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Portes ouvertes : les règles d'or pour réussir

La vigne - n°176 - mai 2006 - page 0

L'organisation de journées portes ouvertes ne relève pas de l'improvisation. Il faut annoncer l'événement, réfléchir à ce que l'on veut montrer aux visiteurs, préparer leur accueil et prévoir de les faire patienter en cas d'afflux. Voici le témoignage de caves rodées à cet exercice.

'Au début, le plus compliqué et le plus coûteux, c'est d'attirer du monde ', assure Julie Campos, directeur général de la Cave des vignerons de Tain-l'Ermitage (Drôme). L'entreprise a inauguré sa première opération du genre les 1 er et 2 avril derniers. Elle a déboursé 15 000 euros pour en assurer la promotion (encart dans la presse, message radio, affichage...). Les 300 viticulteurs adhérents à la cave ont, de leur côté, distribué localement des flyers (petits tracts publicitaires). ' Nous avons ciblé la clientèle de proximité ', poursuit Julie Campos. En deux jours, plus de 1 000 personnes ont foulé le sol de cave !

Dans les Côtes de Bourg, c'est le syndicat viticole de l'appellation qui chapeaute l'organisation des journées portes ouvertes depuis une dizaine d'années. Elles ont lieu le deuxième week-end du mois de mai et réunissent près de 80 vignerons. L'organisme prend en charge la promotion (presse, radio...) et met des dépliants publicitaires à la disposition des viticulteurs. ' Cette promotion collective explique le succès de ces journées ', signale Philippe Bassereau, vigneron à Bourg (Gironde), qui a accueilli, l'an dernier, quelque 400 visiteurs.
D'autres se lancent dans l'aventure en solo. Corine Saint-Mleux, régisseur du Château de Beau-Site, à Portets (Gironde), a investi le créneau voilà cinq ans : ' Nous adressons un carton d'invitation aux 800 clients de notre fichier grand Ouest. La première année, nous avons accueilli 150 personnes, l'an dernier, 300. Elles viennent accompagnées d'amis, de proches... Ensuite, c'est le bouche à oreille qui fonctionne. ' En plus de la découverte du domaine, les visiteurs peuvent admirer des oeuvres d'art et se régaler autour d'un bon repas. Coût de l'opération : 1 500 euros. Ce montant comprend l'envoi du mailing, la nourriture, les bouteilles offertes à la dégustation...

Il faut également organiser le cadre de ces journées. ' Tous les ans, nous essayons de proposer une nouveauté , fait valoir Pierre-Yves Nouet, du Domaine La Cognardière, Le Pallet (Loire-Atlantique). Cette année, nous organisons une randonnée pédestre d'une durée d'une heure trente dans les vignes. '
' Il faut savoir ce que l'on va proposer, ce que l'on va dire sur le domaine, sur les vins... , explique Diane Germain, directeur commercial du Château Bellevue-la-Forêt, à Fronton. L'an dernier, nous avions élaboré un circuit de la vigne au verre, qui s'achevait par une dégustation de fromage et de charcuterie. La visite durait deux heures et les explications sont restées simples, car nous avions affaire au grand public. '
Pour participer, les clients s'étaient inscrits à l'avance. ' Nous avions prévu quatre créneaux sur le week-end, reprend Diane Germain. Cela permet de mieux gérer les groupes et d'éviter de faire attendre. ' A l'issue de cette visite, le château a remis un questionnaire aux participants. Par tirage au sort, ils pouvaient gagner des lots de vins ou un dîner pour deux dans un restaurant gastronomique de la région. Les familles pouvaient faire la visite en calèche.

A Tain-l'Ermitage, le but était ' de créer davantage de complicité avec la clientèle de proximité en expliquant notre métier , indique Julie Campos. Nous n'avons pas recherché la vente. ' La coopérative proposait une visite guidée de son chai d'une demi-heure. Elle avait installé des panneaux et des explications à la portée des grands et des petits. Elle n'avait pas inclus de dégustation dans le circuit, laissant cela au libre choix des visiteurs. Pour 5 euros, les oenophiles pouvaient déguster plusieurs vins de l'Ermitage.
Dans d'autres caves, les portes ouvertes constituent simplement l'occasion de faire découvrir aux visiteurs le nouveau millésime. A leur arrivée, ils doivent être rapidement pris en charge. Il faut donc du personnel, que ce soit des salariés de l'exploitation, des membres de la famille, des amis... ' Il faut prévoir six à sept personnes ', dit Pierre-Yves Nouet.

Certains misent sur des pôles d'animation pour aider les visiteurs à patienter : exposition, dégustation de produits régionaux par des producteurs (huîtres, foie gras...). D'autres privilégient l'organisation de flux dans la cave. Au Château Les Valentines, à La Londe-les-Maures (Var), la dégustation des blancs et des rosés se fait dans le caveau de vente. Celle des rouges a lieu dans le chai à barriques. ' Les visiteurs ne sont pas entassés et dégustent dans des ambiances différentes ', signale Gilles Pons, le propriétaire.
Reste la logistique. ' Il faut prévoir des conditionnements différents, des verres, des carafes ... ', lance Philippe Bassereau. Le pannotage aux abords du domaine, l'aménagement d'un parking doivent être étudiés. Les retombées sont souvent au rendez-vous. ' Les personnes repartent avec une douzaine de bouteilles, en moyenne ', indique Pierre-Yves Nouet. Et s'ils n'achètent pas dans l'immédiat, ils commandent plus tard, pour des occasions particulières.

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