Retour

imprimer l'article Imprimer

archiveXML - 2004

Musée des Arts du cognac

La vigne - n°156 - juillet 2004 - page 0

Ouvert depuis le 26 juin, le musée raconte l'aventure industrielle et commerciale de la liqueur des Dieux.

'Nous souhaitons être didactiques tout en intéressant le plus grand nombre ', indique Laurence Chesneau-Dupin, conservatrice du musée des Arts du cognac. Financé (400 000 euros) par la communauté des communes de Cognac, c'est le premier musée entièrement consacré à cette eau-de-vie. Adossé aux remparts de la ville, il est installé dans un ensemble de bâtiments du XVIII e siècle, où il apporte une touche résolument moderne sur 1 600 m².
Ce musée raconte l'aventure industrielle et commerciale de la ' liqueur des Dieux '. Il guide ses visiteurs à travers son élaboration et les métiers qui s'y rattachent. ' Nous sommes allés demander conseil aux gens concernés, précise la conservatrice. Des viticulteurs nous ont planté les ceps. Des distillateurs ont accepté de dévoiler leurs secrets, construisant avec nous des textes explicatifs. Des tonneliers nous ont prêté de vieux outils, travaillant également avec nous sur les commentaires. Des maîtres de chais nous ont apporté leurs conseils et leurs histoires, afin de réaliser une illustration qui soit authentique. '
Dès l'entrée, on découvre 3 ares de vigne en attente de leur première vendange. Pour l'essentiel, ce sont des ugnis blancs. Tout au long de la visite, des images et des commentaires expliquent comment s'élabore l'eau-de-vie, des émissions sonores et olfactives enrichissent l'ambiance.

Des voix à l'accent charentais parlent du temps, de l'orage, du raisin, tandis que devant un alambic, une autre voix détaille les différents stades de la distillation. Face à d'antiques tonneaux couverts de poussière, éclairés d'une lumière diffuse, on apprend ce que sont la ' part des anges ' ou le ' paradis ', ce lieu presque secret où chaque viticulteur conserve ses plus vieilles pièces, bouteilles ou bonbonnes, toujours clôturé d'une grille soigneusement close. A travers de nombreuses pauses interactives ou de projections vidéos, le néophyte apprend tout : comment se plantent les vignes, dans quelle terre, sous quel climat, comment on récolte le raisin, ce qu'il devient avant de finir en alcool pur. Comment ce dernier, grâce aux barriques, prend son aspect doré au fil des ans. On comprend aussi ce qui différencie le cognac des autres eaux-de-vie, comme le calvados ou l'armagnac. On découvre son économie : 40 000 emplois, 1,2 milliard d'euros de chiffre d'affaires, 130 millions de bouteilles vendues dans 100 pays...

' Nous savons bien qu'il s'agit d'alcool, admet Laurence Chesneau-Dupin . Aussi, le but du musée n'est pas de glorifier l'art de boire, mais celui du savoir-faire. Il est exemplaire, par ses témoignages comme par ses richesses. Nous avons rassemblé plus d'un millier d'objets liés au travail et à l'art du cognac. '
Le musée a été construit en prolongement de l'immeuble Hennessy, lui-même lieu de visite et de dégustation de la maison de négoce. Il se situe dans un quartier de la ville de Cognac à vocation culturelle et mercantile, en passe de devenir le rendez-vous incontournable des touristes attirés par le cognac et ses dérivés. Il fait partie intégrante du centre d'accueil des visiteurs, une sorte de super syndicat d'initiative destiné à mettre les touristes en appétit. L'enjeu n'est pas mince. Il s'agit de mettre en valeur le patrimoine très riche, mais jusque-là trop discret, d'une région d'appellation, peu fréquentée. Le tourisme pourrait devenir le principal vecteur de développement du Cognaçais, pour peu que l'on communique un peu plus.

Cet article fait partie du dossier

Consultez les autres articles du dossier :

L'essentiel de l'offre

Voir aussi :