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Adjuvants Au cas par cas

La vigne - n°6 - mars 2012 - page 80

Les adjuvants ont chacun des propriétés bien définies visant à améliorer l’efficacité des traitements phytosanitaires. Leur intérêt ne fait pas l’unanimité, mais leur utilisation en viticulture progresse.

Quel est leur intérêt ?

} Les adjuvants sont des préparations extemporanées que l’on mélange aux produits phytosanitaires dans le but d’améliorer l’efficacité des traitements.
« Les adjuvants permettent d’augmenter les performances et la régularité des résultats », indique Alain Querrioux, responsable activité agricole chez Action pin et président de l’Association française des adjuvants.

« Les produits phytos contiennent déjà des coformulants et des surfaçants, mais ces composés ne sont pas suffisants, surtout en viticulture où la pulvérisation est plus délicate car elle est horizontale et nécessite, pour les traitements fongicides, de cibler le cœur de la grappe, explique Patrick Debat, directeur opérationnel d’Agrydine. Avec les adjuvants, les gouttelettes atteignent mieux leur cible et elles y restent. »

Comment les choisir ?

} Pour être homologué, tout adjuvant doit prouver ses performances parmi sept propriétés : amélioration de la qualité de bouillie (antimoussant par exemple), amélioration de la qualité de pulvérisation (limitation de la dérive), augmentation de la rétention de la bouillie par la végétation, augmentation de l’étalement, amélioration de la pénétration, maintien des propriétés de la préparation (humectation, résistance aux UV) et réduction du lessivage. Chaque adjuvant est homologué pour un ou plusieurs types de bouillies (herbicide, fongicide, insecticide, régulateur).

« L’adjuvant polyvalent n’existe pas », prévient Patrick Debat. Il faut le choisir en fonction du type de traitement que l’on a à réaliser et du produit phytosanitaire. « Pour un traitement herbicide, la réduction de la dérive est très importante et nécessite donc un adjuvant assurant une bonne qualité de pulvérisation et grossissant la taille des gouttes. Si la bouillie doit adhérer sur les grappes et pénétrer entre les baies, on doit choisir un bon rétenteur », note Alain Querrioux. « Pour un produit de contact, il est nécessaire de protéger toute la surface des organes et on recherchera un adjuvant augmentant l’étalement. Pour un systémique, les adjuvants pénétrants sont plus indiqués », souligne Patrick Debat.
Les conditions climatiques doivent aussi entrer en ligne de compte dans le choix de l’adjuvant. « En cas de pluie, on optera pour un adjuvant sticker qui réduira le lessivage », préconise Alain Querrioux. « Un adjuvant humectant est préférable en condition d’hygrométrie basse », complète Patrick Debat.

Permettent-ils de baisser les doses de produit phytosanitaire ?

} Pour Patrick Debat,
« il est impossible d’affirmer cela de façon générale. Dans l’absolu, on peut réduire les doses en utilisant un adjuvant, mais cela nécessite d’être très pointu techniquement. »

Sébastien Debuisson, du Comité interprofessionnel du vin de Champagne, est lui aussi prudent sur le sujet. « Lors de nos essais il y a quelques années, nous n’avions pas constaté de gain significatif d’efficacité en cas d’utilisation d’adjuvants associés à des matières actives en sous-dosage lors de traitements antibotrytis et antimildiou. »

Cependant, employer un adjuvant pourrait être intéressant pour un traitement herbicide. « On peut associer des produits comme Genamin ou Stimul à du glyphosate bas de gamme et sous-dosé, poursuit Sébastien Debuisson. On recrée ainsi un produit haut de gamme. Économiquement, le gain n’est pas négligeable si les surfaces traitées sont importantes. Mais il faut bien régler son pulvé. » Alain Querrioux indique pour sa part que « les adjuvants peuvent être intégrés dans des stratégies de modulations de doses et de réduction d’IFT. Plusieurs essais d’instituts techniques l’ont montré. »

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