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À LA VIGNE - NOVEMBRE

Des liquoreux d'exception

MARION BAZIREAU - La vigne - n°280 - novembre 2015 - page 10

Les vendanges tardives touchent à leur fin. Dans toutes les régions, 2015 fait oublier aux vignerons les déconvenues de l'année passée.
Les vendanges tardives s'achèvent, promettant un bon millésime.

Les vendanges tardives s'achèvent, promettant un bon millésime.

En 2014, les violentes attaques de pourriture acide ont joué les trouble-fête chez les producteurs de liquoreux, avec des parcelles du Sauternais touchées à près de 30 % et des gewurztraminers ne donnant presque rien en Alsace.

Cette année, l'état sanitaire est excellent. En Alsace, le botrytis a même eu du mal à s'installer. « Les premiers grains nobles de riesling et de pinot gris ont été vendangés autour du 10 octobre », explique Michel Pinsun, oenologue à la chambre d'agriculture du Haut-Rhin. Pour le gewurztraminer, dont la maturation est restée quelque temps bloquée, il a fallu patienter plus longtemps. « Finalement, les vendanges ont démarré fin octobre, avec des raisins au titre alcoométrique compris entre 16,5 et 17 % vol., tout à la fois passerillés et botrytisés. »

Dans le Val de Loire, au même moment, tous les raisins à destination des coteaux-du-layon étaient déjà rentrés. « Il ne restait plus que quelques raisins sur pieds dans les appellations Chaume, Quarts de Chaume et Bonnezeaux », précise Mathilde Ollivier, oenologue au laboratoire Litov, intervenant dans le Maine-et-Loire. « C'est un grand millésime, avec un très bon état sanitaire. Les vignerons n'avaient pas eu cette qualité et ces rendements depuis trente ans. » Pour les chaumes, ils ont même demandé un rendement annuel supérieur au rendement butoir fixé à 25 hl/ha.

Les pluies de début octobre ont été suivies par une hausse des températures. « Toutes les conditions étaient réunies pour un bon développement du botrytis. Pour l'appellation Chaume, les raisins ont été vendangés autour de 23 de TAP, contre 20 l'année dernière. Pour les coteaux-du-layon, on est autour de 17-18, contre 14 en 2014. Les raisins ont donné des vins bien concentrés. Mais ils ont également gardé de l'acidité. »

En raison du bon état sanitaire, les vignerons n'ont eu que deux tris à effectuer, en moyenne, alors qu'en 2014, ils avaient parfois dû en faire jusqu'à quatre.

Dans le Sauternais, les vendanges sont également achevées. Comme dans le Val de Loire, les raisins sont rentrés très sains, à la fois passerillés et botrytisés. En revanche, à cause des écarts de maturité, les vignerons ont dû passer un peu plus de quatre fois dans les vignes, « et parfois davantage dans les zones les plus chargées en raisins », explique Henri-Claude Ducourneau, oenologue au Centre oenologique de Cadillac.

En cave, l'excellent état sanitaire leur a permis de travailler « à l'ancienne », en débourbant peu. « Les turbidités un peu plus hautes ont apporté du gras aux vins. » Les fermentations, elles, se sont bien déroulées. « Quelques-unes ont néanmoins patiné du fait des hauts degrés alcooliques. » Le mutage, quant à lui, n'a pas entraîné de combinaison du SO2.

« Au final, les vins sont parfumés, fruités, gras et très concentrés, grâce au vent qui est venu sécher les raisins après les passages pluvieux », se réjouit l'oenologue. Seule ombre au tableau, les rendements sont compris entre 15 et 20 hl/ha seulement.

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