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L'information et l'union redynamisent l'exportation

La vigne - n°159 - novembre 2004 - page 0

Pour les Vignerons indépendants, la reconquête des marchés export passe par l'accès à l'information et la simplication de la réglementation. Pour le négoce et les coopératives, elle passe par un regroupement des entreprises.

En France, la consommation de vin ne cesse de baisser. Ce n'est pas sur le marché intérieur que les vignerons vont conquérir des consommateurs. Seule porte de sortie : l'export.
Selon le Comité national des conseillers du commerce extérieur de la France (CCE), la consommation à l'étranger devrait augmenter de 11 Mhl d'ici à la fin 2010. Cette croissance devrait porter sur les vins de milieu de gamme à environ 10 euros prix consommateur.
Toutefois, la France manque de compétitivité. Ses parts de marché s'effritent d'année en année. Elle souffre sur les marchés traditionnels européens (Belgique, Allemagne, Pays-Bas), et sur les marchés anglo-saxons (Grande-Bretagne et Etats-Unis), les vins rouges étant les principaux concernés. Comment retrouver une dynamique ?
Pour les Vignerons indépendants de France (Vif), il faut ' professionnaliser ' la démarche export, car elle reste trop souvent cantonnée à des opportunités. Cela passe par une meilleure formation et la mise en oeuvre d'opérations de communication et de marketing. ' On ne s'improvise pas exportateur du jour au lendemain ', rappelle Eric Rosaz, directeur des Vif. Mais pour ces petites structures, la principale difficulté à résoudre est l'accès à l'information. Elle est trop diffuse, partielle, issue de canaux différents (douanes, Ubifrance, interprofession...), compliquée à analyser. De rares régions se sont penchées sur le problème.
En Champagne, le service export du CIVC (Comité interprofessionnel du vin de Champagne) facilite déjà grandement les choses. Il renseigne les vignerons exportateurs sur la réglementation fiscale et douanière française, sur la réglementation communautaire (circulation des marchandises, documents d'accompagnement, normes de contenance, étiquetage, fiscalité...), sur celle des pays tiers en matière de régime des importations, normes de conditionnement et d'étiquetage, droits d'entrée...

En outre, ce service délivre des certificats d'origine et édite des statistiques par pays sur les volumes, les valeurs, les flaconnages, les circuits de distribution. Du coup, Françoise Grasset, assistante export, passe ses journées au téléphone, surtout en fin d'année. Pour éviter d'avoir à multiplier ces initiatives, les Vif demandent la mise en place d'un site portail qui regrouperait toutes les données relatives à l'exportation des vins. Ils souhaitent la création d'un guide pratique qui répertorierait les aides et subventions à l'export et leurs conditions d'attribution, d'un guichet diffusant les conclusions des analyses de marché, et l'édition d'un manuel de procédures : ' Je veux exporter, que dois-je faire ? ' Ils proposent également la création d'une veille sur les opérations de promotions menées en France et à l'exportation. Autre piste explorée par les Vignerons indépendants : la mise en place d'un accompagnement commercial et financier. L'un des volets concerne l'assurance prospection. Ils veulent qu'elle soit mise en place pour les vignerons qui travaillent avec des importateurs récents.

L'Union viticole du Beaujolais (UVB) propose déjà, au sein de sa commission commerciale, depuis 1988, un contrat d'assurance-groupe par assurance crédit. Il permet aux vignerons d'assurer leurs ventes en France et à l'export. L'UVB travaille en partenariat avec Groupama. Cette médiation permet au vigneron de sécuriser ses transactions tout en bénéficiant de tarifs de groupe. Mais, selon les experts, les vignerons indépendants ne peuvent aller que sur les marchés de niche. Les aider c'est bien, mais cela ne va pas résoudre les principales difficultés que rencontrent les opérateurs français. Ceux-ci souffrent d'une trop forte atomisation.
L'union fait la force. L'approche collective de certains marchés fait partie des réflexions des Vif. Du côté du négoce et des coopératives, la question du regroupement est cruciale pour rivaliser avec l'étranger.

En Australie, cinq opérateurs représentent, à eux seuls, 85 % des volumes. Ces bulldozers achètent des mètres de linéaires, font des marges importantes leur permettant de dégager des fonds pour la promotion. En France, les six plus gros opérateurs ne représentent que 20 % de la production française avec, pour certains, une très faible implication à l'export (source CCE). ' A côté des PME, quelques grosses entreprises sont nécessaires. Il faut encourager les regroupements, pour arriver à deux ou trois structures françaises de dimension internationale ', estime Patrick Dhuisme, directeur de la CCVF. Une dizaine de coopératives discutent pour travailler ensemble.
Plus facile à dire qu'à faire, selon le négoce. ' C'est la quadrature du cercle : pour se regrouper, il faut des fonds propres, mais ils sont quasiment inexistants ', considère Bertrand Bonnet, président d'Entreprise des Grands vins de France.
L'autre solution consiste à soutenir les entreprises déjà présentes. Des leaders qui entraîneront d'autres entreprises dans leur sillage.


PLUS
Travailler à l'export permet de profiter de marchés en croissance.
MOINS
Les propriétés sont trop petites pour créer un service exportation, les coopératives et les négoces sont trop petits pour affronter la concurrence dans la grande distribution à l'étranger.

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