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archiveXML - 1999

Réforme bouclée

La vigne - n°98 - avril 1999 - page 0

Entre le débourrement de la vigne et les traditionnels risques de gel en ce mois d'avril, l'Union européenne a bouclé la réforme de l'organisation commune de marché (OCM) vitivinicole. Comme à la sortie de tous ces rounds internationaux, les négociateurs doivent rentrer chez eux avec de bonnes nouvelles - parfois tirées par les cheveux - afin de les présenter à leur opinion publique. Pour notre secteur, Jean Glavany, ministre de l'Agriculture, n'a même pas eu besoin de ces ficelles : le bilan est bon sur toute la ligne, les structures professionnelles le reconnaissent à l'unanimité. C'est assez rare pour être souligné. La philosophie de la nouvelle OCM est conquérante : des plantations nouvelles sont accordées afin que les Etats membres producteurs puissent répondre à la demande croissante de vin dans le monde. C'est donc avec effroi, et sans nostalgie, que l'on se remémore la logique destructrice de la précédente proposition de la Commission, présentée en 1993-1994, qui plaçait la réduction des surfaces au centre du dispositif. Comme politique prospective, on fait mieux. Certains ont eu raison de se battre. En termes de stratégie, une leçon est à retenir de cette longue négociation : il vaut mieux arriver uni au front. Depuis des mois, le dialogue se nouait entre les différentes familles professionnelles, tant au niveau national qu'européen. Tous les gros clashs ont ainsi été évités, notamment le piège diviseur des pratiques oenologiques. Même si le mois précédant l'accord, certains avaient des craintes, le résultat obtenu n'est pas le fruit du hasard : il a été mûri et travaillé.L'important est maintenant de regarder devant soi. Des marchés s'ouvrent, il faut pouvoir les fournir. Des producteurs prennent le risque financier de planter et de s'agrandir, le système doit leur en donner les moyens. Evidemment, le jour où la conjoncture s'inversera, les mêmes qui ont demandé le droit à la croissance frapperont aux portes des ministères pour obtenir des aides. C'est alors qu'il faudra assumer.

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