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Quatre nouveaux sécateurs bien accueillis sur le terrain

La vigne - n°158 - octobre 2004 - page 0

Infaco, Felco, Grégoire et Pellenc ont sorti de nouveaux sécateurs électriques. Les premiers utilisateurs trouvent les batteries faciles à porter. Certaines offrent jusqu'à deux jours d'autonomie.

Le Sécatronic de Grégoire est équipé d'une lame en acier traité avec du cobalt et revêtu de nitrure de titane. Les roulements sont blindés et autolubrifiants. Le sécateur n'a donc pas besoin d'être huilé. Il est doté d'une double sécurité, qu'il faut déverrouiller avant de couper.
Didier Goettelmann, exploitant à Kintzheim (Bas-Rhin), l'a essayé cet hiver, sur 3 ha conduits en guyot simple et double : ' Je l'ai choisi car je suis gaucher, et il fonctionne des deux côtés ; il est maniable. L'autonomie est bonne : je tiens aisément 8 h . ' La vitesse lui convient, et la lame est solide.

Par ailleurs, ' le système de fixation est agréable : la batterie est accrochée au milieu du dos et, du coup, les poids sont bien répartis. '
Propos confirmés par Christian Bosc, exploitant à Besson (Hérault) : ' J'ai un handicap vertébral. Mais la batterie du Sécatronic est dans un sac dont les bretelles sont larges. Une lanière tient le haut de la poitrine, une autre le bas du dos, tout en laissant le milieu libre. C'est confortable, même si la batterie est un peu lourde. ' Il apprécie également le double système de sécurité.
Au départ, Didier Goettelmann a eu des difficultés à s'accommoder à cette sécurité. A présent, il la trouve pratique : ' La lame est toujours fermée, c'est moins dangereux. ' Mais pour tailler du gros bois, ' il faut s'y prendre à plusieurs fois : dès que la lame peine un peu, elle se rouvre entièrement. Cela fait perdre un peu de temps, mais c'est une habitude à prendre ', regrette-t-il.

Le F 800 de Felco et le LiXion de Pellenc sont équipés d'une nouvelle batterie à base de Li-ion. Plus légère que celles en NiMH (1,1 kg), elle est dotée d'une plus grande autonomie (jusqu'à 16 h). Ces sécateurs possèdent une carte de commande électronique qui contrôle tout le système. Le F 800 a une coque en aluminium avec un revêtement antidérapant ; sur le LiXion, elle est en plastique. Chez Felco, un modèle pour gaucher existe. Pellenc propose, quant à lui, deux têtes de coupe : la Plume et la Classic. Toutes deux sont fabriquées par Bahco, la première étant plus fine que la seconde.
Philippe Moutardier, exploitant à Azy-sur-Marne (Aisne), a testé le F 800 sur du guyot simple : ' Il est plus précis, plus fin que les autres Felco. De plus, malgré mes petites mains, j'arrive bien à le saisir ; il est maniable et robuste : même sous la pluie, il ne s'abîme pas. La baisse du poids de la batterie est agréable, et son autonomie permet de travailler deux jours sans la recharger . '
Mêmes échos chez Jean-François Mouzon, salarié chez Moët et Chandon à Bouzy (Marne), qui a utilisé le F 800 sur des cordons de Royat. Il apprécie la capacité de la batterie. Pour lui, la légèreté et la maniabilité du sécateur sont de gros atouts. Philippe Moutardier regrette que le F 800 soit également bruyant, et qu'il soit vendu avec un harnais, et non avec une ceinture ' qui répartit beaucoup mieux le poids '.
Jérôme Hermet, vigneron à Saint-Jean-de-Fos (Hérault), a testé le LiXion de Pellenc. Il est séduit par la légèreté de la batterie : ' J'avais souvent des problèmes de dos. Là, je n'ai plus mal. ' ' La batterie est plus légère et se porte plus haut. C'est moins fatigant ', renchérit Bruno Debourg, viticulteur à Dareizé (Rhône). Il souligne que la vitesse de coupe est supérieure au modèle précédent de la marque. Jérôme Hermet apprécie aussi la progressivité de la gâchette, qui confère une bonne précision lors de la coupe. Il est possible d'entre-ouvrir juste la lame, d'où un gain de temps.

Il trouve que le sécateur est très maniable : ' Je n'attrape presque jamais les fils de fer, souligne-t-il. Le LiXion est puissant et coupe des bois allant jusqu'à 3 cm de diamètre. ' Il a opté pour la lame Classic puisqu'il taille du carignan, un bois très dur. En revanche, Bruno Debourg préfère la Plume, qui facilite la taille de ses gamays, dont les entre-coeurs sont rapprochés. Jérôme Hermet ajoute que le compteur digital ' permet de savoir combien il reste dans la batterie, et donc de bien la gérer. Elle fournit une puissance identique tout au long de la journée '. Son autonomie est de 12 h minimum. Autre petit plus : le cache-gâchette. Loin de le gêner, il lui permet d'accrocher le sécateur à sa ceinture lorsqu'il souhaite attraper des sarments par terre. La coque en plastique tient bien dans sa main.
L'Electrocoup F 3005 d'Infaco est doté de deux modes : impulsionnel - dès que l'on appuie sur la gâchette, le sécateur se ferme - ou asservi - le contrôle de la lame est beaucoup plus fin et précis, car son mouvement est asservi à celui de la gâchette. Il est équipé d'une carte électronique, intégrée dans le sécateur, et non dans la batterie. Ainsi, selon le constructeur, même si le fil les reliant est coupé, les informations de la carte ne sont pas perdues.
Autre innovation, la batterie a une autonomie allant jusqu'à 16 h. Ce modèle est équipé d'un gilet, qui colle la batterie sur le dos.
Jacques Crayssac, viticulteur à Montans (Tarn), a testé le prototype sur du guyot simple. Il s'avoue ' agréablement surpris par sa robustesse, sa maniabilité, sa force de frappe (puissance de 200 watts) qui coupe des gros bois sans avoir à forcer, la diminution de la fatigue, et l'autonomie de la batterie '.
Pour Serge Diaz, viticulteur à Vendres (Hérault), les deux principaux avantages de ce modèle sont sa maniabilité et sa puissance. Le sécateur gagne en précision avec le mode asservi. Il n'utilise d'ailleurs que celui-là, puisque ' la puissance et la vitesse de coupe sont identiques dans les deux modes. Il y a juste la précision qui change. Du coup, le mode impulsionnel n'a aucun intérêt pour moi . ' L'autonomie est bonne. Jacques Crayssac a d'ailleurs réussi à tailler pendant 13 h sans recharger. Le port de la batterie est peu fatigant, ' grâce au système de gilet trois-quarts, ce sont les épaules qui portent. A la fin d'une journée de travail, je suis moins fatigué . De plus, la batterie est assez plate, ce qui fait que je n'ai pas mal aux reins lorsque je me baisse. Et elle chauffe un peu le bas du dos, ce n'est pas désagréable en hiver ! ' Serge Diaz apprécie lui aussi ce système de gilet .
Jacques Crayssac trouve que la prise sur la poignée et le système de gâchette sont commodes. ' Par contre, malgré l'apparition du mode asservi, le sécateur coupe encore trop vite, et la batterie ne se recharge pas dans un bâtiment froid. '
Au terme de notre enquête, il apparaît que les premiers utilisateurs de ces sécateurs sont assez satisfaits, même s'ils attendent avec impatience la possibilité de laisser la batterie à la fin du rang. Certains souhaitent qu'un sécateur pouvant couper les bois et cicatriser les ceps soit lancé, afin de lutter contre l'esca. Un autre aimerait qu'un gant de protection soit compris dans les mallettes.

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