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Branchez-vous sur les modes de consommation tendances

La vigne - n°159 - novembre 2004 - page 0

En France, le vin est devenu un produit d'élite pour une élite. Les repas festifs sont les seuls moments où sa consommation est valorisée. Il faut mettre en valeur d'autres contextes de consommation et des cibles nouvelles. Exemples chez nos voisins européens.

Le vin s'est enfermé peu à peu dans l'archétype du produit d'élite complexe, destiné à des experts. Il est souvent réservé aux repas festifs. Les jeunes et les classes inférieures ou moyennes s'en sont détournés. Pas étonnant que sa consommation décline. Pourtant, d'autres boissons ont subi aussi un déclin. Ce fut le cas de la bière. Mais les industriels ont réagi et multiplié les segments. La disparition de la Bock a permis le développement des bières ' de luxe '. Elles ont ensuite fait place aux bières de dégustation, aux spécialités et aux bières d'Abbaye.
Selon les experts, il faut diversifier les contextes de consommation du vin et les cibles. En boire en dehors d'un repas soigné, c'est possible. C'est même courant chez nos voisins européens.
En Allemagne, la consommation de vin à domicile, en dehors des repas, prime. Selon une enquête d'Ubifrance, 39 % des personnes interrogées le boivent de la sorte, une fois par semaine. Elles considèrent le vin comme une boisson conviviale que l'on partage dans une ambiance intime, dans une atmosphère de détente. Ainsi, il n'est pas rare pour un Allemand de boire du vin devant la télévision. Selon Marc Brugalière, de la mission économique en Allemagne, c'est même une attitude que l'on retrouve dans tous les pays nordiques.

En Italie, le vin est passé du concept aliment quotidien, à celui d'une boisson destinée à des cibles et à des occasions différentes. Ces dernières années, il a trouvé une nouvelle place et de nouveaux consommateurs dans les wine bars, les bars à vin anglo-saxons, et dans les vinerie, des endroits plus traditionnels qui rappellent les vieux bistrots. Ces établissements aux décors et à la gastronomie différents se prêtent à une consommation de vin informelle. Ils offrent la possibilité d'acheter le vin au verre. De ce fait, ils se démarquent du côté rituel et typique de la consommation de vin au restaurant.
Ils séduisent de nouveaux consommateurs, surtout les jeunes de moins de 30 ans et les femmes. Ces derniers se sont rapprochés eux-mêmes du monde du vin, en fréquentant assidûment les cours de dégustation. Dans les wine bars et les vinerie, ils sont attirés par la découverte de nouveaux produits. Ils se forgent une culture oenologique.
Comme il est difficile de boire sans manger, de nouvelles habitudes sont nées. L'happy hour se pratique dans les wine bars branchés des villes italiennes. Il s'agit d'un apéritif qui commence à 17 heures et se prolonge jusqu'à 21 heures. Souvent, il finit par remplacer le dîner grâce aux finger food : des tartines, des crudités ou du poisson cru, accompagnés de vins frais, fruités, parfois mousseux, comme les blancs secs ou le Prosecco. Le dîner et, surtout, l'après-dîner se passent plutôt dans les vinerie, où l'on mange charcuteries et fromages typiques, accompagnés de vins blancs structurés ou de rouges charpentés.
En Espagne, ce qui est tendance chez les jeunes adultes, c'est le Calimutcho, un cocktail à base de vin et de soda. En France, il est connu dans le Sud-Ouest.
Autre phénomène au Royaume-Uni : la consommation de vin dans les pubs à la sortie du bureau. Une fois leur journée terminée, les cadres se retrouvent dans ces lieux branchés. Les hommes commandent une bière et les femmes un verre de blanc, parce que c'est plus élégant. Lorsqu'elles viennent en France, les Anglo-Saxonnes n'hésitent pas à consommer un verre de vin à la terrasse d'un café à 17 heures. C'est une attitude qui peut surprendre, mais qu'il faut prendre en compte. ' Les vins proposés en France sont-ils adaptés à ces modes de consommation ? ', s'interroge Françoise Brugière, de l'Onivins.
De rares opérateurs se sont penchés sur la question. Au mois de juin dernier, Côtes d'Olt-Sud-Ouest Millésime lançait le concept V +, plus que du vin : un vin de pays d'Oc rosé et un vin de pays des Côtes de Gascogne blanc, présentés dans des bouteilles de 75 cl style limonade.

Ces vins ont été recherchés pour leur côté fruité. Leur côté légèrement perlant, issu d'une vinification spécifique, apporte de la fraîcheur et accentue le fruité. Grâce à son packaging et à son goût, il cible les 25-40 ans, qui n'ont pas forcément l'habitude de boire du vin, mais qui aiment découvrir de nouveaux produits. Comme il se débouche et se rebouche facilement, il est parfaitement adapté à un mode de consommation nomade. Il peut se boire en dehors des repas, au moment de l'apéritif ou lors de repas simples avec des pâtes, des pizzas, ou un barbecue. Du vin dans une bouteille de limonade, ça marche. Alors osez !


PLUS
En proposant du vin hors des repas, on séduit les jeunes adultes et les femmes.
MOINS
La consommation lors des repas est la plus bénéfique pour la santé, car elle atténue l'alcoolisation.

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