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Des récoltes inégales

La vigne - n°88 - mai 1998 - page 0

Dans l'hémisphère Sud, les vendanges se terminent. Tandis qu'en Argentine, la pluie perturbait les opérations, les néo-zélandais ont connu une année exceptionnellement sèche et ensoleillée.

En Nouvelle-Zélande, on n'hésite pas à parler de l'année du siècle pour les sauvignons. Après un été chaud et sec, les vendanges ont démarré avec deux ou trois semaines d'avance par rapport à la moyenne. De bonnes concentrations en sucre, très peu de maladies, un niveau d'acidité un peu inférieur à la normale caractérisent ce millésime. Les volumes produits restent stables.En Australie, la pluie est venue perturber la récolte. ' Les vendanges ont duré longtemps cette année car nous avons commencé tôt et fini tard. En effet, nous avons dû nous arrêter la deuxième semaine de mars à cause de la pluie. A ce stade, les blancs étaient déjà récoltés. Les vins rouges seront de qualité hétérogène. Ceux qui ont eu le courage d'attendre en seront récompensés car nous avons pu atteindre une maturité parfaite. Ceux qui ont eu peur et n'ont pas arrêté de récolter pendant les pluies auront certainement des problèmes ', raconte un vinificateur du secteur de Margaret River, pointe sud-ouest de l'Australie. Même écho dans le vignoble de Coonawara, situé au sud-est de ce gigantesque pays. Quantitativement, la récolte reste dans la moyenne, avec une légère baisse de production sur les cépages blancs de base destinés à la production de vins ordinaires.En Afrique du Sud, la récolte s'annonce plus faible de 8 % que l'an dernier. Des températures basses en 1996 auraient perturbé l'initiation florale avec, pour résultat, des grappes moins nombreuses et plus petites. La chaleur de l'été 1997-1998 a provoqué un stress hydrique et gêné la croissance des baies. Enfin, certains secteurs comme Breede valley ont subi des gelées de printemps (en octobre). 1998 sera donc une année de petite récolte, saine et concentrée. ' Les rouges se caractérisent par leur concentration et leurs belles couleurs. Quelques problèmes de blocage de fermentation ont été signalés, probablement liés à l'importante teneur en sucre du raisin. Les sauvignons pourront manquer un peu d'arômes du fait des fortes chaleurs mais les chardonnays s'annoncent excellents ', constate un oenologue.' En février, nous avons eu dix-sept jours de pluie consécutifs. Du jamais vu ', s'exclame un propriétaire argentin. Cette climatologie exceptionnelle serait due au Niño, cette bande d'eau chaude présente à la surface de l'océan et qui, selon sa taille, peut perturber la météo de façon considérable. Ces pluies ont posé des problèmes pour la récolte des variétés blanches, qui se déroule en général à cette période. Dans certaines zones, le botrytis s'est mis de la partie. D'autres ont eu droit à la grêle. Sur rouges, les choses se sont mieux passées mais la concentration est moins importante qu'à l'ordinaire.En termes de volume, on enregistre une baisse qui semble assez significative. Cependant, ' les volumes produits sont suffisants pour couvrir la demande intérieure et l'export ', estime un professionnel.Au Chili, la récolte s'annonce un peu plus volumineuse qu'en 1997, principalement du fait de l'entrée en production de nouvelles plantations. Les vendanges ont démarré plus tard que d'habitude et les variétés rouges ont tardé pour atteindre la maturité phénolique. Malgré ces difficultés et en s'armant de patience, les vinificateurs ont, semble-t-il, réussi à redresser la barre et se disent ' finalement satisfaits '!

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