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ACTUS - VOS CONCURRENTS

Brésil : La viticulture veut reprendre son souffle

Mathilde Hulot - La vigne - n°244 - juillet 2012 - page 17

Face à la hausse des importations, elle demande des mesures de protection.
DANS LA RÉGION DE CANDIOTA, au sud du Brésil, comme dans le reste du pays, les viticulteurs en ont assez de perdre des parts de marché.

DANS LA RÉGION DE CANDIOTA, au sud du Brésil, comme dans le reste du pays, les viticulteurs en ont assez de perdre des parts de marché.

La production stagne, les importations s'envolent

La production stagne, les importations s'envolent

Avec son économie florissante et ses 192 millions d'habitants, le Brésil est une belle cible pour les exportateurs du monde entier. « C'est LE marché d'Amérique latine. Contrairement au Chili et à l'Argentine, c'est un pays peu producteur, ce qui le rend très alléchant », estime Nicolas Ozanam, directeur délégué de la Fédération française des exportateurs de vins et spiritueux. Les importations ne cessent de progresser, alors que la production locale plafonne. En 2011, elles se sont élevées à 726 000 hl, en hausse de 2,8 % par rapport à 2010. Ce volume représente les trois quarts des vins consommés dans le pays.

Les producteurs brésiliens en ont assez de se faire tailler des croupières. En juillet 2011, ils ont demandé à leur gouvernement de mettre en place une clause de sauvegarde de leur industrie. Le 15 mars dernier celui-ci a lancé un pavé dans la marre en ouvrant des consultations au sujet de cette demande. Il devrait rendre sa décision après l'été.

Les vins locaux parfois plus taxés que les vins étrangers

Carlos Paviani, directeur d'Ibravin, l'organisme de promotion des vins, explique que la clause servirait à « mettre en place un programme d'ajustement pour une période de trois ans afin de rendre la viticulture brésilienne plus compétitive ». Il demande l'instauration de quotas d'importation et une harmonisation des taxes appliquées aux vins car certains états brésiliens taxent les vins nationaux plus fortement que les vins étrangers. Un comble !

La décision du gouvernement a provoqué de vives réactions internationales, allant jusqu'à des appels au boycott des vins brésiliens. En réponse, les quatre organisations de la filière (Ibravin, Uvibra, Fecovinnho et Sindivinho) ont publié un communiqué précisant qu'elles ne demandaient qu'une mesure temporaire. Car les viticulteurs locaux ont eux-mêmes l'ambition d'exporter. Le vignoble brésilien couvre 82 000 hectares, parmi lesquels de nombreux cépages hybrides.

En 1998, la filière a créé Ibravin. En 2002, Ibravin et Apex Brasil, l'équivalent d'Ubifrance, ont lancé le programme Wines of Brasil pour aider les producteurs à se développer à l'export. Si l'on en juge par les dernières statistiques, ce programme porte ses fruits. Entre 2009 et 2011, la valeur des exportations a grimpé de 132 à 155,70 millions de dollars. Les Brésiliens n'ont pas intérêt à casser cette dynamique en prenant le risque de représailles.

CE QUE ÇA VA CHANGER POUR VOUS

Le Brésil n'est que notre vingt-deuxième client avec un chiffre d'affaires de 38 millions d'euros réalisés en 2011 (Ubifrance). Malgré cela, nos affaires seraient pénalisées par l'instauration de barrières douanières et de quotas auxquels seuls les pays du Mercosur échapperaient. Espérons que le gouvernement prendra une sage décision.

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