Retour

imprimer l'article Imprimer

archiveXML - 2000

Environnement : les pulvérisate urs contraints à la précision

La vigne - n°113 - septembre 2000 - page 0

Une norme européenne destinée à préserver l'environnement prévoit d'équiper les pulvérisateurs d'une cuve et d'un circuit de rinçage. Elle impose de fortes exigences quant à la précision des buses et à la régularité de fonctionnement des appareils.

En 1997, une première norme entrait en vigueur. Elle indiquait aux constructeurs ce qu'ils devaient faire pour assurer la sécurité des utilisateurs. On lui doit les arrêts de goutte et les réservoirs d'eau claire pour le lavage des mains. Un second texte de même nature est en préparation. Son objectif est différent : protéger l'environnement. Ses grandes lignes sont fixées. Il devrait être adopté définitivement l'an prochain.A partir de ce moment-là, on verra se généraliser les cuves de rinçage sur les pulvérisateurs de plus de 400 l. Pour des questions d'encombrement, elles ne seront pas obligatoires sur les pulseurs (jet porté) et les pneumatiques de capacité inférieure. Ces cuves devront contenir au moins 10 % du volume nominal de l'appareil ou au moins dix fois son volume mort, celui que la pompe ne peut pas aspirer. Elles devront être raccordées au circuit de pulvérisation de telle manière que l'on pourra le rincer en cours de traitement sans diluer la bouillie. De toutes les dispositions, celle-ci sera la plus visible. Elle sera d'un indéniable intérêt pratique car le chauffeur travaillera sans risquer de colmater ses buses. Certains avaient annoncé que la norme interdirait, par des voies détournées, les canons, voire tous les pneumatiques. Il n'en est rien. Dans le projet actuel, il n'y a aucune prescription à laquelle ces matériels ne pourraient pas répondre. D'autres avaient prévenu que les appareils allaient être alourdis d'une multitude d'accessoires plus chers et plus encombrants les uns que les autres. Mais non. Outre la cuve de rinçage, les seuls dispositifs nouveaux sont des raccords normalisés pour brancher un débitmètre à la sortie de la pompe sans avoir à couper de tuyau, ni à défaire de bride. Aujourd'hui, ils font défaut. Demain, ils ne ruineront personne. En fait, la norme suit deux directions. L'une relève autant de la sécurité de l'utilisateur que de l'environnement. L'autre améliore les matériels en exigeant qu'ils soient plus précis. Un chapitre expose les mesures destinées à éviter tout débordement lors du remplissage. Elles préviennent la pollution. Cependant, certaines d'entre elles figurent déjà dans la précédente norme car elles réduisent aussi le risque de voir l'utilisateur éclaboussé. D'autres mesures remplissent ces deux fonctions. Ainsi, cette règle qui relie la profondeur des tamis de remplissage au volume de la cuve. Dans le tableau qui l'expose, on lit que pour une capacité comprise entre 150 et 400 l, il faut une profondeur d'au moins 10 cm. Toujours pour éviter les refoulements, le texte fixe un débit minimal d'écoulement de l'eau au travers du tamis. Ces dispositions ne poseront pas de difficultés. En revanche, celles se rapportant aux buses seront nettement plus contraignantes : le débit de chacune d'entre elles, mesuré au ban d'essai, ne devra pas dévier de plus de 5 % du débit donné par le constructeur. Les buses à fente respectent déjà cette tolérance. Ce n'est pas le cas des buses à turbulence équipant la plupart des pulseurs. Albuz vend ses ATR avec la garantie que leur débit réel ne s'écarte pas de plus de 10 % de la valeur annoncée. Or, elles comptent parmi les plus précises du marché. Et ce n'est pas tout. Les buses devront répondre à une seconde contrainte. Une fois montées sur le pulvérisateur, leur débit ne devra pas dévier de plus de 10 % la valeur théorique. Cette tolérance est plus large que celle acceptée sur le ban d'essai pour tenir compte de pertes de charges comme peuvent en causer les antigouttes. Qu'à cela ne tienne, elle sera tout aussi dure à respecter. ' Sur certains appareils, nous mesurons un débit des buses différent de plus de 20 % de celui indiqué dans le tableau ', signale Renaud Cavalier, de la chambre d'agriculture du Gard. Plus grave encore : bien des pulvérisateurs sont tout simplement livrés sans la moindre information quant au débit de leurs buses. Les fabricants devront donc accomplir un sérieux effort pour intégrer la nouvelle norme. Certains préviennent qu'ils n'y parviendront pas sans un relèvement de leurs tarifs. D'autres dispositions encadrent la régularité de l'application et fixent la précision des instruments de mesure. Durant la pulvérisation, le volume par hectare ne doit pas s'éloigner de plus de 10 % de la moyenne, et ce quel que soit le niveau de bouillie. Le manomètre doit être juste à 0,2 bar près pour des pressions de travail comprises entre 1 et 8 bars. Les cuves doivent être équipées d'un indicateur de niveau, précis à 7,5 % près dès que l'on dépasse 20 % du volume nominal de la cuve et à 5 % près en dessous de ce seuil. Cela réduira les erreurs lors de remplissages partiels, mais reste tout de même très grossier. Au moins, les fabricants ne pourront plus se contenter de poser approximativement une règle autocollante, du plus brillant effet sur les salons mais totalement inutile au champ.Lorsque la norme sera adoptée, les acheteurs se verront remettre des notices à la pagination étoffée. Elles mentionneront les précautions à prendre pour éviter de contaminer la nature. Elles donneront la procédure à suivre pour contrôler le volume par hectare et l'état de l'appareil. Elles indiqueront le volume mort en distinguant la part que l'on peut diluer de celle qu'il faudra pulvériser en l'état parce que bloqué dans la tuyauterie. Là encore, des seuils sont fixés. Dans une cuve de 400 à 1 000 l, il ne devra pas rester plus de 3 % de la capacité nominale lorsque la pompe se désamorcera. Cette fois, le souci de l'environnement rejoint celui de limiter les gaspillages.

Cet article fait partie du dossier

Consultez les autres articles du dossier :

L'essentiel de l'offre

Voir aussi :