Retour

imprimer l'article Imprimer

ACTUS - RÉGIONS

Bordeaux Haro sur la ligne TGV

COLETTE GOINÈRE - La vigne - n°270 - décembre 2014 - page 9

Les AOC Sauternes et Barsac s'opposent au projet de la ligne à grande vitesse (LGV) Bordeaux-Toulouse qui viendrait mettre à mal la production de leurs liquoreux.
Le microclimat de la vallée du Ciron, qui favorise l'installation de la pourriture noble, est menacé par la future ligne ferroviaire. © P. ROY

Le microclimat de la vallée du Ciron, qui favorise l'installation de la pourriture noble, est menacé par la future ligne ferroviaire. © P. ROY

Xavier Planty n'y va pas par quatre chemins : « Nous demandons l'annulation de ce projet qui n'a aucun sens et qui serait désastreux au plan socio-économique et écologique. » Ni plus ni moins. Ce 5 décembre, dans la salle des fêtes de Sauternes (Gironde), le président de l'ODG de Sauternes développe ses arguments devant les médias. En cause, le projet de ligne ferroviaire à grande vitesse (LGV), Bordeaux-Toulouse, prévue pour 2027, qui menace les appellations Sauternes et Barsac.

Aucun pied de vigne ne sera arraché. Pour autant, il y a péril en la demeure. Selon Xavier Planty, la LGV vient mettre en danger ces AOC car elle porte atteinte au Ciron, la rivière dont les brumes favorisent le développement de la pourriture noble. Carte à l'appui, il s'est lancé dans un cours de géographie et de météorologie, expliquant en détails que les AOC de Sauternes et Barsac sont totalement dépendantes du microclimat de la vallée du Ciron. Le hic : le tracé de la LGV coupe la rivière en trois endroits, traverse son bassin-versant sur plus de 100 km et perturbe 40 zones humides ainsi que les nappes d'eaux souterraines. De quoi déstabiliser ce fameux microclimat.

L'enquête publique devrait se terminer dans les prochaines semaines. Un rapport de synthèse sera remis au Conseil d'État qui donnera un avis au gouvernement. En attendant, Xavier Planty, à la tête des 170 viticulteurs de Sauternes, et l'Union des grands vins liquoreux de Bordeaux entendent bien ferrailler contre le projet. Ils vont choisir un cabinet d'avocats pour étudier la possibilité de porter le dossier devant la Cour de justice européenne. Reste qu'il faut le muscler : aucune étude scientifique ne démontre le lien entre le Ciron et la pourriture noble. « Nous avons des siècles d'observation, même si scientifiquement rien n'est prouvé », rétorque le directeur de l'ODG.

Cet article fait partie du dossier

Consultez les autres articles du dossier :

L'essentiel de l'offre

Voir aussi :