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Estimation de récolte : la barre des 60 Mhl dépassée

La vigne - n°102 - septembre 1999 - page 0

Devant la charge parfois importante des vignes, certains vignerons ont pratiqué l'éclaircissage pour permettre aux raisins d'atteindre un niveau de maturité correct dans un bon état sanitaire.

Au mois de juillet, le Scees et l'Onivins tablaient sur une récolte de 58,2 millions d'hectolitres (Mhl). Le 1er août, le Scees revoyait ses estimations à la hausse et annonçait un volume de 58,9 Mhl. Trente jours plus tard, l'Onivins à son tour révisait sa copie, en prévoyant une récolte de 60,7 Mhl! Les prévisions, comme les baies, ont été gonflées par les pluies de l'été. Depuis 1992, la récolte nationale n'avait jamais dépassé les 60 Mhl! Cette hausse des prévisions est surtout due à une réévaluation de la production en Charentes (plus 1,5 Mhl) et, dans une moindre mesure, en Aquitaine et en Languedoc-Roussillon (pour les vins de table). Dans cette région, la progression par rapport à l'an dernier est énorme, environ 20%. Mais il ne faut pas perdre de vue que 1998 fût marquée par le gel, la sécheresse et une petite sortie. En fait, 1999 renoue avec une production plus 'normale'.Les accidents climatiques, fréquents cette année, n'ont pas entamé les potentiels régionaux, même si les exploitations concernées sont fortement pénalisées. La région Rhône-Alpes fait exception : la basse Ardèche, qui a subi à la fois le gel et la grêle, connaît un volume de récolte déficitaire. En Savoie aussi, les conséquences du gel sont sensibles. Le 5 septembre, la grêle s'abattait sur la région de Saint-Emilion, touchant 500 ha dont la moitié lourdement. Les domaines sinistrés ont obtenu une dérogation leur permettant de vendanger immédiatement les parcelles endommagées. Par rapport à 1998, avec une production de 54,3 Mhl, la croissance est surtout forte en vin de table (23,3 Mhl prévus contre 19,2 Mhl produits l'an dernier). En revanche, pour les VQPRD, les volumes ne progresseraient que d'un peu plus de 400 000 hl.Sur le terrain, plusieurs paramètres laissaient présager une récolte généreuse. En juin, dans le Gard, les techniciens comptaient 26% de grappes en plus que l'année dernière! En Beaujolais cet été, la charge était jugée proche de celle de 1996, avec un poids de grappes supérieur à la moyenne. Les conseillers ont noté un nombre de baies par grappe plus important qu'à l'accoutumée. Dans le Bordelais, le poids des grappes de merlot était qualifié d'exceptionnel. La moyenne était également dépassée en Champagne et à Cognac.Face à cette situation, afin d'atteindre une maturité correcte et un état sanitaire satisfaisant, certains vignerons ont éclairci. Cette pratique progresse, même si elle n'est encore appliquée que sur des surfaces limitées. A Gaillac, le gamay, le sauvignon, le Len de l'El ou le mauzac ont parfois été vendangés en vert.A Bordeaux et en Bourgogne, l'éclaircissage est en progression. Dans le Var également, cette pratique s'étend, même si elle n'est effectuée que sur 2 à 3% de la superficie viticole. Une coopérative a accordé un bonus aux vignerons la réalisant, une autre a payé les producteurs 2 500 F par hectare pour qu'ils fassent tomber du raisin. En Champagne, où le potentiel de récolte est confortable, les vignerons suppriment des grappillons ou sélectionneront les grappes.Selon la charge des souches ou l'état sanitaire des raisins, la maturité évolue différemment. Les situations peuvent donc être très fluctuantes d'une parcelle à l'autre. 'Il faut s'attendre à un étalement important de la cueillette si, par bonheur, la climatologie automnale le permet', indique l'Onivins de Bordeaux. Cependant, l'hétérogénéité existe non seulement entre les parcelles, mais aussi parfois au sein d'une même parcelle.A la station viticole de Cognac, un conseiller souligne les difficultés rencontrées pour évaluer les stades phénologiques des parcelles afin de positionner correctement les produits. La grêle a aussi engendré des situations hétérogènes. En revanche, en Champagne, la situation est qualifiée d'homogène : 'Le vignoble est très régulier. Il n'y a pas un cépage, pas une région qui décrochent, indiquait-on, à la fin août, à l'interprofession champenoise. Ceci explique aussi notre potentiel.'A l'heure où nous mettons sous presse, nous ne disposons pas encore des dernières estimations de récolte de nos voisins italiens et espagnols. Les chiffres publiés en juillet annonçaient une production légèrement au-dessus de la moyenne. Les estimations étaient de 60 Mhl pour l'Italie et de 33 Mhl pour l'Espagne.

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