgogne (CAVB). Il est vrai que le 12 novembre, nous avons juste fixé le minimum. Mais dans les faits, tous les viticulteurs n'en sont pas encore là. Combien enregistrent leurs pratiques sur leur ordinateur ou sur un cahier ? Pour être réellement efficaces, nous devons emmener tous les vignerons dans cette démarche environnementale . '
Pour Denis Fetzmann, président de la commission technique du BIVB et directeur du domaine Louis Latour, ' il était important d'acter les grandes décisions ensemble. C'est la première fois qu'une interprofession agit de la sorte. Cela confère une légitimité et une force à notre action. Et même si les votants étaient les professionnels les plus mobilisés, le résultat reste valable. C'est le signe d'un noyau dur qui va permettre à la région d'avancer '.

Les professionnels se sont donc massivement prononcés pour l'application des principes de la viticulture raisonnée dans 100 % des exploitations d'ici à cinq ans. Ils ont également voté pour une démarche de recherche de maturité ' accomplie ' au-delà du seul degré minimum, pour une plus grande maîtrise de la production, pour diminuer d'au moins 50 % les vins classés en dernière catégorie du suivi en aval de la qualité, et pour conforter l'image des vins de Bourgogne sur les étiquettes. Cette dernière disposition passera par l'impression de la mention ' vin de Bourgogne ' ou ' grand vin de Bourgogne '. Bref, de quoi s'occuper dans les années à venir, car les organisateurs n'ont pas l'intention de se limiter à des déclarations d'intention.
Au début de l'année 2003, le référentiel technique de la viticulture raisonnée en Bourgogne sera publié et envoyé à tous les vignerons. Il s'appuiera sur les orientations nationales de la viticulture raisonnée, avec une adaptation régionale. Un observatoire, composé de membres du BIVB, de la chambre régionale d'agriculture, de la DRAF et de la Confédération des associations viticoles de Bourgogne, se réunira tous les ans, en fin d'année, pour apprécier les progrès réalisés.
' C'est avec cet observatoire que nous allons vraiment mesurer l'implication de la viticulture. Nous verrons d'ici à deux ans si le pari est gagné. Car si nous avançons sur les questions environnementales et qualitatives, au rythme actuel, il nous faudra vingt ans pour atteindre nos buts. Si la mobilisation est importante, nous intègrerons les principes de la viticulture raisonnée dans les décrets d'appellation , déclare Denis Fetzmann.

La marge de progrès n'est évidemment pas la même pour tous les vignerons, selon leur histoire, le potentiel de leur vignoble et leur sensibilité à l'environnement. ' Pour respecter les principes de la viticulture raisonnée, il faut de la conviction, de la compétence et une capacité financière . ' Reste qu'un grand nombre de domaines ne répond pas à ces trois critères...
Pour accompagner sa démarche, la Bourgogne va créer des pôles de recherche. Le pôle virus, chapeauté par l'Inra, s'attaquera prioritairement à la flavescence dorée, l'enroulement et au court-noué. Le pôle vigueur, piloté par l'institut Jules Guyot, va s'intéresser à la maîtrise des rendements (recherche de clones moins vigoureux, étude sur la fertilité et la fécondité...). De plus, des études fondamentales sur les polyphénols du pinot noir seront menées à Montpellier, par un chercheur de l'institut Jules Guyot.

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