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Eviter la perte de bons terroirs

La vigne - n°169 - octobre 2005 - page 0

L'arrachage des vignes risque d'entraîner la disparition de bons terroirs. Pour y remédier, plusieurs syndicats mettent sur pied des bourses d'échanges. Mais ils ne peuvent qu'encourager la conservation des bonnes parcelles.

Avec l'arrachage de vignes en zones d'appellation, la grande préoccupation des syndicats est la conservation des îlots qualitatifs. Certaines appellations, inquiètes de voir partir leurs meilleures parcelles, ont ainsi pris les devants. C'est le cas en Touraine, où le syndicat et la chambre d'agriculture du Loir-et-Cher travaillent de concert. Le but est de centraliser les demandes d'arrachage, afin de pouvoir répertorier et cartographier, sur chaque commune, les zones concernées. Ces cartes seront rendues publiques. Des viticulteurs pourront alors proposer d'échanger leurs moins bonnes parcelles contre des meilleures. ' Nous essayons de sauvegarder les beaux îlots viticoles , explique Alain Godeau, président du syndicat. Mais pour le moment, rien n'est encore fait puisque les dossiers d'arrachage ne seront finalisés qu'en décembre . ' La tâche s'annonce d'autant plus ardue que l'AOC est multicépage : la valeur de la parcelle dépend de la valorisation de chaque cépage.
Pour mener à bien ce projet, l'appellation souhaite mobiliser tous les acteurs locaux et recréer des outils. ' Nous voudrions avoir un équivalent de l'Ogaf (opération de gestion et d'aménagement foncier) utilisée dans les années 1985-1990 , complète Michel Badier, de la chambre. Il faut également que nous trouvions des partenaires pour créer une incitation financière. ' Dans un premier temps, la méthode sera testée sur une commune de la vallée du Cher. Si le résultat est concluant, elle sera étendue.

Une démarche similaire est entreprise par l'Union viticole du Beaujolais (UVB). Elle essaie de mettre en place une bourse d'échanges de parcelles. Pour le moment, le projet est beaucoup moins abouti qu'en Touraine. Néanmoins, le but est identique : préserver les parcelles qualitatives menacées d'arrachage. Dans le Muscadet, le complément de prime du conseil général est réservé aux parcelles se situant hors de la zone d'appellation, selon la redélimitation de l'aire qui est en cours. Parallèlement à cela, l'appellation a créé une ' cellule de restructuration '. Elle propose des réunions dans le vignoble au sujet de l'arrachage, afin d'étudier les différents dossiers, en collaboration avec les mairies, les viticulteurs et l'Inao. L'objectif est d'établir une bourse d'échange, pour faciliter l'arrachage dans les moins bonnes zones.
Aux alentours des grandes villes, comme Bordeaux ou Nantes, la problématique est renforcée par la pression immobilière. Les viticulteurs qui souhaitent arracher ont plutôt tendance à le faire sur des terres constructibles, qu'ils vendront cher. Mais ces parcelles ne sont pas toujours les moins bonnes. Pour éviter cette dérive, à Bordeaux, l'interprofession n'octroiera un supplément de prime à l'arrachage que pour les parcelles se situant en zone non constructible. De même, à Nantes, le conseil général de Loire-Atlantique prend contact avec les mairies avant de valider l'octroi du complément de prime : en aucun cas, il n'abonde des parcelles constructibles.
A l'heure actuelle, la plupart de ces mesures ne sont encore qu'à l'état d'ébauche, et seront certainement difficiles à mettre en oeuvre.
La décision d'arracher des parcelles les moins qualitatives reviendra toujours aux viticulteurs.

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