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Une mine d'informations

La vigne - n°176 - mai 2006 - page 0

Ces dernières années, les études de terroirs ont fleuri dans de nombreuses régions. Elles permettent de mieux appréhender scientifiquement les facteurs impliqués dans l'effet du terroir.

Base de la viticulture française, le terroir renvoie à des notions de potentiel de qualité et de typicité des vins. Il associe une multitude de facteurs comme le sol, la topographie, le microclimat, le cépage, le vigneron. Ces derniers interagissent les uns avec les autres. Mais pour beaucoup, le terroir est une notion abstraite et empirique. Il méritait d'être scientifiquement mieux connu. Des vignerons et des coopératives ont commandé des études auprès de bureaux spécialisés. Certaines régions ont planché sur le sujet, d'autres sont en phase d'investigation. Toutes ont le même objectif : caractériser le fonctionnement des terroirs pour mieux les valoriser. L'unité vigne et vin du centre de l'Inra, à Angers (Maine-et-Loire), y travaille depuis une trentaine d'années. Elle a mis au point une méthodologie d'étude et de cartographie des terroirs viticoles. En 2000, la cellule terroir viticole du Val de Loire est créée. Aujourd'hui, les chercheurs ont cartographié au 1/10 000 e les communes de la région. Après un traitement informatique des données et une enquête auprès des vignerons, leur travail a abouti à la réalisation de cartes intégrant des conseils agronomiques. Ces dernières sont consultables dans les mairies. La cellule met à disposition des vignerons une version informatisée des atlas, avec la numérisation de leur parcellaire. ' Cette version est ludique et rapide à utiliser. Le transfert de connaissances s'est accru ', rapporte Etienne Goulet, de la cellule. Elle propose aussi des vues en 3D du vignoble et des diaporamas de présentation, pour aider les vignerons.

Autre travail de grande envergure : celui réalisé à Bergerac à l'initiative du Syndicat de l'AOC. Fort d'un budget de 625 000 euros, il a abouti à une cartographie géomorphologique au 1/10 000 e des 91 communes de l'AOC et à la réalisation de cartes pédologiques au 1/25 000 e, à partir de 200 fosses et de 2 000 carottages. Pour chaque type de sol, les chercheurs ont donné des conseils viticoles sous forme de fiches techniques. Pour vulgariser l'étude, la région organise des journées de formation autour d'une fosse. Les vignerons apprennent à repérer les terroirs et à interpréter les conseils techniques. S'ils veulent un suivi personnalisé, la chambre d'agriculture leur propose des prestations payantes d'optimisation de la plantation ou un audit de leurs terroirs.
A Cahors (Lot), l'Association d'expérimentation de la ferme départementale d'Anglars-Juillac étudie les terroirs depuis 1989. Les 22 000 ha de l'AOC ont été cartographiés et neuf terroirs identifiés. Pour chacun, l'association a suivi une parcelle de référence. Les résultats sont exposés sous forme de posters à la ferme.
D'autres études sont menées en Languedoc, en Corse et dans les Côtes du Ventoux.
De son côté, l'équipe d'Alain Deloire, enseignant-chercheur à l'Agro de Montpellier (Hérault), propose une nouvelle approche des terroirs. Elle n'est pas uniquement basée sur l'étude du sol. Elle intègre aussi le fonctionnement de la vigne, notamment son état hydrique, partant du principe que la maturation des rouges est meilleure dans les terroirs où ils subissent un stress modéré. Plusieurs domaines ont fait appel à elle pour une expertise.
Aujourd'hui, les vignerons ont à leur disposition une mine d'informations qu'ils peuvent valoriser. Voici six exemples d'application.

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