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BONNES PRATIQUES - LA PROTECTION DE LA VIGNE

Comment appliquer la bonne dose au bon endroit

La vigne - n°250 - février 2013 - page 34

Avant de démarrer les traitements, il faut s'assurer d'appliquer le bon volume par hectare. Cela suppose un réglage précis du pulvérisateur. Voici la procédure en détail.

Mesurez la vitesse d'avancement de votre pulvérisateur

Calcul de la vitesse en km/h

Calcul de la vitesse en km/h

La vitesse d'avancement du pulvérisateur ne doit pas dépasser 5,5 km/h (3,5 km/h pour les canons oscillants). Des essais de l'IFV ont montré qu'à 6,4 km/h, la couverture des faces supérieures des feuilles est diminuée d'environ 30 % par rapport à 5,4 km/h. Et les grappes ne sont presque pas couvertes.

Procédure : la vérification de la vitesse d'avancement doit se faire à la vigne, à l'aide de deux jalons espacés de 100 mètres et d'un chronomètre. L'assistance d'air du pulvérisateur doit être enclenchée et l'appareil doit atteindre un régime moteur assurant une rotation de prise de force de 540 tours/minute. Il faut démarrer 15 à 20 mètres avant le premier jalon pour être à la bonne vitesse, puis déclencher le chronomètre lorsque la roue avant passe devant le premier repère. Il faut arrêter le chrono quand la roue passe le second jalon.

Vérifiez le régime de la prise de force

Les régimes de rotation du ventilateur et de la pompe du pulvérisateur sont conditionnés par le régime de la prise de force. Celui-ci doit être de 540 trs/min pour les appareils pneumatiques.

Procédure : la mesure s'effectue avec un tachymètre. S'il existe sur le pulvérisateur une sortie libre de la prise de force, il faut utiliser un tachymètre de contact après avoir démarré le pulvérisateur et l'avoir lancé jusqu'à 540 trs/min. Sinon, un tachymètre à photo-réflexion sera nécessaire. En cas d'entraînement hydraulique séparé du ventilateur et de la pompe, il faut vérifier les deux indicateurs de régime.

Mesurez le débit

 © I. PROUST

© I. PROUST

Mesure du débit total (l/mn)

Mesure du débit total (l/mn)

La mesure doit s'effectuer si possible au niveau de chaque buse ou diffuseur, afin de vérifier leur homogénéité.

Procédure : remplir le pulvérisateur d'eau, le mettre en route au régime habituel de prise de force (540 trs/min), déclencher le chronomètre et collecter l'eau à chaque buse ou diffuseur pendant une minute. Ce débit est à comparer au débit nominal indiqué par le constructeur. Le débit moyen de chaque buse ne doit pas varier de plus de 10 % par rapport au débit nominal. Le débit total du pulvérisateur est la somme des débits de chaque buse. Lorsqu'il n'est pas possible de vérifier le débit à chaque buse, la mesure du débit total se réalise en faisant fonctionner le pulvérisateur après avoir débrayé la turbine, puis en remplissant la cuve à ras bord. Pendant trois minutes (cinq minutes pour les pneumatiques), il faut faire fonctionner l'appareil à la pression habituelle, puis remplir à nouveau la cuve en mesurant le volume rajouté qui correspond au volume écoulé.

Calculez le volume de bouillie nécessaire à l'hectare

Calcul du volume/ha

Calcul du volume/ha

Trois paramètres sont nécessaires pour cette mesure : la vitesse d'avancement, le débit total de l'appareil et la largeur traitée (nombre de rangs traités en face par face multiplié par la largeur entre les rangs). Pour les pulvérisateurs pneumatiques, le volume par hectare varie de 100 à 180 l/ha en couverture générale. La formule présentée ci-contre est valable quel que soit le type de pulvérisateur.

La largeur traitée est le seul paramètre invariable. Si l'on souhaite un volume par hectare de 120 litres pour une vitesse d'avancement de 5,5 km/h et une largeur traitée de 5 mètres, le débit total devra être de 5,5 l/min. Si le débit total mesuré est inférieur ou supérieur, il faut augmenter ou diminuer la pression à l'aide du régulateur ou jouer sur le diamètre des pastilles ou des buses.

Adaptez vos réglages selon le volume de végétation

LES PANNEAUX RÉCUPÉRATEURS en début de saison peuvent permettre d'économiser de la bouillie. © C. WATIER

LES PANNEAUX RÉCUPÉRATEURS en début de saison peuvent permettre d'économiser de la bouillie. © C. WATIER

Lors du traitement, la pulvérisation n'aboutit pas en totalité sur la végétation. Loin de là. Pour limiter les phénomènes de dérive, qui peuvent représenter, selon l'IFV, jusqu'à 40 %, même avec un appareil bien réglé, il faut privilégier le traitement face par face et adapter ses réglages au volume de végétation.

1. En début de saison

La pulvérisation doit être localisée uniquement sur la végétation présente.

Sur les appareils à jet porté et projeté, il ne faut utiliser que les jets du bas. Dans ces conditions, en travaillant à pression et vitesse usuelles, on applique sur la vigne une quantité de matière active proportionnellement identique à celle appliquée en pleine végétation.

Durant cette période, pour les appareils à jets projetés, on peut opter pour différents types de buses. Les buses à fente à injection d'air sont bien adaptées aux premiers traitements et aux vignes peu vigoureuses. Elles permettent de limiter la dérive. Les buses à jet plat, elles aussi indiquées en début de saison, ont l'avantage de limiter le volume appliqué à l'hectare. Le CIVC, en Champagne, recommande d'utiliser ces buses jusqu'au stade 17 (boutons floraux séparés). Dès que la végétation s'épaissit, il faut opter pour les buses à turbulence.

L'utilisation de panneaux récupérateurs en début de saison peut aussi être intéressante pour économiser du volume de bouillie, à condition de se servir de buses à jet plat et non à turbulence et de régler son pulvérisateur sans tenir compte de la récupération.

Sur les pulvérisateurs pneumatiques face par face avec plusieurs doigts par diffuseur, il faut fermer le doigt du haut et vérifier que la modification du débit n'impacte pas la qualité de diffusion des gouttelettes.

Avec les pneumatiques qui traitent en face à face par le dessus avec un diffuseur par face, les diffuseurs doivent être descendus et leur orientation modifiée afin de ne cibler que la végétation. Certains appareils à rampe pneumatique permettent d'adopter une vitesse de turbine réduite pour augmenter la taille des gouttelettes et réduire la dérive.

2. En pleine végétation

Lors d'un traitement de couverture, tous les jets ou diffuseurs sont utilisés. Avec les appareils à double vitesse de turbine, il faut privilégier la plus grande vitesse. Sur rampe pneumatique, les diffuseurs doivent être positionnés 10-15 cm au-dessus de la végétation et orientés vers le bas à 50-55°. En jet projeté, tous les jets doivent être orientés vers le haut selon un angle de 15° pour la buse du haut et du bas ou de 30° pour celle du milieu. Toujours en pleine végétation, et face à une forte pression mildiou, on peut utiliser pour les buses à turbulence des pastilles de 6/10e pour le feuillage et de 8/10e pour la zone des grappes. Acheter d'avance plusieurs jeux de pastilles du même fabricant permet d'éviter des variations de calibrage.

Lors d'un traitement localisé sur grappes, seuls les diffuseurs du bas sont utilisés. En général, la distance entre la cible et le diffuseur doit être de 50 cm au moins. Sur les pulvérisateurs pneumatiques, il faut orienter les mains sur les grappes. Pour les appareils équipés de rampes CGL, les mains hautes peuvent être remplacées par des descentes dans le rang en option antibotrytis. Certains modèles permettent de positionner les diffuseurs sur la zone des grappes, à un mètre du sol. Il est alors préconisé de les orienter de 45° vers le bas et de 40 à 45° en avant-arrière. Sur les appareils à jet projeté, on utilise les deux buses du bas en les orientant de 15° vers le haut.

Optimisez l'application avec le DPA

Le DPA, débit proportionnel à l'avancement, permet de sécuriser l'application du traitement en régulant automatiquement le volume par hectare souhaité, quelle que soit la vitesse d'avancement. Le vigneron indique au système électronique la largeur de travail et le volume par hectare. Le DPA contrôle le débit selon les variations d'avancement du pulvérisateur. Ce système alerte également sur d'éventuels dysfonctionnements.

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