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ACTUS - FRANCE

Millésime bio toujours dynamique

Michèle Trévoux - La vigne - n°250 - février 2013 - page 14

SALON - Dans un contexte de retournement du marché, avec une offre devenue supérieure à la demande, l'ambiance est restée très positive à Millésime bio.
Le nombre de visiteurs et d'exposants du salon Millésime bio est en hausse. Malgré les premiers signes de rééquilibrage sur le marché du vrac, les producteurs de vins bios en bouteilles restent optimistes. © A. REYNAUD

Le nombre de visiteurs et d'exposants du salon Millésime bio est en hausse. Malgré les premiers signes de rééquilibrage sur le marché du vrac, les producteurs de vins bios en bouteilles restent optimistes. © A. REYNAUD

Pour son vingtième anniversaire, le salon Millésime bio, qui se déroulait du 28 au 30 janvier à Montpellier, dans l'Hérault, a encore connu une belle affluence. Côté exposants, le succès ne se dément pas. Avec 690 producteurs ou négociants, le salon comptait cette année une centaine d'exposants de plus que l'an dernier. Une centaine de demandes n'ont pu être satisfaites, les organisateurs veillant à ce que la progression du nombre d'exposants soit en phase avec celle des visiteurs.

Ceux-ci continuent à venir en nombre : les organisateurs du salon ont annoncé 3 700 entrées, dont 25 % de visiteurs étrangers, soit 11 % de plus que l'an dernier.

L'édition 2013 s'annonçait pourtant délicate, alors que commencent à poindre les premiers signes d'encombrement du marché. Entre 2007 et 2011, la surface du vignoble français en agriculture biologique a quasiment triplé, pour atteindre 61 000 ha (surfaces certifiées plus surface en conversion). Pour la récolte 2012, près de 24 000 ha de plus ont été certifiés, portant à 52 000 ha la totalité du vignoble français apte à produire des vins bios.

« La demande reste soutenue »

Ce bond spectaculaire est en décalage avec la demande, qui ne progresse pas dans les mêmes proportions. Les premiers signes de rééquilibrage sont perceptibles sur le marché du vrac. « L'an dernier, nous avons vendu nos AOC Côtes du Rhône entre 190 et 200 €/hl, témoigne Jean-Pierre Andrillat, le directeur de la cave de Villedieu Buisson, dans le Vaucluse. Cette année, nous sommes entre 160 et 170 €/hl et nous avons trois à quatre mois de retard sur la commercialisation. »

En Languedoc, le décrochage est moins marqué, mais la tendance est également à la baisse (de - 5 à - 10 €/hl) et l'écart se resserre avec les prix des vins conventionnels qui, eux, sont à la hausse.

Mais à Millésime bio, la très grande majorité des exposants vend ses vins en bouteilles. Chez eux, l'optimisme reste de mise. Certains confient avoir reçu des commandes fermes. « Nous avons accueilli une très grande diversité de visiteurs, du caviste au restaurateur en passant par des gros importateurs. Les contacts sont intéressants, la demande reste soutenue. Le marché des bouteilles n'est pas encore touché par l'augmentation de l'offre », estime Jean-Baptiste Mangin, du château des Coccinelles, à Domazan (Gard).

Front commun pour la commercialisation

Pour développer leurs ventes tant en France qu'à l'export, plusieurs vignerons bios ont fait le choix de s'associer pour mutualiser les coûts. Exposant à Millésime bio, Java Sud-Ouest regroupe six vignerons du Sud-Ouest – un par appellation – qui manquaient de moyens pour développer leurs ventes. Ils ont d'abord créé un groupement d'intérêt économique pour vendre en France. Plus récemment, ils ont lancé Accent Sud-Ouest, une société dédiée aux ventes à l'export. « Ces deux structures nous permettent de fidéliser nos clients. Nous avons quelqu'un en permanence sur le terrain », confie Francis de Conti, du château des Tours, à Bergerac (Dordogne). La formule a fait des émules.

En janvier 2012, neuf vignerons bios – dix désormais – de toutes les régions françaises lançaient Biotiful Wines pour se développer à l'international. « Cette association permet aux vignerons de partager les coûts de représentation et de prospection à l'étranger. Elle leur donne accès à des marchés qu'ils auraient du mal à aborder seuls », témoigne Maud Manfredini-Mullard, la responsable export.

Le Point de vue de

Vincent Pugibet, du domaine la Colombette, à Béziers (Hérault)

« Le premier vin bio français… sans pesticides »

Vincent Pugibet, du domaine la Colombette, à Béziers (Hérault)

Vincent Pugibet, du domaine la Colombette, à Béziers (Hérault)

«Nous lançons notre cuvée Creux du nid. C'est le premier vin bio français… sans pesticides ! Depuis quatre ans, nous plantons des variétés résistantes au mildiou et à l'oïdium obtenues par des sélectionneurs suisses et allemands grâce à des croisements. Aujourd'hui, nous avons 20 ha de vigne qui n'ont reçu aucun traitement. Nous lançons un blanc et un rouge. Notre blanc issu de ces cépages résistants a décroché la grande médaille d'or au concours des PIWI (vins issus de cépages résistants), avec une note de 96 sur 100. On peut donc produire un grand vin sans pesticide, plus bio que bio.

Nous espérons un bon démarrage commercial pour cette cuvée que nous avons produite à 20 000 cols et vendue 8 à 9 euros, car elle a suscité beaucoup d'intérêt. »

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