Retour

imprimer l'article Imprimer

archiveXML - 1999

L'encrassement des couteaux fait la différence

La vigne - n°99 - mai 1999 - page 0

Certains constructeurs ont résolu, mieux que d'autres, le problème de l'encrassement des couteaux. Au niveau de la fiabilité et de la sécurité, notre enquête ne permet pas d'établir de distinction entre les différentes marques distribuées sur le marché français.

L'un des soucis des vignerons avec leurs rogneuses, c'est l'encrassement des couteaux. Les lames rotatives se couvrent de débris végétaux lorsqu'il fait chaud et sec. Il faut les nettoyer régulièrement pour maintenir la netteté de la coupe. On perd du temps. On risque de se couper les doigts lors du nettoyage. Lorsque les feuilles sont couvertes de rosée ou qu'il pleut, les lames restent propres. Il suffirait donc de les asperger continuellement pour qu'elles ne se salissent pas. Beaucoup y ont pensé, rares sont ceux qui l'ont fait.Bernard Beaubatit, au château Franc-le-Maine, à Saint-Laurent-des-Combes (Gironde) est des derniers. Il a monté une pompe électrique, quatre buses et une réserve de 80 l d'eau sur sa rogneuse Binger Seilzug (Binger Allemagne).Son installation lui donne entière satisfaction. ' Avant, les couteaux s'encrassaient, explique-t-il. Maintenant, même en pleine chaleur, la coupe est toujours franche. Les couteaux restent propres. En fin de campagne, il n'est même pas nécessaire de les nettoyer. Comme ils sont en Inox, ils ne rouillent pas. ' Le réservoir de 80 l assure une autonomie de deux à trois heures. Son remplissage n'implique pas de grande perte de temps car toutes les parcelles sont regroupées autour du point d'eau du château.Certains fabricants ont entrepris de résoudre ce problème à la source. Ils ont choisi des matériaux et donné à leurs lames des profils qui ne retiennent pas les débris végétaux. Collard prétend y être parvenu. Sa gamme Modulmatic est équipée de lames ' antiencrassement '. Certains utilisateurs jugent que le constructeur tient ses promesses. ' C'est sans comparaison avec la rogneuse que j'avais avant, estime Jean Martineau, installé à Arthenac (Charente-Maritime). Toutes les heures, il fallait la désencrasser. Celle-ci, il suffit de le faire à la fin d'un passage. ' Jean Martineau rogne son vignoble en deux jours. D'autres utilisateurs sont moins enthousiastes et estiment que le nettoyage des couteaux reste nécessaire à la fin de chaque journée, par temps chaud et sec.Binger France s'est intéressé au même problème. Deux vignerons affirment qu'il est résolu. Les couteaux ne se salissent pas. Ils ne les nettoient jamais. Le soir, ils se contentent de rincer leur machine pour décoller les dépôts accumulés sur les carters. Un troisième utilisateur précise que la pointe des lames reste toujours propre. De ce fait, la netteté de la coupe ne se dégrade pas en cours d'utilisation. Malgré cela, il les décrotte ' deux fois par passage, pour l'aspect '. Chez lui, un passage dure trois à quatre jours.Au terme de notre enquête, les matériels de ces deux marques paraissent être ceux sur lesquels les dépôts glissent le plus facilement. N'ayant pas mesuré concrètement la vitesse d'encrassement, on ne peut être affirmatif.L'autre façon d'éviter l'encrassement est d'opter pour le système à barre de coupe. Plusieurs fabricants le proposent. Les barres de coupe ont deux autres avantages sur les couteaux rotatifs : elles n'occasionnent pas de projections et sectionnent plus nettement la végétation. Les tracteurs ne se salissent pas. Le chauffeur peut travailler sans cabine et sans lunettes de protection. En contrepartie, ces rogneuses attrapent moins facilement les branches balancées par le vent et avancent plus lentement, du moins celles dotées d'un simple mouvement.Pellenc a surmonté cet obstacle en optant pour un système à double mouvement. Les utilisateurs rencontrés déclarent avancer aussi vite qu'avec leur précédente machine à couteaux rotatifs. Leur vitesse au travail est de l'ordre de 6 km/h lors des premiers passages. Elle diminue lorsque les bois commencent à s'aoûter. Ces vignerons apprécient la légèreté du matériel et la facilité d'attelage. En revanche, cette rogneuse réclame un entretien quotidien assez important. ' Il y a beaucoup de points de graissage sur les lames, explique Michel Sansano, du domaine Vedel (Aigues-Vives). Il faut entre dix minutes et un quart d'heure par jour pour les passer tous en revue. ' Personne n'a fait état d'une durée d'entretien aussi longue pour les rogneuses à couteaux rotatifs.La sécurité est un point sur lequel tous les constructeurs ont apporté des améliorations, depuis l'entrée en vigueur des normes européennes. Les couteaux rotatifs sont bien plus solides que par le passé. Aucun des utilisateurs contactés n'en a entendu siffler près de ses oreilles. Cependant, tous les équipements ne sont pas bien conçus. Des propriétaires de rogneuses Berthelot ont retiré le capot de protection de l'écimeuse (couteau horizontal) parce qu'il provoquait des bourrages, ralentissant ainsi la marche. Ce point mériterait d'être revu chez ce fabricant dont les clients apprécient l'attention ainsi que la robustesse et le coût réduit des matériels. Des faits similaires n'ont pas été évoqués concernant des machines d'autres marques. Il est donc tout à fait possible d'installer des capots limitant les projections sans pour autant gêner la marche.Un autre aspect de la sécurité mériterait d'être amélioré. Tous les fabricants sont concernés. Les capots conçus pour couvrir les lames lors des déplacements sur la route finissent au hangar après deux ou trois sorties, et n'en sortent plus. Leur installation est contraignante. Certains vignerons préfèrent circuler derrière un tracteur qui leur ouvre la voie plutôt que de les fixer.Troisième aspect de la sécurité : les projections de débris végétaux occasionnées par les machines à couteaux rotatifs. Elles sont une source d'irritation et peuvent devenir dangereuses en l'absence de cabine. Dans tous les cas, elles salissent le tracteur. A nouveau, Binger France et Collard semblent mieux placés que leurs concurrents. Les utilisateurs de ces deux marques affirment avoir observé une nette différence lorsqu'ils ont changé de matériel. Il se plaignent moins que les autres du salissement. Selon eux, seuls des éléments très fins sont projetés en direction du chauffeur. Mais, comme pour l'encrassement des couteaux, pour vérifier s'il y a bien supériorité des deux marques, il faudrait établir des comparaisons dans des situations identiques, ce que personne n'a fait.Dernier point : la robustesse et la fiabilité des machines. Beaucoup de bruits circulent à ce sujet. Certaines marques sont réputées fragiles. Nous ne pouvons pas le confirmer. Il nous semble, au contraire, qu'aucun constructeur ne vend des matériels recelant des faiblesses mécaniques ou hydrauliques conceptuelles. Les problèmes auxquels font allusion les concurrents des uns et des autres paraissent liés à des irrégularités de fabrication et à de mauvaises séries. Mais pour l'acheteur concerné, ce n'est pas plus acceptable qu'une erreur de conception. La régularité des fabrications mérite d'être améliorée.Enquête réalisée auprès des utilisateurs des marques suivantes : Berthelot, Binger France, Binger Seilzug, Brunel et Cie, Collard, Derot, Ero, Kirogn, Lagarde, Pellenc et Terral. Clemens, société allemande, et Tecnoma, qui sort une nouvelle gamme cette année, n'ont pas encore de clients ayant l'expérience de leurs machines. Nous n'avons pas pu contacteur d'utilisateurs de rogneuses Ferrand. Baron et Machines Brunet ne nous ont pas fourni de coordonnées de leurs clients.

Cet article fait partie du dossier

Consultez les autres articles du dossier :

L'essentiel de l'offre

Voir aussi :