Retour

imprimer l'article Imprimer

archiveXML - 1999

Les vignerons misent sur la charte de qualité

La vigne - n°95 - janvier 1999 - page 0

Depuis deux ans, le marché se redresse pour les vins du pays nantais, après une période de marasme sévère. Devant les problèmes structurels apparus dès 1989, cruellement révélés par le gel de 1991, la chambre d'agriculture, le conseil général et l'Onivins ont commandé un audit de la filière. Les conclusions ont mis en lumière le problème de l'irrégularité de la qualité des vins et le manque de moyens des vignerons pour investir dans la qualité.La profession est en train de réagir : plutôt que d'arracher 2 000 ha comme le préconisait le cabinet de conseil, les vignerons du pays nantais ont choisi de se battre pour leurs produits. Depuis deux ans, une communication originale a été instaurée. Et pour améliorer la qualité des produits, la signature d'une charte de qualité par les producteurs est en cours. Rédigée avec la collaboration des professionnels de la filière, cette dernière donne un ensemble de ' pistes '. Sa signature est la condition sine qua non pour bénéficier des financements accordés par les pouvoirs publics et les collectivités locales, pour une durée de cinq ans, et destinés à l'améliorer les équipements.Thierry Gex, chargé à l'interprofession de la mise en place de cette charte, relevait début décembre près de 500 signatures, sur un millier de producteurs du pays nantais dont la vigne est l'activité principale. ' Depuis les mois de juin et juillet, nous avons commencé à constituer les premiers dossiers de demandes de financements pour l'année 1999. Je suis actuellement 120 dossiers, représentant un investissement total de 15 à 16 millions de francs, et pour lesquels nous avons obtenu une enveloppe globale de 3,5 millions de francs. Ces achats concernent essentiellement les pressoirs pneumatiques, les groupes de froid ou la rénovation des cuveries ', explique-t-il. Le budget global estimé à la suite de l'audit s'élevait à 560 millions de francs d'investissements, échelonnés sur cinq ans. Le total des aides devait, quant à lui, atteindre 152 millions de francs.L'effort se poursuit donc, après les nombreuses améliorations, l'année dernière, concernant les conditions d'agrément (obligation d'un plan de cave visé par l'agent de prélèvement, formation des jurys) et de suivi des volumes commercialisés (prélèvements dans les linéaires). Et il commence à porter ses fruits, puisque les marchés retrouvent une certaine sérénité.' Nous avons récupéré un certain équilibre dans la démarche commerciale, estime Gérard Vinet, président de l'interprofession. Les prix vont mieux, mais peuvent poursuivre leur augmentation. Dans le vignoble, le moral est meilleur, avec la prise de conscience que le Muscadet a sa place au sein des appellations françaises. 'L'enregistrement des ventes directes et des achats au négoce témoigne d'une progression de l'appellation Muscadet sur lie, tant en volume (8 %) qu'en valeur (0,4 %), sur la campagne 1997-1998 par rapport à la précédente. Pour Jean-Pierre Méchineau, président du syndicat, le ' sur lie ' est appelé à se développer.' La commercialisation était de 188 000 hl en 1995-1996; elle est passée à 270 000 hl en 1997-1998. Elle devrait pouvoir atteindre 300 000 hl en 1999. Les volumes commercialisés et les prix augmentent, les stocks s'équilibrent ', ajoute-t-il. Quant aux appellations Muscadet et Sèvre-et-Maine, les volumes commercialisés sont en baisse, mais les prix augmentent respectivement de 37 et 39 %.A plus long terme, la segmentation de l'offre des muscadets devra être revue. Pour atteindre cet objectif, le syndicat réfléchit à une hiérarchisation des appellations : les productions de ' sur lie ' seraient réservées, dans l'avenir, aux appellations régionales, Sèvre-et-Maine, côtes de Grandlieu, coteaux de la Loire. L'Inao quant à lui s'attaque à la redélimitation des aires d'AOC : celle des côtes de Grandlieu a été effectuée, restent les zones des coteaux d'Ancenis, des coteaux de la Loire et du Sèvre-et-Maine, représentant à elle seule 80 % de la production. Cette redélimitation devrait être achevée vers 2004.Dans le pays nantais, 80 % de la production sont traditionnellement mis en marché par le négoce. Comme dans les autres régions de Loire, la tendance actuelle du négoce est de remonter vers l'amont, en créant des centres de vinification et en développant l'achat de raisin et de moût. En 1994, cette pratique était peu répandue, puisque les achats de vendanges fraîches et de moûts représentaient 3 000 hl, contre 100 000 hl en 1998. L'Onivins d'Angers estime que ces centres de vinification auront une capacité totale de 200 000 hl lorsque les investissements seront opérationnels.Par ailleurs, la coopération, très peu développée en pays nantais (elle représentait, en 1996, 2 % des volume commercialisés, contre 15 % dans les départements du Val-de-Loire) tend à gagner du terrain. A la cave des vignerons de la Noëlle (Ancenis), qui vinifie 35 000 hl de vins de Nantes et d'Anjou et commercialise entièrement en bouteilles, le directeur, Jean-Louis Déjean, note une croissance des apports et des adhésions, soit 20 % de volumes supplémentaires ces deux ou trois dernières années.Des groupements d'intérêt économiques se sont créés et certains demandent le statut de coopérative. C'est le cas du GIE du Haut-Bois, au Landreau. Le président, Jean-Marie Castagnet, explique : ' Notre GIE regroupe quatorze adhérents, avec un potentiel total de 500 ha, dont 100 ha vinifiés dans notre structure commune '. Les vignerons du Haut-Bois et un autre GIE de Loire-Atlantique attendent d'obtenir le statut de coopérative.

Cet article fait partie du dossier

Consultez les autres articles du dossier :

L'essentiel de l'offre

Voir aussi :