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Le joaillier des vignerons

La vigne - n°131 - avril 2002 - page 0

L'art de la joaillerie au service des vignerons, tel est l'objectif de ce créateur installé près de Nantes. Il a déjà réalisé une trentaine de pièces uniques.

'A trente-huit ans, j'ai réalisé l'un de mes rêves. Avoir ma propre collection me permet d'exercer ma passion librement, mais également de rencontrer des gens pour promouvoir mon métier. La joaillerie française est un mythe. Malheureusement, certains ont abusé de cette image et l'ont dévalorisée. ' Quand Jean-Paul Bourdin parle de sa profession, on sent que derrière les mots se cache un esthète. Diplômé de l'école de la rue du Louvre, il a débuté sous la coupe des plus grands ateliers parisiens. Son talent, il l'a mis au service du sultan de Brunei, du roi du Maroc, ou encore de Cartier, avant de tenir son propre magasin L'Atelier du bijou à Nantes (Loire-Atlantique) pendant douze années. Toutes ces expériences l'ont enrichi et ont renforcé sa créativité. De cet amour pour la joaillerie est née, il y a un an, la collection Art de Vigne (c).
' Un jour, une amie, oenologue en Champagne, m'a demandé de lui créer un bijou en forme de grappe, l'emblème de sa famille, car elle n'arrivait pas à en trouver dans le commerce. Cela m'a donné l'idée d'une collection réaliste de bijoux en or, façonnés entièrement à la main. ' Et quel meilleur cadre que celui du vignoble nantais pour trouver l'inspiration ? A nouveau installé à son compte à Haute-Goulaine (Loire-Atlantique), Jean-Paul Bourdin trace, découpe, cisèle et polit broches, boucles d'oreille, pendentifs, épingles à veston, boutons de manchette représentant les feuilles de quatre cépages différents (muscadet, merlot, chardonnay, sémillon), des grappes de raisins ou encore des ceps. Toutes ces oeuvres sont des pièces originales. ' Je ne veux pas réaliser de séries, ni tomber dans le bijou de pacotille, car le bas de gamme existe déjà sur le marché . '
Au départ, la gamme s'adressait uniquement aux hommes désireux de valoriser leur métier auprès du grand public. ' Les vignerons sont intéressés par ce type de bijoux, mais le manque d'information a freiné le succès escompté. '

Les femmes représentant le principal débouché, la gamme s'est donc diversifiée. Actuellement, elle se compose d'une trentaine de pièces uniques qui commencent à trouver des acquéreurs au sein des professionnels du milieu vitivinicole, mais aussi auprès des particuliers. Pour se faire connaître, Jean-Paul Bourdin expose dans quelques salons où il est invité pour agrémenter les stands des vignerons. Ensuite, c'est le bouche à oreille qui prend le relais. Mais pour lui, l'idéal serait d'obtenir le parrainage d'une région viticole. Il met un point d'honneur à faire lui-même la promotion de son travail.
D'ailleurs, c'est en bon pédagogue qu'il explique toutes les ficelles du métier et les étapes nécessaires à la réalisation de ce type d'objets. Patience, rigueur, minutie, réflexion et concentration sont autant de qualités indispensables pour réussir dans cette branche. Et pour perpétuer ce savoir-faire, Jean-Paul Bourdin enseigne trois jours par semaine à l'école où il a obtenu son CAP en bijouterie, il y a maintenant vingt ans.

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