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ACTUS - Ça se chuchote

Touche pas aux grands crus !

La vigne - n°299 - juillet 2017 - page 16

« J'ai été profondément touché. Cela a été très violent. » Yves Vatelot accuse le coup. Le 29 juin, le tribunal correctionnel de Bordeaux l'a condamné pour pratiques commerciales trompeuses et publicité comparative illicite. En 1990, il achète le Château de Reignac, 77 ha en bordeaux supérieur, à Saint-Loubès. En 2009, le Grand Jury européen, le classe devant Petrus et Lafite-Rothschild après une dégustation à l'aveugle. Yves Vatelot va en jouer. En 2014, il achète des encarts dans Le Figaro indiquant « Reignac, 1er grand cru classé », suivi d'un astérisque renvoyant à un démenti : « Si c'était vrai, peu se l'offriraient. » Quelques mois plus tard, la Direccte débarque chez lui et embarque des prospectus indiquant que Reignac a un terroir de 1er grand cru classé, en s'appuyant sur des commentaires de journalistes et de dégustateurs. Pour l'Administration, il y a volonté de tromperie. Le Conseil des vins de Saint-Émilion, l'Union des grands crus classés de Graves et le Conseil des grands crus classés de 1855 se constituent parties civiles. Yves Vatelot réfute la tromperie. Et renvoie la balle dans le camp des crus classés. « 70 % des vins des crus classés n'existaient pas en 1855. Or, le classement n'a jamais été révisé », souligne-t-il. En attendant, il écope de 15 000 € d'amende avec sursis, de 30 000 € pour sa société dont 20 000 € avec sursis et 4 000 € de dommages et intérêts pour chacune des parties civiles. Yves Vatelot réfléchit à faire appel.

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