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dossier - BONNES PRATIQUES PHYTOSANITAIRES

Outils de sécurité pour l'applicateur

Marianne Decoin* - Phytoma - n°653 - avril 2012 - page 26

Objets matériels et logiciels, de nouveaux outils des bonnes pratiques avant le traitement
Photo en médaillon : rinçage d'écran facial. À noter l'intérêt de cet EPI portable sur demi-masque, lunettes de vue ou rien, pour préparer la bouillie, nettoyer le pulvérisateur ou d'autres tâches (ex. soins vétérinaires). Et aussi l'intérêt de l'hygiène : après usage, il faut rincer les gants encore portés, puis l'écran facial comme ici ou les lunettes de protection, avant d'enlever le tablier (ici, un S-protec), le rincer, puis enlever ses gants et se laver les mains. ph. Syngenta Agro

Photo en médaillon : rinçage d'écran facial. À noter l'intérêt de cet EPI portable sur demi-masque, lunettes de vue ou rien, pour préparer la bouillie, nettoyer le pulvérisateur ou d'autres tâches (ex. soins vétérinaires). Et aussi l'intérêt de l'hygiène : après usage, il faut rincer les gants encore portés, puis l'écran facial comme ici ou les lunettes de protection, avant d'enlever le tablier (ici, un S-protec), le rincer, puis enlever ses gants et se laver les mains. ph. Syngenta Agro

Nouveaux tabliers : à gauche le Phytosur, de Pulvécenter, à droite le Microchem 4000, de Microgard conseillé par Bayer, porté avec masque A2P3 (préconisé pour certains produits) et lunettes de protection. ph. Pulvécenter

Nouveaux tabliers : à gauche le Phytosur, de Pulvécenter, à droite le Microchem 4000, de Microgard conseillé par Bayer, porté avec masque A2P3 (préconisé pour certains produits) et lunettes de protection. ph. Pulvécenter

Nouveaux tabliers : à gauche le Phytosur, de Pulvécenter, à droite le Microchem 4000, de Microgard conseillé par Bayer, porté avec masque A2P3 (préconisé pour certains produits) et lunettes de protection. ph. Bayer CropScience

Nouveaux tabliers : à gauche le Phytosur, de Pulvécenter, à droite le Microchem 4000, de Microgard conseillé par Bayer, porté avec masque A2P3 (préconisé pour certains produits) et lunettes de protection. ph. Bayer CropScience

Dans notre dossier « Bonnes pratiques phytos » de 2011, un article titrait « les OFDI, mais ça existe ! », OFDI signifiant objets facilitants dûment identifiés au service des bonnes pratiques(1). Très mauvais jeu de mots, certes. Au delà, il faut signaler que ces objets se développent. En particulier ceux qui améliorent la sécurité de la préparation des traitements. De plus, à côté de ces équipements matériels, on voit arriver des outils immatériels de sensibilisation et de conseils. Voyons ces outils de l'avant-traitement. Et un peu de l'après.

Commençons par deux catégories d'objets utiles avant d'aller traiter. Déjà citées l'an dernier, elles se sont enrichies. Ce sont les emballages de produits phytos et les tabliers de préparation de la bouillie. Ces innovations permettent une sécurité accrue lors de cette phase de préparation où il s'agit de manipuler des produits encore concentrés.

Emballages, jamais deux sans trois

Gammes « sans opercule »

Le « packaging », c'est-à-dire la façon d'emballer les produits, évolue. En 2011, deux sociétés étaient citées à ce sujet. Syngenta, qui fut pionnière en créant sa gamme d'emballages S-pac en 2008, y conditionnait en 2011 la grande majorité de ses produits liquides. Basf Agro avait lancé sa gamme Ecopack fin 2010.

Les deux gammes partagent une innovation technologique apparemment minime mais à la fois utile et... pas simple à mettre au point. Les opercules, qui assurent l'étanchéité des bouchons avant ouverture mais peuvent être source de contamination lors de l'ouverture même, ont été remplacés par une bague d'inviolabilité et un joint intérieur dans le bouchon.

Ainsi, on n'est plus tenté d'attraper à mains nues ce chromeuleu d'opercule, difficile à détacher mains gantées et souvent souillé de produit sur sa face interne.

Ces emballages présentaient d'autres nouveautés communes (larges bouchons anti-glouglou, parois intérieures lisses et sans angles morts ni même vifs) et certaines spécificités. N'y revenons pas : toutes vont dans le sens de la sécurisation accrue du manipulateur.

Aujourd'hui, ce nouveau type de bidons se développe. Syngenta, après les liquides, l'étend en 2012 à ses produits solides qui sont tous formulés en granulés dispersibles (WG). En mars, déjà deux produits WG étaient disponibles ainsi ; d'autres pourraient suivre rapidement.

Pour sa part Basf Agro vend en 2012 « pas moins de 58 produits différents dans ces emballages », révélait le 26 mars dernier Vincent Jacus, responsable Bonnes pratiques phytos chez Basf. Soit 44 de plus que les 14 de l'an dernier.

Un troisième arrive

Une troisième société, Makhteshim Agan France, s'y met à son tour. En octobre 2011, elle a annoncé lancer une gamme de bidons sans opercules dite SLC (Seal Less Cap).

Au printemps 2012, environ 5 % de ses produits est disponible dans ces emballages. Emmanuelle Clin, responsable communication de l'entreprise, annonce : « Nous planifions d'avoir d'ici 5 ans en emballages SLC la totalité de nos bidons de 5 litres ». Jamais deux sans trois... Quelle société va « faire le quatrième » ?

Tabliers, jamais deux sans... quatre

Tabliers de préparation, quel intérêt ?

Passons maintenant aux EPI – équipements de protection individuelle – avec ceux de préparation de la bouillie de « type 3 » dont certains sont de « catégorie III ». Nous en avions parlé dans le dossier Bonnes pratiques d'octobre 2009(2), continué dans celui de mai 2010(3) puis celui de mai 2011... Sans entrer dans les détails donnés en 2010, rappelons que :

– La « catégorie III » satisfait au niveau d'exigence de la réglementation européenne pour « un EPI normé destiné à protéger des produits phytos », explique Isabelle Delpuech, responsable Sécurité des applicateurs de l'équipe Stewardship de Syngenta, en ajoutant : « Il s'agit du plus haut niveau d'exigence puisqu'il nécessite de certifier à la fois l'équipement et son processus de fabrication » ;

– le « type 3 » correspond à une vraie protection (étanchéité) vis-à-vis des produits liquides ;

– le « type 4 » est étanche aux pulvérisations ;

– tous les équipements dits de « type 3 » cités dans cet article sont aussi de « type 4 ».

Le lancement de ces équipements vient d'un constat en quatre points :

– Une protection de type 3 est utile pour préparer la bouillie : il y a risque de projections de produit encore concentré.

– En revanche, la garder durant le traitement est peu adapté : c'est inconfortable thermiquement (en clair « on crève de chaud là-dedans »), surdimensionné (un type 4 suffit)… et, en plus, des études(4) ont montré qu'une protection souillée lors de la préparation de la bouillie puis gardée durant tout le traitement peut être source de contamination.

– Porter une combinaison complète de type 3 pour préparer la bouillie, puis l'enlever avant d'aller traiter… pas très pratique.

– Le risque de contamination lors de la préparation est surtout au niveau des mains (là, c'est une affaire de gants et d'hygiène, on y reviendra) puis des bras et du devant du corps.

D'où l'idée de créer un tablier de « type PB 3 », PB signifiant « partial body » (protection d'une partie du corps), et qui, par rapport à une combinaison complète, serait à la fois :

– plus facile à mettre par dessus sa tenue, puis à enlever,

– plus confortable thermiquement,

– et tout aussi efficace vis-à-vis des risques réels de contamination.

Histoire du vert…

Syngenta Agro, encore lui, a mis au point et fait certifier un tablier de protection « catégorie III type PB 3 » après tests sur une douzaine de produits phytos représentatifs.

Le 2 juillet 2009, il annonçait à la presse sa certification toute fraîche (« attestation d'examen » délivrée par l'IFTH, Institut français du textile et d'habillement) en présentant ce qui était encore un prototype. Phytoma a annoncé le lancement de ce tablier vert en octobre 2009 et précisé en mai 2010 que l'équipement, nommé S-Protec, est fabriqué en France par la société Manulatex, entité du groupe Bobet, fabricant d'EPI notamment pour l'industrie agro-alimentaire.

En 2011, ce tablier était conseillé par les sociétés Syngenta et Bayer CropScience France ainsi que la MSA. Les tabliers usagés sont, actuellement, les seuls EPI récupérables par le biais d'Adivalor. De plus, jusque fin 2011, c'était le seul équipement de préparation de la bouillie de catégorie III.

… et du gris clair

Par ailleurs, Axe Environnement a lancé, également en 2009, une « blouse de préparation phytosanitaire », elle aussi signalée dans Phytoma en 2009, 2010 et 2011.

Plus couvrante sur les flancs et à l'arrière que le S-protec, cette blouse gris clair n'est que de catégorie I mais son matériau est reconnu « de type 3 » : c'est du Tychem de DuPont. émeric Oudin, Directeur général d'Axe Environnement, souligne : « La certification de la blouse en catégorie III est en cours par DuPont. »

À noter : le S-protec est réutilisable à condition de le rincer après usage et de suite après toute projection, la blouse Axe Environnement est officiellement à usage unique, c'est écrit dessus. Mais E. Oudin signale : « Notre position et celle de Du Pont est de dire que le vêtement est à usage unique par principe de précaution... » mais en fait « à usage limité jusqu'à contamination ». Il conseille « de le laver dès qu'une projection de produit arrive dessus. » ... Dont acte.

Voilà le jaune…

Aujourd'hui, deux autres intervenants s'invitent dans le club des EPI de préparation.

Arrivé sur le marché en 2011, le Phytosur est distribué par Pulvécenter, entreprise par ailleurs agréée pour le contrôle des pulvérisateurs. C'est d'ailleurs son « métier principal avec déjà 4 véhicules équipés de bancs de contrôle mobiles », explique son directeur, Olivier Bonnefond.

Justement, précise-t-il, c'est dans le cadre de ces contrôles « que nos clients nous ont sollicités pour trouver une solution à leur problématique ».

Il s'agit, là encore, d'un tablier à fermeture à l'arrière, couvrant et de « catégorie I, type 3 ».

De couleur jaune vif, il est réutilisable à condition de le rincer juste après chaque utilisation, « en prenant soin de ne pas souiller l'intérieur du vêtement », précise sa notice.

… et le gris-vert foncé

En cours de lancement après présentation aux distributeurs fin 2011, le Microchem 4000 est en 2012 conseillé par Bayer CSF.

Point important, il est de catégorie III et de type PB 3. C'est la société Microgard (ex. Orvec), spécialisée dans les équipements de protection pour l'industrie et le secteur public (médical en particulier) qui le fabrique et l'a fait certifier après tests sur des produits phytos.

En pratique, ce tablier gris-vert est couvrant (« blouse style hôpital ») avec protection renforcée au niveau du cou et des poignets et, comme le Phytosur et le S-protec, de longueur ajustable. Il est réutilisable à condition, là encore, de le laver après toute utilisation et immédiatement en cas de projection de produit.

Points communs aux quatre

Tous ces tabliers ont des points communs.

D'abord ils doivent s'entreposer dans un endroit propre et sec. Et cet endroit, comme pour TOUS les EPI, ne doit pas être le local de stockage des produits phytos. Ce peut être une pièce contiguë (local de préparation).

Par ailleurs, ils s'utilisent pour préparer la bouillie mais aussi pour laver le pulvérisateur. Ce dernier peut être souillé de produits que l'évaporation de l'eau de bouillie peut avoir re-concentrés, même si par ailleurs ils auront, en même temps, été dégradés. Le jet de lavage peut faire rebondir des éclaboussures.

La protection individuelle, c'est également

Bottes, masque, écran, lunettes...

Ceci dit, on l'a lu plus haut, le tablier ne protège pas toute la partie exposée du corps. Pour préparer la bouillie ou nettoyer son appareil, il faut compléter cet équipement.

Du côté des pieds, il faut des chaussures fermées, si possible des bottes rinçables et de préférence en nitrile ; si par accident on fait tomber du produit sur les bottes (quel que soit leur matériau) il faut les rincer à l'eau claire immédiatement ; et là encore on a intérêt à les ôter pour partir traiter !

Du côté du visage, cela dépend :

– pour les produits dangereux par inhalation donc portant sur l'étiquette la mention R 26, très toxique par inhalation, R 23, toxique par inhalation(5), R 20, nocif par inhalation ou bien R37 (irritant par inhalation), il faut un masque à cartouche de type A2P3 c'est-à-dire filtrant les vapeurs (gaz, aérosols) et étanche aux poussières ;

– pour les produits pulvérulents mais pas affectés de ces mentions (ex. certains produits de poudrage des plants de pomme de terre), et pour manipuler des semences traitées, un simple masque à poussière (type P3) suffit ;

– avec un demi-masque (qu'il soit A2P3 ou P3), on conseille des lunettes de protection couvrantes, incassables et antibuée ou, si la forme du masque le permet, un écran facial ;

– on peut aussi porter cet écran pour des produits n'exigeant pas de masque, c'est faisable sur lunettes de vue et cela protège des éclaboussures et projections solides.

Certains de ces conseils sont à lire dans la communication « Bayer Gestes Pro » de 2012, après celles de 2009 à 2011 portant sur les gants, puis les combinaisons, puis les tabliers.

Les gants... mais aussi l'eau et le savon sont des outils de protection !

Enfin, il y a les mains, à protéger en priorité. En effet, elles représentent à elles seules 60 à 80 % de l'exposition cutanée lors de la préparation des traitements. Il faut des gants, mais pas n'importe lesquels : des gants nitriles. Et il ne faut pas les porter n'importe comment.

Car porter des gants est utile si et seulement si on respecte des règles simples :

– ne JAMAIS enfiler des gants sur des mains sales – de produit phyto comme de produit vétérinaire, carburant, terre, particules recueillies en manipulant du bétail, etc. Sinon, les produits chimiques comme les contaminants naturels (bactéries, etc.) mijoteront au chaud, entre gant et peau, en contact direct avec celle-ci et prêts à pénétrer par les pores, écorchures ou crevasses éventuelles... La peau est une barrière, mais pas vraiment étanche ! Il faut TOUJOURS se laver les mains avant de mettre ses gants ; impérativement les rincer à l'eau claire, ensuite si possible les savonner puis les rincer ;

– ne JAMAIS enlever ses gants sans d'abord les avoir rincés à l'eau claire. Sinon, on risque de se souiller les mains à ce moment-là. De plus, les gants réutilisables ne se conservent bien que rincés, sinon les résidus de produits les attaquent sournoisement et les rendent perméables. Et puis laver les gants encore portés est un moyen efficace et pratique de bien le faire sans se souiller les mains. Répétons-le, il faut donc TOUJOURS laver ses gants avant de les ôter ;

– ne JAMAIS partir vers une autre occupation même une petite pause, ni répondre au téléphone portable, sans s'être rincé les gants et si possible les avoir enlevés.

Et ensuite… TOUJOURS se re-laver les mains après avoir ôté ses gants.

De même, il faut aussi rincer son écran facial (photo p. 26) ou ses lunettes de protection.

Bref, l'eau et le savon sont des moyens de protection de l'utilisateur efficaces. Leur usage est une bonne pratique phytosanitaire !

Pas seulement phyto, et promu par neuf partenaires

Pas seulement phytosanitaire, du reste, mais aussi d'hygiène générale : les substances nocives, qu'elles soient chimiques ou naturelles comme les « microbes » agents de zoonoses par exemple, ce n'est pas ce qui manque dans une cour de ferme.

On comprend pourquoi le lavage des mains est le thème du troisième épisode (jamais deux sans trois !) de la campagne pour les bonnes pratiques menées par un collectif de neuf organisations agricoles. Rappelons leurs noms, par ordre alphabétique : Adivalor, Agriculture et territoires (ex-APCA), Coop de France, FARRE, FNA, FNSEA, InVivo, Jeunes agriculteurs (ex- CNJA) et UIPP.

L'épisode précédent concernait la protection des yeux, et le premier, déjà, celle des mains. Mais il donnait des conseils généraux et un post-test avait montré que, si l'intérêt des gants avait été perçu, celui des règles d'hygiène l'était moins. L'épisode 3 remédie à cela.

Pas des objets, mais des outils

Le « 7 mn chrono »

Après les objets, passons aux « modes d'emploi des phytos ». Les sociétés fabricantes en réalisent, d'une part sur la surface limitée des étiquettes. Par exemple, « Syngenta passe toutes ses étiquettes au crible de ses experts stewardship » afin qu'elles portent des recommandations adaptées à chaque produit, explique I. Delpuech. Mais il y a d'autres outils d'information/ conseils sur les bonnes pratiques pour la sécurité des utilisateurs.

Ainsi, Syngenta a mis au point un didacticiel rapide, en accès libre sur son site www.syngenta. com et pointant en « 7 mn chrono » les bonnes pratiques en matière de sécurité de l'applicateur. Il entame sa troisième année de consultation mais n'a pas pris une ride.

Educ'risk, nouveau logiciel interactif

Basf, qui avait déjà réalisé les livrets « antisèches phytos » et le logiciel interactf « Éduc'phyto », a travaillé avec l'Irstea sur un autre logiciel interactif nommé « Éduc'risk ».

Différence entre les deux ? Le premier part de la loi et cible l'ensemble des pratiques, le nouveau part de l'observation des pratiques et cible les risques pour l'applicateur.

Éduc'phyto informe de l'impact, sur les pratiques phytosanitaires, des réglementations survenues à partir de l'arrêté de septembre 2006(6). Il identifie les situations non conformes et présente les bonnes procédures à suivre.

Éduc'risk se base sur l'idée que, citons la communication au colloque AFPP « Techniques d'application » 2012(7) de V. Jacus (Basf) et Sonia Grimbuhler (Irstea), « il n'y a pas de solutions toutes faites (…) C'est par l'analyse des risques sur sa propre exploitation que l'agriculteur peut mettre en place les mesures de protection individuelle les plus adaptées ».

Le logiciel propose aux agriculteurs un entraînement ludique sur ferme virtuelle avant de se pencher sur leur propre cas.

Pour co-construire l'outil, les deux partenaires ont sélectionné 18 situations à risque à partir des travaux effectués par l'Irstea (à l'époque on disait Cemagref) pour évaluer les expositions des agriculteurs aux produits phytos. Des microscénarios ont été établis et 27 courtes vidéos filmées sur le terrain pour les illustrer.

Pour l'utilisateur, les deux logiciels ont le même principe de fonctionnement :

– d'abord un jeu de « chasse aux risques » : leur identification sur une ferme virtuelle, façon « Où est Charlie ? » ;

– ensuite la découverte des messages de gestion du risque, soit lancés par le formateur (version « formateur » pour animer des groupes) soit lancés automatiquement dans la version « individuelle ».

« Educ'risk sera installé dans le courant de l'année sur le site Basf », promet V. Jacus. En attendant, on peut déjà jouer avec la version individelle d'Educ'phyto qui y est disponible gratuitement : www.agro.basf.fr.

Gestes pro online, ses EPI choisis en 4 clics

Troisième société à citer : Bayer CSF. L'an dernier, nous annoncions le lancement du site « Bayer Gestes Pro online ». Lancé en juin 2011, il est désormais rodé.

C'est une aide à la décision sur le choix des EPI en fonction du produit que l'on va appliquer. Il suffit d'entrer le nom commercial de la spécialité, puis le type de cultures (haute ou basse, sous serre ou plein champ) et de matériel (il y en a toute une liste). Ensuite le logiciel donne le conseil de choix d'équipements de protection adaptés pour la préparation de la bouillie, puis l'application du produit, enfin le nettoyage du matériel. « 4 clics suffisent pour avoir un conseil personnalisé », précise la société.

De plus, pour chaque équipement préconisé, le logiciel donne ses caractéristiques techniques et les conseils de stockage, nettoyage, entretien. Le tout est imprimable pour aller de l'ordinateur à l'aire de remplissage du pulvérisateur ou l'utiliser en formation.

Un regret : il ne fonctionne que pour les produits de la gamme Bayer…

Pour trouver ce site, c'est simple : aller sur www. bayer-agri.fr puis sur « bonnes pratiques et réglementation ».

<p>* Phytoma.</p> <p>(1) <i>Phytoma</i> n° 644, mai 2011, p. 27 à 31.</p> <p>(2) Des gants aux adjuvants, tout est dans la manière. <i>Phytoma</i> n° 626-627, octobre 2009, p. 26 à 28.</p> <p>(3) Traiter en sécurité, les EPI en question. <i>Phytoma</i> n° 634, mai 2010, p. 32 à 35.</p> <p>(4) Études de E. Garrigou, E. Baldi et P. Dubuc évoquées dans l'article <i>« Traiter en sécurité »</i> de 2010.</p> <p>(5) Il ne reste plus que deux produits dans ce cas dans la pharmacopée française.</p> <p>(6) Arrêté du 12 septembre 2006 publié le 21 septembre.</p> <p>(7) Pour en savoir plus, voir l'encadré p. 12.</p>

Résumé

Plusieurs nouveautés sont apparues depuis un an en matière d'outils améliorant la sécurité des applicateurs de produits phytos lors des opérations à la ferme.

Concernant les emballages sécurisés (bouchons sans opercules, etc.), la gamme SLC, de Makhteshim Agan France s'ajoute aux gammes S-pac, de Syngenta et Ecopack, de Basf Agro signalées l'an dernier et qui se développent.

Concernant les tabliers de préparation de la bouillie (et de nettoyage du pulvérisateur), le Phytosur, de Pulvécenter ainsi que le Microchem 4000, de Microgard conseillé par Bayer CSF s'ajoutent au S-protec, de Manulatex conseillé par Syngenta et à la blouse d'Axe Environnement conseillée par Basf Agro.

Concernant les autres EPI utilisables à la ferme, un tour d'horizon est fait sur les bottes, masques, lunettes de protection, mais aussi les écrans faciaux. Concernant la protection des mains, l'intérêt des gants est souligné mais aussi celui des règles d'hygiène (lavage des mains et des gants) en lien avec le lancement, en 2012, d'une campagne de sensibilisation par neuf organisations agricoles.

Trois outils immatériels sont signalés : le didacticiel de Syngenta, le nouveau logiciel interactif Educ'Risk, de Basf Agro et l'Irstea, et le nouveau site Gestes Pro on line, de Bayer CSF.

Mots-clés : bonnes pratiques phytosanitaires, produits phytopharmaceutiques, sécurité des applicateurs, emballages, EPI (équipements de protection individuelle), tabliers de préparation de la bouillie, bottes, masque, lunettes, écran facial, gants, hygiène, logiciels.

L'essentiel de l'offre

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