Retour

imprimer l'article Imprimer

VIN

Blancs, rosés et thermo : des effluents plus pollués

Marine Balue - La vigne - n°231 - mai 2001 - page 61

Ces vinifications produisent des effluents plus concentrés et plus difficiles à traiter que ceux issus de rouges obtenus par macération classique.
LA THERMOVINIFICATION suivie d'une fermentation en phase liquide génère plus de pollution que la vinification traditionnelle, dès le démarrage des vendanges. © P. ROY

LA THERMOVINIFICATION suivie d'une fermentation en phase liquide génère plus de pollution que la vinification traditionnelle, dès le démarrage des vendanges. © P. ROY

La pollution que génère une cave est variable selon qu'elle vinifie plus de vins blancs, de rosés et de rouges en thermovinification, ou de rouges traditionnels. C'est ce qu'ont montré des chercheurs de l'Inra de Pech Rouge, en observant cinq caves du Languedoc et du Bordelais entre 2006 et 2008.

Les vinifications en phase liquide - blancs, rosés, thermovinifications - rejettent un maximum de pollution dès le démarrage des vendanges. Dès la réception de la vendange, pressurage et débourbage produisent des rejets très intenses et concentrés sur le premier mois de vinifications.

Trop de sucres et les stations d'épuration saturent

« Ces effluents sont riches en sucres, les moûts n'ayant pas fermenté, indique André Bories, directeur de recherches à l'Inra de Pech Rouge. Ce sont d'excellents substrats pour les micro-organismes des stations d'épuration, qui se développent fortement et de manière anarchique. » Ce qui explique que les stations saturent pendant les vendanges.

Les vinifications en phase solide sont associées à des rejets plus tardifs, mieux étalés et riches en éthanol. Le nettoyage des cuves et pressoirs ne se fait qu'au décuvage, qui a lieu plus ou moins longtemps après la réception de raisins. La pollution est alors décalée un à deux mois après la récolte.

Stocker momentanément ses effluents

Les chercheurs se sont ensuite focalisés sur une des caves suivies, où ils ont mesuré les demandes chimiques en oxygène (DCO, indicateur de pollution) des effluents. Ils ont mis en évidence que les vinifications en phase liquide engendrent une pollution environ trois fois plus « chargée » que celle en phase solide.

« La pollution évolue dans les caves, car la part de vinification en phase liquide augmente, surtout avec l'expansion de la thermovinification, remarque André Bories. Il est important d'adapter le traitement des effluents aux pratiques de vinifications. » Les caves élaborant beaucoup de blancs, rosés ou rouges thermo, pourraient envisager de stocker momentanément leurs effluents pour étaler leur traitement.

Cet article fait partie du dossier

Consultez les autres articles du dossier :

L'essentiel de l'offre

Voir aussi :