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Le premier robot décuveur passe le baptême du feu

Clara de Nadaillac - La vigne - n°224 - octobre 2010 - page 48

Le chai La Prade dans l'Aude est le premier en France à utiliser un robot décuveur. La machine fonctionne parfaitement et transforme une opération fastidieuse en jeu d'enfant.

Jeudi 30 septembre, à Leucate (Aude). Il est 9 h 30 et l'écoulage d'une cuve de 300 hl de syrah bat son plein au chai La Prade. Ce matin, pour la première fois, la cave va utiliser un robot pour décuver. Cet appareil, signé de l'entreprise espagnole Intranox, est une réelle avancée technique. Pour Stéphane Roques, l'œnologue de la cave, il a deux gros intérêts : « Le décuvage est une opération dangereuse. Tous les ans, il y a des accidents. L'automatiser permet d'éliminer ces risques. Par ailleurs, cela devient de plus en plus difficile de trouver des saisonniers pour décuver. Là, plus besoin de chercher. C'est l'autre avantage… »

La cave étant neuve, toutes les cuves ont été construites pour recevoir le robot. Elles ont toutes le même diamètre. Elles possèdent une porte de la taille idoine et sont dotées d'une goulotte au fond, où l'on glisse le bras du décuveur, afin de laisser le moins de marc possible en fond de cuve.

1 h 25 pour décuver une cuve de 300 hectolitres

Il est 11 h 40. L'écoulage est terminé. Les employés de la cave et d'Intranox installent le robot sur la cuve. A midi pétant, le robot se met au travail. A 12 h 05, interruption. Les tuyaux qui envoient le marc vers le pressoir pneumatique fuient. Il faut en urgence resserrer le raccord.

12 h 15, le travail reprend. Le débit du décuveur est trop important pour la pompe à queue-de-cochon qui amène le marc vers le pressoir. Il faut l'arrêter à certains moments pour la désengorger.

A 12 h 55, le robot a terminé son travail. Il reste entre 10 et 15 cm de marc dans le fond de la cuve, qu'un employé doit vider à la main. Pour Stéphane Roques, c'est le gros point noir de la machine. Mais en dix minutes, le salarié a tout décuvé. Il ne reste plus qu'à installer l'appareil sur la cuve suivante. En fin de journée, lavage et graissage sont de rigueur. Le nettoyage est simple puisqu'on a accès à tout. Il est terminé en une vingtaine de minutes. C'est aussi rapide que le lavage du tapis utilisé jusqu'ici par la cave pour décuver à la main.

Le robot

 PHOTOS C. DE NADAILLAC

PHOTOS C. DE NADAILLAC

La cave est équipée du modèle 3400, à 29 000 euros. L'appareil est constitué de deux bras munis d'un train de dents rotatif. Le premier bras est fixe. Il rentre jusqu'au centre de la cuve. Le second pivote autour de l'extrémité du bras fixe et lui ramène le marc afin qu'il l'évacue de la cuve.

1 Ouverture de la trappe

La première étape consiste à ouvrir la trappe pour venir installer le robot. Très peu de marc tombe.

2 Installation

Le robot se fixe à la porte de la cuve, grâce à des vis. On ajuste la hauteur via les pieds. A ce moment, les deux bras du décuveur sont dans le caisson.

3 Pilotage

Le robot installé, un salarié le pilote via cette télécommande. Il active le mouvement des dents (chaîne), du bras (rotation bras) et l'escamotage du bras (chariot).

4 Fonctionnement

Le bras situé en haut de la photo est fixe. Celui du bas est mobile et tourne dans le sens des aiguilles d'une montre. Tous deux sont équipés de trains de dents, qui permettent d'évacuer le marc vers la porte (en haut à gauche).

5 Evacuation

Le marc tombe dans une pompe, qui l'envoie vers un pressoir pneumatique de 150 hl. Le débit du robot sature la pompe.

6 Fin

Le robot a terminé son travail. Il reste encore 10 à 15 cm de marc, qui devra être vidé manuellement.

7 Entretien

L'entretien de l'appareil est basique. Un coup de jet en fin de journée, suivi du graissage de trois points (dont deux sont visibles sur cette photo) et le tour est joué.

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