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archiveXML - 1999

L'Institut à cheval sur ses principes

La vigne - n°97 - mars 1999 - page 0

Nombreuses expérimentations menées dans les appellations, agriculture biologique et OGM : à travers ces trois dossiers, le comité national de l'Inao a voulu montrer qu'il était partisan de la rigueur.

Le traditionnel comité national de l'Inao de début d'année, qui s'est déroulé les 10 et 11 février, a été marqué par des prises de position quasi doctrinales de la part de l'Institut. Comme si cet organisme, parfois ballotté, ressentait le besoin de s'affirmer, voire de démontrer qu'il est inflexible... Premier problème abordé : les expérimentations menées au niveau des conditions de production dans de nombreuses appellations. ' Il y en a trop, sans cohérence, et nous ne sommes pas toujours au courant. On veut y mettre de l'ordre, a expliqué en substance Jérôme Quiot, le président du comité des vins et eaux-de-vie. On se demande où est l'utilité de certaines expérimentations; parfois des exploitations entières sont sous ce régime. Les bilans ne sont pas toujours faits et des dérogations s'éternisent. ' Dans le collimateur aussi, certains domaines appartenant à des centres de recherche qui vendent, sous couvert de l'appellation, des vins ne répondant pas aux conditions de production légales. Au total, il s'agirait de ' volumes non négligeables '. Au-delà des écartements ou des modes de taille par exemple, l'Institut est très réservé sur l'expérimentation de nouveaux cépages : ' Ceux qui voudront en essayer le feront dans le cadre de vins de table '. Difficile d'être plus clair... et plus pénalisant en termes de revenus. Autant dire que l'Inao aime camper sur ses positions.Pour les OGM (organismes génétiquement modifiées), sujet largement débattu dans le monde agricole, l'Inao a, sans surprise, adopté une position de grande prudence ' mais pas de refus '. Si la viticulture est moins concernée que d'autres cultures, il existe déjà des porte-greffes génétiquement modifiés, en terre. Seule décision de principe : ' Si un jour, un cépage reconnu est manipulé pour lui procurer telle ou telle caractéristique, il devra changer de nom '.Troisième point : la viticulture biologique. ' On ne veut pas de plusieurs types d'appellation (bio, intégrée...), sous-entendant que celle qui n'aurait pas un signe distinctif serait sale et polluante. Le bio ne doit pas accaparer l'exclusivité du propre, indique-t-on, avant de rappeler que le vin biologique n'est pas reconnu par les textes européens '. Un rapport précis sera remis par la commission d'enquête en charge du sujet lors du Comité national de mai prochain.Pour la campagne 1999-2000, l'Institut a autorisé 5 600 ha de droits de plantation. Ce chiffre était de 4 800 ha pour 1998-1999. Le droit à la croissance et le lâchage de lest continuent donc à être la ligne politique directrice de l'Institut en la matière. Il faut dire que les demandes des syndicats se sont élevées à 7 300 ha : ' Nous avons compressé avec les tableaux de bord ' explique un responsable... qui reconnaît cependant une certaine part de ' pifomètre '. ' Nous demandons toujours des droits nouveaux à Bruxelles ' (voir page 20), sachant qu'il est de plus en plus difficile de trouver des droits par transfert.

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