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Travailler avec un office du tourisme pour vendre plus

AUDE LUTUN - La vigne - n°287 - juin 2016 - page 62

Avec le fort développement de l'oenotourisme, de nombreux offices du tourisme proposent des partenariats aux viticulteurs. Cela leur permet de gagner en visibilité et de créer des synergies avec d'autres professionnels. Trois viticulteurs et viticultrices témoignent de leur satisfaction.
 © P. ROY

© P. ROY

CHRISTELLE BETTON, VITICULTRICE À LA ROCHE-DE-GLUN (DRÔME) « Cela permet de rencontrer d'autres professionnels »

« Mon partenariat avec les offices du tourisme de Tain-l'Hermitage et de Tournon remonte à trois ou quatre ans. C'est le moment où j'ai souhaité développer la vente au domaine. Auparavant, je n'habitais pas sur place, ce qui limitait ma disponibilité pour recevoir. En trois ans, les ventes au caveau sont passées de 5 % à 20-30 % des 20 000 à 25 000 bouteilles que je produis chaque année. J'exploite 5 ha dans les appellations Hermitage et Crozes-Hermitage. Je travaille activement avec l'office du tourisme qui m'apporte une bonne visibilité sur son site et sur les dépliants qu'il édite. Mon adhésion (60 €/an) est arrivée au bon moment, quand l'office a décidé de développer l'oenotourisme. Notre territoire est labellisé Vignobles & Découvertes depuis 2011.

Je reçois environ 1 000 visiteurs par an au caveau. Les visites, avec dégustation, sont payantes à partir de dix personnes. Le tarif va de 7 à 12 euros par personne selon la prestation choisie.

Je débute toujours mes interventions dans les vignes pour que les visiteurs voient nos sols de galets. Je peux ainsi situer notre vignoble au sein de l'appellation et de la région.

Le partenariat avec l'office du tourisme me permet aussi de tisser des liens avec les professionnels locaux. L'office organise des rencontres avec ses adhérents. Un hôtelier et une propriétaire de chambres d'hôtes ont ainsi pu découvrir mes vins et m'envoient certains de leurs clients. Cela crée des synergies car, les connaissant, je peux moi-même leur envoyer mes visiteurs. Début juin, j'ai participé à une dégustation chapeautée par l'office du tourisme, avec un autre vigneron et un caviste, dans le parc du Jardin d'Éden, au coeur de Tournon-sur-Rhône (Ardèche). La participation était de 5 euros, avec un verre de vin et la possibilité de pique-niquer. L'office du tourisme participe également à l'organisation, début octobre, du Fascinant Week-end, initié par Vignobles & Découvertes, avec de nombreuses animations autour du vin dont deux spectacles associant la musique et le vin.

Parmi mes projets oenotouristiques, j'envisage de mettre sur pied des "journées vendanges" avec un moment de cueillette, puis une dégustation. De plus en plus de clients me le demandent, ainsi que des cavistes. »

MATHIEU COPIN, VITICULTEUR À VERNEUIL (MARNE) « Nous gagnons en visibilité »

« Nous vendons entre 70 000 et 75 000 bouteilles par an et travaillons avec les offices du tourisme de Châtillon-sur-Marne, de Dormans et d'Épernay. C'est avec ce dernier que l'activité est la plus importante car sa taille lui permet de proposer un accompagnement. Nous pouvons déposer nos brochures dans ses locaux et être présents sur son site internet, qui relaie nos dates de journées portes ouvertes et notre offre oenotouristique. Ce partenariat nous coûte 150 €/an. Le but est d'avoir un échange de liens pour que notre référencement sur Google soit plus important. Depuis trois ans, nous adhérons également au partenariat Business Club, pour un coût de 300 €/an. Ce service nous permet d'avoir accès à l'activité d'agence de tourisme que propose également l'office. Nous sommes ainsi référencés sur leur catalogue pour toucher des tours opérateurs et des agences de voyage, et accéder ainsi aux fichiers de professionnels que l'office a constitués au fil de ses démarchages.

Nous organisons des dégustations à l'office d'Épernay, ce qui plaît aux touristes qui ont peu de temps. Pour les autres, nous proposons quatre formules de découverte de notre domaine. Cela va de la visite des caves avec la dégustation d'un champagne, à la formule qui comprend la visite, les explications sur l'élaboration du champagne et la dégustation de toute la gamme. C'est l'offre complète qui rencontre le plus de succès. Il est difficile de mesurer précisément les retombées de notre partenariat car, quand un client arrive chez nous, nous ne savons pas comment il nous a connus. Nous recevons un millier de visiteurs par an, dont deux tiers d'étrangers. Nous accueillons également une vingtaine de bus chaque année, principalement de tours opérateurs. Quand des clients étrangers sont intéressés, nous les orientons vers nos importateurs pour savoir où ils peuvent acheter notre champagne dans leur pays.

L'autre volet intéressant de notre collaboration, ce sont les liens que nous tissons avec les autres professionnels grâce aux rencontres organisées par l'office. J'ai ainsi pu faire la connaissance d'un loueur de gyropodes. Et depuis l'an dernier, je propose la visite des vignes en gyropode. »

ÉLISABETH DESBOIS, RESPONSABLE DES VISITES AU DOMAINE DEBRAY, À BEAUNE (CÔTE-D'OR) « Nous recevons davantage de touristes au caveau »

 © ARMELLE.PRO

© ARMELLE.PRO

« Nous travaillons avec l'office du tourisme de Beaune depuis trois ans, date à laquelle nous avons commencé à ouvrir notre domaine au public. Désormais, les touristes peuvent réserver une visite de notre domaine sur le site intenet de l'office du tourisme. La visite coûte 12 € et dure 1 h 30. L'office touche 10 % de commission par ticket vendu. Nous payons aussi un abonnement annuel de 680 € HT. Nous avons signé ce partenariat pour nous faire connaître et accroître notre visibilité car notre domaine est jeune.

Lors de la visite, nous expliquons tout le cheminement du raisin depuis la table de tri. On termine par la dégustation commentée de six vins. Nous sommes trois salariés, en plus du propriétaire Yvonnick Debray, et nous sommes polyvalents. Cela nous permet de communiquer concrètement sur le métier. Les visiteurs apprécient cette dimension humaine et authentique. Ils sont sur un vrai lieu de travail. La visite d'une cave ne suffit plus à une partie du public qui recherche des informations précises sur l'amont. Cette année, notre collaboration avec l'office devrait être plus importante car celui-ci nous a intégrés dans deux des offres qu'il propose : la balade culturelle, le vendredi matin, et la balade gourmande, le samedi après-midi. Ces balades comprennent une pause d'une demi-heure dans notre domaine, que nous facturons 3 € par personne le samedi et 2 € le vendredi. Ce partenariat est intéressant car les visiteurs nous permettent d'augmenter nos ventes au caveau. Nous produisons 50 000 bouteilles par an (Bourgogne, Chassagne-Montrachet 1er cru et Corton grand cru). Nous en vendons 95 % en France, notamment dans des salons. La vente sur le domaine représente 20 à 30 % de notre chiffre d'affaires. Les étrangers - 30 % des touristes que nous accueillons - achètent peu de bouteilles et reviennent rarement. Il en va différemment avec les clients français ou des pays proches.

En 2015, nous avons accueilli 1 677 visiteurs. Nous espérons faire progresser ce chiffre, notamment avec une offre de visite avec mâchon que nous proposons sur le site groupon.fr. Elle reçoit un bon accueil de la clientèle régionale. L'office du tourisme nous envoie également une dizaine de bus par an. »

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