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L'occasion a la cote

La vigne - n°180 - octobre 2006 - page 0

Il y a pénurie de tracteurs d'occasion. Les petits matériels partent dès qu'ils sont mis en vente. Les machines à vendanger sont très prisées. En revanche, les pulvérisateurs sont la bête noire des concessionnaires.

Le marché du matériel viticole d'occasion est très dynamique. Il est stimulé par la hausse du prix du neuf, provoquée par l'envolée de l'acier. Il profite également de la crise, car « pour que le marché de l'occasion soit actif, il faut que la situation de la viticulture ne soit pas trop bonne », indique Patrice Bourdais, de la SARL Centre d'occasion Patrice Bourdais (Charente). Par ailleurs, de nombreux concessionnaires constatent le développement d'une demande espagnole. Des commandes arrivent aussi des pays de l'Est.
Le matériel qui rencontre le plus vif succès, c'est le tracteur vigneron. Tous les interlocuteurs s'accordent à dire qu'on se trouve dans une situation de pénurie : dès qu'un interligne arrive en concession, il repart. Les explications sont diverses. Jacques Servoles, de l'entreprise Pellenc, insiste sur la forte demande : « De nombreuses personnes extérieures à la profession en achètent, car c'est un engin pratique et passe-partout. Il peut être utile pour un éleveur, pour un particulier, ou encore pour un céréalier . »

Pour Alain Castet, du CRA de Cadaujac (Gironde), l'offre est insuffisante. Plus de 50 % des ventes de tracteurs interlignes neufs se font sans reprise. Il y a donc peu d'occasions. D'une part, les exploitants au réel préfèrent garder leurs vieux tracteurs amortis en appoint, plutôt que payer une plus-value sur leur revente. D'autre part, les viticulteurs spécialisent leurs tracteurs pour limiter les opérations d'attelage : l'un traite, l'autre rogne.
Frédéric Beau, de la concession Sogec (Gironde), souligne que comme il se vend moins de tracteurs vignerons neufs, il y en a forcément moins de disponibles d'occasion, d'où une tension du marché. Et comme la demande est supérieure à l'offre, le prix de ces tracteurs est assez élevé : environ 30 % plus cher qu'en grandes cultures, selon Jacques Servoles.
Les machines à vendanger d'occasion sont également très prisées, car elles permettent d'avoir un matériel à la pointe, à un bon prix : une vendangeuse perd 30 % de sa valeur dès sa première année d'utilisation ! Elles proviennent d'un marché de renouvellement, où chaque vente de machine neuve s'accompagne d'une reprise. Et comme la vente d'une machine d'occasion peut également s'accompagner d'une reprise, le marché de l'occasion est supérieur à celui du neuf. Les automotrices récentes (moins de cinq ans) accompagnées d'une garantie sont les plus cotées, suivies de celles qui valent moins de 45 000 euros. Les trieurs embarqués sont de plus en plus demandés.
Les petits matériels, comme les prétailleuses, les effeuilleuses et les sécateurs électriques, se vendent également très bien : « Dès qu'ils arrivent, ils repartent », se félicite Frédéric Beau.
Pour Patrice Bourdais, c'est même un marché qui va encore se développer. En revanche, les écimeuses d'occasion sont souvent hors normes et finissent à la casse.
Quant aux pulvérisateurs, c'est la hantise des concessionnaires ! La demande en occasion pour ce type d'appareil est assez faible, car les viticulteurs préfèrent l'acheter neuf. C'est un matériel qui s'abîme très vite, et sur lequel il y a beaucoup de travail de remise en état et aux normes. Les concessionnaires évitent donc au maximum d'en acheter.
Les perspectives d'évolution du marché de l'occasion sont un peu plus sombres, car il se vend de moins en moins de matériel neuf. Or, sans vente de neuf, point d'occasion !

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