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DOSSIER - Languedoc Roussillon : la santé retrouvée

Le marché foncier viticole repart à la hausse

La vigne - n°275 - mai 2015 - page 24

LE CHÂTEAU LA BASTIDE, un domaine de 200 ha dont 56 ha en vigne, à Escales, dans l'Aude, a été acquis par un grand groupe chinois en janvier dernier.  © B. CAMPELS/LE MIDI LIBRE/MAXPPP

LE CHÂTEAU LA BASTIDE, un domaine de 200 ha dont 56 ha en vigne, à Escales, dans l'Aude, a été acquis par un grand groupe chinois en janvier dernier. © B. CAMPELS/LE MIDI LIBRE/MAXPPP

« Il y a un nouvel attrait pour le foncier viticole du Languedoc-Roussillon. Nous avons plus de demandes, ce qui génère plus de bataille sur les prix », soutient Thierry Loscos, responsable du service Grands Domaines à la Safer Languedoc-Roussillon. Ce regain d'intérêt concerne trois types d'acquéreurs. D'abord des producteurs locaux. « Leur santé financière s'est améliorée, dès lors l'investissement repart. Nous avons de la demande pour du parcellaire de la part de domaines qui souhaitent s'agrandir », détaille Thierry Loscos. Autre profil d'acquéreur : les maisons de négoce. « Paul Mas, Gérard Bertrand, Bonfils..., qui ont beaucoup acheté ces dernières années, sont toujours en quête de nouvelles surfaces. Mais des structures de négoce plus petites et moins connues se positionnent, elles aussi, sur le marché foncier pour sécuriser leur approvisionnement en volume comme en qualité », souligne Thierry Loscos. Enfin, les investisseurs sont également de retour. Très symbolique, en février dernier, BHC International Wine s'offrait le château La Bastide, un domaine de 200 ha dont 56 ha en vigne à Escales (Aude), dans les Corbières. Il s'agit du premier investisseur chinois en Languedoc. Des contacts sont engagés avec d'autres Asiatiques, attirés par la région. « Le prix du foncier viticole en Languedoc est une aberration. Nous sommes les moins chers d'Europe. » L'hectare de vigne en IGP s'est négocié 11 800 euros en moyenne en 2013, avec une fourchette qui fluctue entre 6 000 et 21 000 euros. Pour les AOP génériques, les prix ne sont guère plus élevés : 12 000 euros en moyenne avec une fourchette de 8 000 à 16 000 euros. Certaines AOP plus recherchées, comme les Terrasses du Larzac, le Picpoul de Pinet ou le Pic Saint-Loup, se négocient entre 15 000 et 45 000 euros par ha. Ce regain d'intérêt pourrait changer la donne et faire repartir les prix à la hausse. Signe qui ne trompe pas, durant la crise, c'est le bâti qui faisait vendre, aujourd'hui ce sont les vignes qui intéressent les acquéreurs, alors que la pierre est moins demandée.

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