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Casse tête pour rendre la distillation ' volontaire obligatoire '

La vigne - n°166 - juin 2005 - page 0

A l'instar de plusieurs responsables nationaux, Denis Verdier, président de l'Onivins, craint que le contingent accordé aux AOC ne soit pas rempli. Il menace de ' coups de ciseaux dans les rendements ' les vignobles qui n'épureront pas leurs excédents

La France a demandé à bénéficier de la distillation de crise pour 2 millions d'hectolitres d'appellation. Ce chiffre a été avancé à partir de l'évaluation des excédents de production qui pèsent de plus en plus sur les marchés régionaux. Au final, c'est 1,5 million d'hectolitres à 3,35 euros/°hl qui a été accordé. Reste à savoir si ce contingent sera bien atteint... Sur ce point, l'ensemble des organisations navigue dans le brouillard. Les experts comme les élus sont dans l'impossibilité d'anticiper le résultat d'une mesure collective qui repose uniquement sur des décisions individuelles. Le problème est d'autant plus complexe que juridiquement, cette distillation est facultative, même si, économiquement, tout le monde la qualifie d'incontournable.

Pour sortir de l'impasse, les responsables professionnels cherchent des outils incitatifs. ' Il faut rendre la distillation volontaire obligatoire ', résume Denis Verdier, président de l'Onivins. Dans cette optique, les régions font plus ou moins preuve d'inventivité. Le Beaujolais veut donner la priorité des aides Bussereau à ceux qui distilleront. En plus des mesures annoncées le 24 mai (voir ci-contre), Inter-Rhône a décidé la suspension de toute libération de vins mis en réserve ces dernières années. L'interprofession demande aux unités de vinification de livrer à la chaudière, au minimum, les volumes correspondant à ces réserves bloquées. Elle a promis, par ailleurs, un contrôle quantitatif et qualitatif de ces vins s'ils ne sont pas envoyés à la distillerie.
Début juin, les regards se tournaient vers les Bordelais. ' Ils sont condamnés à épurer leur marché car, quand la Gironde tousse, c'est tout le vignoble français qui s'enrhume ', note un responsable national. ' Il y a un effet domino certain, affirme un autre. Le prix du bordeaux générique influence les cours des Côtes du Rhône et des appellations du Languedoc. Ces deux vignobles étant mixtes, il y a aussi un impact sur les prix des vins de pays... '.

' Chaque bassin doit être responsable de ses excédents , assure Denis Verdier. Le 15 juin, en conseil de direction, nous allons faire le point sur ce sujet. En fonction de ses surstocks, chaque vignoble va se voir déterminer un objectif de distillation. Ceux qui ne l'atteignent pas risquent fort un coup de ciseaux dans leurs prochains rendements ! ' Pour de nombreux responsables professionnels siégeant à l'Inao, le comité national de début septembre sera l'occasion d'une séance de rattrapage pour rectifier le tir sur les volumes à mettre sur le marché pour la prochaine campagne. Beaucoup espèrent que le vote aura lieu à bulletin secret.






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