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NOUVEAUTÉS - À L'ÉPREUVE DU TERRAIN

ÉQUIPEMENT Bineuses Kress. Rapides quand on passe au bon moment

MARTIN CAILLON - La vigne - n°273 - mars 2015 - page 80

Les premiers utilisateurs des bineuses Kress sont satisfaits. Ils apprécient la vitesse de passage. Mais l'outil doit être employé au bon moment pour être efficace.
 © M. CAILLON

© M. CAILLON

Le produit : le satellite de binage du constructeur allemand Kress comporte une vingtaine de doigts en plastique souple disposés horizontalement en étoile et une douzaine de dents métalliques inclinées vers le bas. Il s'agit d'un outil rotatif, dépourvu de moteur, fixé à un support sur un cadre, derrière un tracteur interligne ou sur un porte-outil d'enjambeurs. L'inclinaison du moyeu est réglable manuellement ainsi que sa distance au rang. Trois modèles de doigts - très rigides (rouge), rigides (jaune) ou souples (orange) - et trois diamètres - 700 mm (modèle Maxi), 540 mm (Mini-Maxi) ou 370 mm (standard) - sont disponibles selon la nature des sols et la largeur entre les rangs.

Le principe : les doigts et les dents, légèrement inclinés, tournent avec l'avancement du tracteur. Ils pénètrent sous la terre et arrachent les mauvaises herbes en binant sur 4 à 5 cm de profondeur au plus près des ceps.

L'intérêt : les bineuses permettent d'intervenir rapidement, entre 5 et 8 km/h. Mais il faut passer alors que les herbes sont encore peu développées et sur un sol meuble.

Le prix : 1 200 euros l'unité

Contact : Atelier du Val de Saône. Tél. : 03 80 37 42 24

Site : www.kress-landtechnik.de

Le Point de vue de

Régis Diard, agriculteur et viticulteur sur 3 ha en AOC Anjou, à Saulgé-l'Hôpital (Maine-et-Loire)

« La paire de bineuses est vite amortie »

« J'ai opté, il y a deux ans, pour une paire de bineuses Kress de 700 mm à doigts souples (jaunes). Je les ai fixées sur le châssis de mon vibroculteur. J'utilise l'outil pour entretenir un plantier de 1 ha, une parcelle que je devais auparavant piocher une à deux fois par an. À raison de 20 à 30 h/ha par passage, l'outil (2 000 euros) est vite amorti. Il fonctionne très bien en conditions saines. Je fais un désherbage chimique à la sortie de l'hiver et passe ensuite le vibroculteur équipé des doigts toutes les deux ou trois semaines, quand les herbes mesurent 5 cm maximum. J'avance de 4 à 5 km/h. Le taux de casse des plants reste faible (5 pieds/ha en une année). Les bineuses fonctionnent aussi dans les vieilles vignes. Les étoiles travaillent sur 1 à 3 cm de profondeur. En inclinant les étoiles pour travailler plus profondément, on les esquinte. Un bémol : l'outil ne détruit pas les herbes développées à grosses racines telles que les chardons. »

Le Point de vue de

Philippe Brisbarre, viticulteur sur 30 hectares, à Vouvray (Indre-et-Loire)

« Ce n'est pas l'outil universel »

« J'ai acheté l'an dernier une paire de bineuses à dents rigides rouges, que j'ai montées sur un cadre Actisol. Je souhaitais les utiliser pour recommencer à travailler une vingtaine d'hectares, jusqu'alors désherbés chimiquement. L'expérience n'a pas été concluante. J'ai fait deux essais sur vingt rangs, courant juin, puis fin juillet. Mais à chaque fois, j'ai dû stopper et passer des lames pour ameublir d'abord la terre sous le cep. De plus, les vignes ne doivent pas être trop caillouteuses car les pierres se coincent entre les doigts. Dans une parcelle aux ceps difformes, j'ai dû écarter les bineuses des pieds pour ne pas les abîmer. Dans les parcelles argileuses, la terre colle aux dents. La bineuse Kress n'est pas l'outil universel, mais elle n'est pas sans avantages. L'équipement ne coûte pas une fortune. Il est simple de fonctionnement. Et il peut être passé rapidement. Dans mes jeunes vignes et mes terres sablonneuses, il devrait bien marcher. »

Le Point de vue de

Stéphane Martin, viticulteur sur 25 ha au Domaine de la Croix Senaillet, à Davayé (Saône-et-Loire)

« Il demande peu de puissance »

« J'ai équipé mon enjambeur l'an dernier de trois paires de bineuses à doigts rouges rigides de 540 mm. J'ai fait trois passages combinés avec la rogneuse. J'avais assoupli le terrain au préalable avec des lames Belhomme. Dans les sols limoneux et sans cailloux, l'outil a très bien fonctionné. Il demande peu de puissance. Je le passe quand les herbes sont au stade de plantule. Dans les parcelles argilocalcaires, en revanche, la terre colle aux dents si elle est humide. Le plus compliqué est de régler les satellites. Si le sol est souple et qu'ils sont trop inclinés, les doigts projettent la terre vers le centre du rang et forment une légère butte. Il vaut mieux l'enlever en passant des lames avant la machine à vendanger. Je roule à 5 km/h, c'est presque deux fois plus rapide qu'avec un intercep hydraulique. Par précaution, j'ai enlevé les deux satellites extérieurs. Avec ces satellites, je faisais trois rangs par passage, mais la conduite demandait trop d'attention. »

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