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L'Anjou accentue le contrôle de ses vignes et de ses vins

La vigne - n°117 - janvier 2001 - page 0

La question avait été posée dès 1999 aux producteurs de coteaux de l'Aubance et de Layon chaume : ' Acceptez-vous que des échantillons soumis à l'agrément subissent une analyse par résonance magnétique nucléaire (RMN) ? ' ' Oui ', avaient-ils répondu. En 2000, elle fut posée aux assemblées générales de tous les autres syndicats de liquoreux d'Anjou et de Saumur. A chaque fois, il s'est dégagé une majorité de ' oui '. Cette région est la première qui décide ainsi de lutter avec des moyens modernes contre la surchaptalisation.Dans le courant de l'été, les syndicats avaient également décidé de relever d'un point le degré minimal à la récolte. Ils ont dû se raviser. En raison des dépressions successives qui ont inondé les vignes, l'effort a été ramené à un demi-point. ' Il ne faut pas voir cela comme une reculade, insiste un responsable professionnel. C'est bien une avancée car nous avons réussi à relever le degré, alors que la météo était extrêmement défavorable à une telle décision. 'Pour beaucoup, ces deux mesures sont l'aboutissement de progrès dans la conduite des vignes qui sont appelés à se poursuivre. L'Inao et les responsables professionnels ont en effet décidé de renforcer le contrôle des conditions de production. Des commissions et des inspecteurs circulaient déjà dans les crus de Layon, à Bonnezeaux et sur le plateau de chaume. Depuis l'an dernier, ils s'intéressent aussi au vignoble générique. Ils ont déclassé une quinzaine d'hectares en rétrogradant certaines récoltes et en faisant perdre aux autres tout droit à une appellation. Deux propriétés ont reçu la visite d'un agent de l'Inao, accompagné de vignerons de la fédération viticole et d'un technicien de la chambre d'agriculture. Après leur passage, les membres de la fédération viticole ont transmis à l'Institut leur avis sur le sort à réserver à chaque parcelle. ' Nous l'avons suivi ', explique Pascal Drouin, du centre d'Angers. Ces deux domaines devraient bénéficier cette année d'une aide technique. Des agents de l'Inao se sont également rendus seuls sur des parcelles ravagées par le mildiou ou taillées trop longuement. Les premières ne pouvaient plus faire mûrir les raisins qu'elles portaient ; les secondes étaient bien trop chargées. Leurs récoltes ont été déclassées. Selon l'Inao, aucune des décisions prises à l'occasion de ces contrôles n'a été contestée. L'Inao ne s'arrêtera pas là. ' En faisant nos tournées, nous avons vu d'autres parcelles que nous n'avons pas eu le temps de contrôler, souligne Pascal Drouin. Nous les verrons cette année. ' Des agents se rendront dans les chais des vendeurs de moûts pour l'élaboration de mousseux. Ils vérifieront s'ils sont équipés de bascules pour peser leur récolte et si leurs pressoirs à plateaux sont débarrassés de leurs chaînes. Sur le plan commercial, les efforts de la région portent leurs fruits. Les ventes ont battu un nouveau record. Les sorties des chais d'Anjou et de Saumur se sont élevées à 868 000 hl pour 1999-2000, soit deux points de mieux que lors de la précédente campagne. Cette évolution modérée correspond à celle observée pour le saumur rouge et le saumur-champigny, dont les ventes totales et les cours en vrac sont restés pratiquement stables. En revanche, elle masque des mouvements plus importants qui ont affecté les vins d'Anjou, les blancs de Saumur, et les rosés. Les ventes d'anjou blanc ont chuté de 20 % pour atteindre 41 000 hl. Celles d'anjou rouge sont en recul de 10 %, s'établissant à 93 000 hl. La première de ces évolutions résulte de la perte de marchés à l'exportation. La seconde, en revanche, n'inquiète pas grand monde. Les négociants, acheteurs d'anjou rouge, ne se sont pas précipités. Ils avaient à digérer la forte hausse du millésime 1998. Quant aux producteurs, ils rallongent la durée d'élevage de leurs vins. Ils ont aussi vinifié davantage de cabernet-d'anjou, comme le traduit la progression des volumes récoltés. Selon l'interprofession, ce vin doux devient le premier rosé du Val de Loire avec des ventes de 160 000 hl. A 626 F/hl (moyenne campagne 1999-2000), il est aussi le mieux payé du Maine-et-Loire, dépassant de peu le rosé de Loire (621 F/hl) et de beaucoup celui d'Anjou (573 F/hl). Sur le marché du vrac où se réalisent les trois quarts des affaires, ses cours ont progressé de 4 %. Certains devront admettre qu'ils se sont trompés. Il y a peu, ils prévoyaient le déclin de ce vin original. Ils pointaient sa clientèle vieillissante. Ils n'ont pas vu que les opérateurs ont su la rajeunir.

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