Quarante ans ! C'est l'âge du Club trésors de Champagne. Son objet : promouvoir les vins de ses membres au travers d'une cuvée de prestige. Ce club réunit vingt-huit vignerons. Chacun peut prétendre réaliser sa cuvée de prestige, les années susceptibles d'être millésimées.
Pour cela, il doit présenter un assemblage de vins clairs à un jury d'experts sollicités par le club (œnologue, sommelier, négociant…). Ce vin doit obtenir 18/25 au minimum pour être adoubé. S'il réussit, le viticulteur a le droit de le tirer dans la bouteille « Spéciale club », gravée de ces deux mots sur le col et propriété du groupe. S'il échoue, il peut présenter un nouvel assemblage.
Après trois ans de vieillissement, les vins doivent réussir un second examen pour que leurs propriétaires puissent les mettre en vente.
Dégustation à l'aveugle
« La cuvée Spéciale club tire nos gammes vers le haut tant du point de vue qualitatif que tarifaire, souligne Chantal Bara, la présidente. En novembre, nous convions nos fournisseurs au “baptême” d'un millésime : une dégustation des champagnes en bouteille club. L'événement est parrainé par un sommelier ou un journaliste et se termine par un banquet. » Le même jour, se tient l'assemblée générale.
Et surtout, les membres échangent régulièrement sur des sujets techniques. Ainsi, l'enherbement a été testé par l'un d'entre eux. Il en a parlé aux autres. Ils sont allés sur son exploitation, ont goûté les vins… Aujourd'hui, la plupart d'entre eux enherbent leurs vignes.
« En février-mars, nous dégustons à l'aveugle nos vins clairs, poursuit Chantal Bara. L'occasion de faire un tour de la récolte et de l'évolution de nos vins en cave. »
Cette dégustation est couplée à une réunion technique : entretien des sols, protection des vignes, traitement des vins… les sujets sont divers.
Le budget de fonctionnement de l'association provient d'une cotisation versée par chaque adhérent, en fonction de sa surface. Elle se double d'une cotisation « communication » proportionnelle aux ventes.
Pour se faire connaître, ces Champenois éditent un répertoire de leurs exploitations. Aujourd'hui, les importateurs le connaissent par cœur.