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VIGNE - Les sièges de taille : un soulagement pour le dos

Les électriques Des tout-terrains à tous les prix

MARTIN CAILLON - La vigne - n°270 - décembre 2014 - page 46

Humeau. La gamme la plus fournie

Avec quatre modèles, Humeau propose la gamme la plus étoffée de chariots électriques. Elle comprend trois modèles à trois roues, Miniscoot, Scootéco et Topscoot, et un modèle à quatre roues, Fourscoot.

Le modèle d'entrée de gamme Miniscoot est doté d'un moteur de 600 watts avançant à 4,5 km/h maximum. Il se dirige à la main, à l'aide d'un levier, ou avec les pieds, posés sur les étriers. Il est équipé de trois roues agraires de 420 mm de diamètre et d'un siège baquet, réglable en hauteur, monté sur glissière. Ce dernier permet de tailler en position assise, face au cep, ou, en adaptant un support, d'ébourgeonner assis au ras du sol, dans le sens du rang. Humeau propose, à 4 200 euros, une version Miniscoot+, qui dispose en plus d'un marchepied et d'un système de guidage (voir photo).

Le Scootéco est mieux équipé. Le châssis est pourvu d'une correction de dévers et accueille le marchepied et le guide automatique de série. Le moteur, d'une puissance de 700 à 1 000 watts, accepte jusqu'à 30 % de pente. En option, le Scootéco peut recevoir une cabine amovible, repliable et tournante, un « kit duo » pour travailler en binôme, ou encore se transformer en brouette.

Le Topscoot est, lui, le modèle à trois roues le plus perfectionné. Il dispose de batteries de plus forte intensité (118 A). Il est équipé d'une grande roue directrice (570 mm de diamètre) et de deux sièges baquets, un pour la taille, l'autre pour l'ébourgeonnage. Les sièges bénéficient d'un réglage pour conserver l'horizontalité dans les vignes en pente.

Vendu au même prix et pourvu des mêmes équipements que le Topscoot, le Fourscoot présente deux petites roues (300 mm de diamètre) à l'avant, dirigées à l'aide d'un guidon. Les scooters Humeau ont, selon le constructeur, jusqu'à trois jours d'autonomie de travail sur terrain plat. Leurs batteries supportent de 1 000 à 1 200 cycles à 80 % de décharge.

Le Gaec de la Grappe d'Or, qui exploite 70 ha de vignes, à Lugny (Saône-et-Loire), a acquis trois chariots Humeau : un Fourscoot à quatre roues, un Scootéco et un Topscoot, à trois roues. « Les hommes étaient réticents lors de l'achat du premier siège, se souvient Marie-Claire Gayet, l'une des associés. Mais ils y ont pris goût. Ils n'ont émis aucune réserve pour l'achat du troisième. » Les membres du Gaec s'en servent pour épamprer et ébourgeonner. « Pour tailler et pour plier, on perd trop de temps. On avance plus vite à pied. » Elle souligne que « les chariots à trois roues sont plus stables, surtout le Topscoot avec sa grande roue avant. Le Fourscoot, en revanche, passe mieux sur des sols travaillés ». Ces petits engins lui servent aussi comme transporteurs. « On a aménagé une caisse sur le support de la batterie pour stocker les pieds morts et transporter les jeunes plants et les protections. »

Un petit bémol pour le guidage automatique. « On s'en sert peu, concède la viticultrice, car notre vignoble comporte beaucoup de pieds manquants. Parfois, la perche de guidage passe entre les pieds. » Selon elle, le siège pour l'ébourgeonnage pourrait être plus confortable : « On sent bien les secousses même dans les rangs enherbés. »

Roland Chevalier, de l'EARL Le Clos de l'Alma, à Saint-Florent-le-Vieil (Maine -et-Loire), est équipé de deux Topscoot, achetés en 2010 et 2012. « Mon salarié et moi avons des problèmes de dos. Si je n'avais pas de siège, je ne pourrais plus tailler. Aujourd'hui, je ne me rends plus compte que je taille. Le chariot est super confortable. Il est robuste, maniable et polyvalent. Le dossier du siège maintient bien le dos quand on avance dans le sens du rang. La cabine, qui tourne avec le siège, permet de toujours se placer dos au vent. La batterie a une bonne autonomie. On les conduit quatre jours sans recharger. Le guidage automatique est bien. On se tient toujours à la même distance du cep. Si c'était à refaire, je l'aurais acheté trente-cinq ans plus tôt. »

Roland Chevalier cultive dix hectares enherbés un rang sur deux. Il utilise ses chariots pour la taille, l'épamprage, l'ébourgeonnage et parfois l'éclaircissage. « Ils passent aussi bien dans les rangs enherbés que ceux travaillés avec des disques, ajoute-t-il. Certes, l'investissement est important, près de 7 000 euros pièce. Mais je l'utilise 600 heures par an. C'est 100 de plus que mon tracteur. »

Zallys. Un quatre-roues pour les vignes enherbées

Le constructeur italien Zallys propose le Jay, un minitracteur électrique à quatre roues. L'engin, commercialisé en France par Tractodiff, se décline en deux versions : Jay 600 (la puissance en watts du moteur) et Jay 800 (porté cette année à 1 000 watts). Ils sont chaussés de deux roues arrière agraires et de deux roues avant dirigées par un guidon. Le siège est réglable en hauteur et pivote pour travailler en position frontale, latérale ou en diagonale. La vitesse maximale est de 4 km/h (600 W) ou 5 km/h (1 000 W). Le Jay peut accueillir un guide automatique sur le rang, un plateau de transport avec un guidon ou un kit de désherbage. Le constructeur propose en option un second siège, adaptable à l'avant ou monté sur un chariot annexe attelé à l'arrière, ainsi qu'une cabine et un parasol.

« C'est génial cet outil ! », s'exclame Jean-Marie Teysseire, du Domaine de Chaban, à Cornas (Ardèche). Il a acheté un Jay 800 il y a sept ans après un accident de moto lors duquel il s'est fracturé une vertèbre. Il travaille 4 ha de vignes, dont les deux tiers en terrasses. « C'est le meilleur investissement que j'ai fait jusqu'à présent. On n'a plus le dos plié. Le siège est assez confortable et avec les pneus basse pression, à 2 km/h, on ne sent pas les secousses. Pour épamprer, je m'en sers seul. Pour enlever les entre-coeurs, on monte à trois sur l'engin, deux personnes étant assises sur le plateau derrière le chauffeur. Nous travaillons alors de chaque côté du chariot, deux rangs par passage. Je l'utilise aussi pour effeuiller et vendanger en vert. Mais pas pour la taille car on ne peut pas tirer les bois en même temps. Même si l'on travaille confortablement, il vaut mieux faire régulièrement une pause comme sur l'autoroute. »

Le vigneron émet cependant une réserve sur la garde au sol du Jay. « Elle est assez limitée, du coup elle pourrait poser un problème dans des rangs travaillés. »

Jean-Claude Jamet, du Gaec du Montelier, à Chavanay (Loire), est un peu plus tempéré. Il possède un Jay 600 depuis 2008 avec lequel il taille, ébourgeonne et effeuille 5 ha en AOC Saint-Joseph. Dès la première année, il a passé 340 heures assis sur cet engin. « C'est un investissement important. Mais je suis moins fatigué que lorsque je travaillais avec un siège de ma fabrication. Je n'avance pas plus vite qu'à pied, mais j'ai un meilleur rendement car j'effectue plusieurs opérations en un seul passage. Lorsque je taille, je dépose les gros bois dans la caisse et j'attache les cordons au fil. Au final, je gagne environ 20 % de temps. »

Comme Jean-Marie Teysseire, il regrette que les ressorts de rappel qui maintiennent le guidon bien droit dans l'axe du rang « soient un peu souples ». De ce fait, le chariot dévie facilement s'il heurte une pierre ou une motte. « Il faut avoir en permanence une main sur le guidon pour ne pas aller de travers », souligne-t-il. Et d'ajouter : « Les ressorts, très sollicités quand on braque à fond, ont cassé deux fois. J'ai changé chaque fois la paire. »

Jean-Claude Jamet juge également que « le siège est vraiment dur et qu'il mériterait d'être plus souple ». Hormis ces détails, il projette d'acheter un deuxième chariot Jay. « Je prendrais volontiers une cabine pour me protéger du vent si elle n'était pas aussi cher. »

Moutardier. Un chariot simple, compact et léger

Hervé Moutardier, revendeur et réparateur de petits équipements viticoles, installé à Azy-sur-Marne (Aisne), fabrique un chariot automoteur depuis quatre ans « à la demande et sur mesure », explique-t-il. Le châssis, compact, est formé de tubes d'acier de 330 mm. L'engin, animé par deux batteries au plomb légères, ne pèse que 70 kg. Il est chaussé de trois roues agraires de 350 mm de diamètre. La roue directrice se dirige avec les jambes, calées sur le repose-pieds, ou à la main à l'aide d'un levier. La vitesse (3,5 km/h max) se règle avec un potentiomètre placé sur le tableau de bord. Le chariot peut être équipé, sur demande, de commandes d'avancement au pied et par bouton-poussoir.

Stéphane Colas, viticulteur à Trélou-sur-Marne (Aisne) a taillé et épampré 4,5 ha de vignes l'an dernier avec un chariot Moutardier. Il s'en est également servi pour désherber avec une lance et une cuve embarquée fixée à l'arrière. « Le siège pivotant est pratique et plus confortable que le chariot maison que j'utilisais jusqu'alors. Le moteur et la batterie sont costauds et supportent bien mes 110 kg. Le Moutardier est aussi moins cher que certains modèles concurrents. »

Même satisfaction chez William Sinigaglia. Prestataire de service à Essômes-sur-Marne (Aisne), il en a acheté deux exemplaires il y a quatre ans. « Ce sont des chariots compacts qui manoeuvrent bien dans les tournières, précise-t-il. Ils sont faciles à transporter. Ils grimpent bien, s'arrêtent net dès qu'on relâche la commande d'avancement. » Satisfait, il a acquis cette année un troisième exemplaire dont la batterie offre trois jours d'autonomie.

Manufacture du Château de la Prade. Un tricycle à petit prix

La Manufacture du Château de la Prade, société basée en Gironde, commercialise cette année le Trail 2500, un équipement original expérimenté l'hiver dernier.

Avec son cadre en acier thermolaqué et chaussé de trois pneus de BMX, il ressemble à un tricycle. Les deux roues arrière, motrices, sont entraînées par un moteur électrique. La batterie au lithium dispose, selon le fabricant, d'environ deux jours d'autonomie, et peut être rechargée 700 fois. Un guidon dirige la roue avant directrice. Le tout ne pèse que 70 kg.

Le Trail est doté d'un siège réglable en hauteur et pivotant, permettant d'effectuer l'ensemble des façons, dans le sens du rang ou en position latérale. Le châssis accueille deux repose-pieds - des tubes d'apparence assez frêles. L'avancement s'effectue avec la poignée droite du guidon ou à l'aide d'un bouton-poussoir avec le genou. Originalité, le Trail 2500 atteint 15 km/h, mais n'est pas homologué sur la route.

Stéphane Savigneux, gérant du Château d'Eyrans à Saint-Médard-d'Eyrans (Gironde) a accueilli le prototype du Trail 2500. « L'appareil a fait une démonstration sur quelques rangs seulement. Il paraît léger et sa conception simple est plutôt astucieuse. Les grandes roues devraient bien passer les obstacles. Il va vite, ce qui sera pratique pour se déplacer d'une parcelle à l'autre. Mais l'avancement se fait au coup par coup. Je préférerais qu'il soit continu, avec une possibilité de débrayage. Quant au prix, il est raisonnable. »

Luc Planty, chef de culture au Château Guiraud, l'a eu trois jours à l'essai l'hiver dernier. « Certains salariés étaient réticents pour l'essayer mais, au final, tous ont trouvé que ça valait le coup et pensent que ce genre d'appareil est bénéfique à long terme. Le châssis a l'air costaud et la batterie a tenu la journée sans problème. Dans notre domaine de 100 ha de vignes, très regroupées, la vitesse est aussi un atout. Il y a encore des choses à améliorer, comme le chariot qui est parfois bancal et qui manque de stabilité. Certains salariés glissent du siège. Le repose-pieds est, aussi, un peu trop près du sol. »

Cet article fait partie du dossier Les sièges de taille : un soulagement pour le dos

Consultez les autres articles du dossier :

HUMEAU / Miniscoot (photo), Scootéco, Topscoot (3 roues)

Dimensions :

- longueur : 1 650/1 850/1 600 à 2 300 mm

- largeur : 590/650/650 mm

- garde au sol : 145/120/130 mm

Poids : 135/160/190 kg

Prix : de 3 400 à 4 200 euros le Miniscoot, 5 250 euros le Scootéco, 6 200 euros le Topscoot

Fourscoot (4 roues)

Dimensions

- longueur : 1 700 mm

- largeur : 650 mm

- garde au sol : 120 mm

Poids : 160 kg

Prix : 6 200 euros

Contact : 02 41 75 71 75

ZALLYS / Jay 600 et Jay 1 000

Dimensions : longueur : 1 560/1 790 mm ; largeur : 690/800 mm ; garde au sol : 100/110 mm

Poids : 196/220 kg

Prix : Jay 600, à partir de 6 000 euros ; Jay 1000, à partir de 6 650 euros

Contact : distributeur Tractodiff 04 78 31 53 64

MOUTARDIER / Chariot électrique

Dimensions

- longueur : 1 700 à 1 800 mm

- largeur : 620 mm

- garde au sol : 100 mm

Poids : 70 kg

Prix : 3 400 euros

Contact : 06 84 76 58 20

MANUFACTURE DU CHATEAU DE LA PRADE / Trail 2500

Dimensions : longueur : 1 900 mm ; largeur : 640/750 mm ; garde au sol : nc

Poids : 70 kg

Prix : 1 900 euros avec commande au genou et capote de protection

Contact : 06 16 90 42 98

L'essentiel de l'offre

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