Retour

imprimer l'article Imprimer

BONNES PRATIQUES - RÉGLAGES

De bons réglages pour une pulvérisation optimale

La vigne - n°201502 - février 2015 - page 40

Un pulvérisateur bien réglé est essentiel pour assurer une qualité optimale de pulvérisation. Il faut s'assurer d'appliquer le bon volume à l'hectare et adapter ses réglages au développement de la végétation.
LORSQUE LA VÉGÉTATION EST PEU DÉVELOPPÉE il faut fermer les jets du haut qui ne ciblent pas les feuilles. © GUTNER

LORSQUE LA VÉGÉTATION EST PEU DÉVELOPPÉE il faut fermer les jets du haut qui ne ciblent pas les feuilles. © GUTNER

Vous pouvez faire des économies de produits grâce à de bons réglages. C'est en début de saison, alors que la végétation n'est pas encore très développée, que la pulvérisation entraîne le plus de déperdition. Des essais de l'IFV et de l'Irstea (Institut national de recherche en sciences et technologies pour l'environnement et l'agriculture) ont montré que seulement 20 % du produit atteignait la végétation à ce stade. Le reste tombe au sol (40 %) ou se volatilise dans l'air (40 %). « Au fil de la saison, plus la végétation pousse, plus la part de bouillie pulvérisée interceptée par la végétation augmente », explique Sébastien Codis de l'IFV.

Dans le cadre du projet EcoSprayViti, l'IFV et l'Irstea testent depuis 2012 les performances des pulvérisateurs selon plusieurs configurations et réglages, et à trois stades végétatifs sur le banc EvaSprayViti. Celui-ci se présente sous la forme de quatre rangs de vigne artificielle de 10 m de long chacun. Malgré une dérive importante, le début de végétation est le stade où la vigne reçoit le plus de dépôts de bouillie. Pour Sébastien Codis, il existe donc une forte marge de manoeuvre à cette période pour réduire les doses appliquées, et donc les pertes, sans compromettre l'efficacité des traitements. Pour cela, le pulvérisateur doit être configuré en fonction de la végétation. Il faut fermer les diffuseurs qui ne ciblent pas les feuilles et bien orienter les autres. Sur un pulvérisateur « 4 mains, 4 canons », l'équipe d'EcoSprayViti a, en début de saison, fermé un diffuseur sur deux et réglé l'inclinaison de ceux restés ouverts vers le milieu de la végétation. Résultat : un gain de 60 % de produit déposé sur la végétation.

Sollicitez votre concessionnaire ou votre mécanicien pour caler deux réglages sur votre appareil : l'un pour le début de saison et l'autre pour la pleine végétation, avec les débits d'air correspondants et deux volumes différents de bouillie par hectare. En début de végétation, le débit d'air à la turbine doit être modifié pour limiter la dérive. Avec un appareil à jet porté, il doit être augmenté pour améliorer la qualité de pulvérisation. Avec un pulvérisateur pneumatique, la vitesse de ventilation doit être diminuée pour accroître la taille des gouttelettes et limiter la dérive.

En pleine végétation, lors d'un traitement de couverture, tous les jets ou diffuseurs sont utilisés. Avec les appareils à double vitesse de turbine, il faut privilégier la plus grande vitesse. Sur rampe pneumatique, les diffuseurs doivent être placés à 10-15 cm au-dessus de la végétation et orientés vers le bas à 50-55°. En jet projeté, il faut orienter tous les jets vers le haut selon un angle de 15° pour les buses du haut et du bas et de 30° pour celle du milieu.

Lors d'un traitement localisé sur grappes, seuls les diffuseurs du bas sont utilisés. En général, la distance entre la cible et le diffuseur est au minimum de 50 cm. Sur les pulvés pneumatiques, les mains se dirigent sur les grappes. Pour les appareils équipés de rampes CGL, les mains hautes peuvent être remplacées par des descentes dans le rang en option anti-botrytis. Certains modèles permettent de positionner les diffuseurs sur la zone des grappes à un mètre du sol. Il est alors préconisé de les orienter de 45° vers le bas et de 40-45 ° en avant-arrière. Sur les appareils à jet projeté, on utilise les deux buses du bas en les orientant de 15° vers le haut.

La voûte pneumatique n'est pas le matériel le plus performant. La qualité de pulvérisation varie beaucoup selon le type de machine et les réglages. Lors de leurs essais, l'Irstea et l'IFV ont observé que, pour une même dose de bouillie à l'hectare, les quantités moyennes de produit déposées sur la végétation variaient de 1 à 9 ! « Le type de matériel le plus couramment employé, les voûtes pneumatiques, n'est pas le plus performant en termes de qualité de pulvérisation, à tout stade végétatif », note Sébastien Codis.

Certains experts déconseillent d'utiliser un appareil à jet projeté au-delà de la préfloraison car ce type de matériel ne permet pas une pénétration suffisante. En revanche, le face-par-face avec assistance d'air assure une bonne qualité de pulvérisation. Et il permettrait de diminuer de 30 % les doses de produit par rapport à la dose homologuée, selon l'étude Optipulvé de l'IFV. Toutefois, le matériel doit être bien réglé, les délais de renouvellement des produits respectés et les interventions réalisées avec une température et une hygrométrie favorables.

Outre le type de pulvérisateur et les réglages, le nombre de rangs traités influe aussi sur la qualité de la pulvérisation. Pour être plus efficace, il faut traiter peu de rangs à la fois.

Vérifiez le régime de la prise de force

 © I. PROUST

© I. PROUST

La vitesse réelle de la prise de force est souvent inférieure à celle indiquée par le constructeur. Les régimes de rotation du ventilateur et de la pompe du pulvérisateur sont conditionnés par le régime de la prise de force. Celui-ci doit être de 540 tr/min pour les appareils pneumatiques.

Procédure : la mesure s'effectue avec un tachymètre. S'il existe sur le pulvérisateur une sortie libre de la prise de force, il faut utiliser un tachymètre de contact après avoir démarré la machine et atteint 540 tr/min. Sinon, un tachymètre à photoréflexion sera nécessaire. En cas d'entraînement hydraulique séparé du ventilateur et de la pompe, il faut vérifier les deux indicateurs de régime.

Réglez la vitesse d'avancement

La vitesse d'avancement du pulvé ne doit pas dépasser 5,5 km/h (3,5 km/h pour les canons oscillants). En cas d'usure des pneus ou de changement dans leur monte, la mesure peut ne pas être juste. Attention également si le capteur de vitesse est fixé sur une roue motrice. Le résultat sera faussé en cas de patinage ou de glissement.

Procédure : utilisez un capteur implanté sur une roue tractée ou un GPS. Vous pouvez aussi vérifier la vitesse d'avancement avec un chronomètre à la vigne, en ligne droite, à l'aide de deux jalons espacés de 100 m. Remplissez la cuve du pulvé à 50 %, enclenchez l'assistance d'air et faites fonctionner le pulvé à un régime moteur assurant une rotation de prise de force de 540 tr/min. Il faut démarrer 15 à 20 m avant le premier jalon pour être à la bonne vitesse, puis déclencher le chronomètre lorsque la roue avant passe devant le premier repère. Arrêtez le chrono lorsque la roue passe le second jalon.

Calculez le volume de bouillie à l'hectare

Assurez-vous de prendre en compte la bonne superficie dans ce calcul. Il existe souvent des écarts entre la zone réellement plantée et la surface cadastrale. Vérifiez aussi la fiabilité de vos instruments de mesure et préférez les balances de précision et les éprouvettes graduées. Ne vous fiez pas à la jauge de la cuve pour déterminer le bon volume d'eau. Un débitmètre mécanique ou électronique est plus précis.

Trois paramètres sont nécessaires pour calculer le volume de bouillie : la vitesse d'avancement, le débit total de l'appareil et la largeur traitée (nombre de rangs traités en face par face multiplié par la largeur entre les rangs). Pour les pulvérisateurs pneumatiques ou à jets portés, le volume par hectare varie entre 120 et 180 litres/ha en couverture générale. Pour un traitement localisé de début de saison, 90 litres/ha sont suffisants. Augmenter le volume d'eau n'apporte pas plus de produit sur les grappes. La formule présentée ci-dessous est valable quel que soit le type de pulvérisateur.

Mesurez le débit

Ce contrôle doit s'effectuer si possible au niveau de chaque buse ou diffuseur, afin de vérifier leur homogénéité.

Procédure : remplir le pulvérisateur d'eau, le mettre en route au régime habituel de prise de force (540 tr/min), déclencher le chronomètre et collecter l'eau à chaque buse ou diffuseur pendant une minute. Ce débit est à comparer au débit nominal indiqué par le constructeur. Le débit moyen de chaque buse ne doit pas varier de plus de 10 % par rapport au débit nominal. Le débit total du pulvérisateur est la somme des débits de chaque buse.

Lorsqu'il n'est pas possible de vérifier le débit à chaque buse, la mesure du débit total se réalise en faisant fonctionner le pulvé après avoir débrayé la turbine, puis en remplissant la cuve à ras bord. Pendant trois minutes (cinq minutes pour les pneumatiques), il faut faire fonctionner l'appareil à la pression habituelle, puis remplir à nouveau la cuve en mesurant le volume rajouté qui correspond au volume écoulé.

Cet article fait partie du dossier

Consultez les autres articles du dossier :

L'essentiel de l'offre

Voir aussi :