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DOSSIER - La HVE prend son envol

« On valorise mieux nos vins »

La vigne - n°297 - mai 2017 - page 22

À Monbazillac, Daniel Duperret a pu maintenir le bonus dont il bénéficie pour ses vins en vrac grâce à la HVE. Son voisin Francis Borderie, lui, a augmenté ses prix aux particuliers.
FRANCIS BORDERIE passe maintenant beaucoup plus de temps à observer ses vignes.

FRANCIS BORDERIE passe maintenant beaucoup plus de temps à observer ses vignes.

Daniel Duperret tient le bon bout. En 2014, il a obtenu la certification HVE. Il respectait déjà le référentiel agriculture raisonnée et était agréé Qualenvi, le label environnement et qualité des Vignerons indépendants de France (Vif). Pour devenir HVE, il ne lui restait qu'à montrer qu'il préservait la biodiversité. Dans ce but, « j'ai dû établir une cartographie de mon vignoble avec les haies, bosquets et bois », explique-t-il. Rien de plus.

Basé à Monbazillac, en Dordogne, Daniel Duperret cultive 30 ha dans cette appellation. Il vend la quasi-totalité de sa récolte en vrac à un négociant auquel il a accordé l'exclusivité de sa marque Château Combet, soit 80 000 cols, principalement vendus en grande distribution.

« Je me suis engagé dans l'agriculture raisonnée en 2007. Ceci m'a permis de valoriser mon vin en vrac à 15 % au-dessus du cours moyen du monbazillac. Mon client indiquait "vin issu d'une exploitation en agriculture raisonnée" sur mes bouteilles. Puis, cette possibilité ayant disparu, mon client a laissé tomber cette mention. Il l'a fait aisément vu qu'elle était peu comprise par les consommateurs. »

Pour continuer à se distinguer, Daniel Duperret s'est investi dans Qualenvi. Mais il a dû se rendre à l'évidence : cette démarche n'est pas mieux comprise que l'agriculture raisonnée. Il a donc décidé de miser sur la HVE. « J'en ai parlé à mon client qui a accepté de me suivre car la grande distribution attend ce type de mention », souligne le vigneron. En grande surface, Château Combet affiche 7 €/col en moyenne, soit 1 € de plus qu'un monbazillac classique. Avec la HVE et sa marque, Daniel Duperret espère que l'écart sera maintenu.

5 % de hausse grâce au label

Également basé à Monbazillac, Francis Borderie a profité du label HVE, décroché en 2013, pour augmenter ses prix de vente aux particuliers. À la tête du Château Poulvère (104 ha), il vend 200 000 cols de bergerac et de monbazillac par an, dont 25 % directement aux consommateurs.

« Nous avons appliqué 5 % de hausse sur le millésime 2013. Habituellement, nous augmentons nos prix de 1 % par an, explique-t-il. À l'époque, nous n'avons pas fait de mécontents car nos vins avaient aussi remporté moult médailles. »

Cette hausse a compensé en partie le coût de la certification, indique le vigneron qui « passe beaucoup plus de temps à observer les vignes avant de décider de faire d'un traitement ».

Depuis l'an passé, il imprime le logo HVE sur ses étiquettes. Ce motif attire l'attention. « Nous vendons surtout sur des salons. Les gens nous posent énormément de questions sur ce logo. Nous expliquons qu'un papillon y figure parce que nous prenons soin de notre terroir ; que nous avons mis en place des jachères fleuries pour favoriser la biodiversité ; que nous avons fait des économies d'eau... Avant, pour nettoyer les cuves, nous utilisions 2 l d'eau pour 1 l de vin. Aujourd'hui, 0,9 l nous suffit. Et nous recyclons tous nos emballages, l'huile de vidange, etc. »

Pour le moment, le vigneron n'a pas valorisé la certification auprès de sa clientèle professionnelle. Les grossistes, cavistes et restaurateurs, qui absorbent 30 % de sa production, ne le questionnent pas à ce sujet. Idem pour le négoce à qui il vend 30 % de son volume. « Ils s'en préoccuperont à plus ou moins long terme, estime le vigneron. Il s'agit d'une tendance de fond. »

L'essentiel de l'offre

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