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ACTUS - VOS CONCURRENTS

Argentine : Le vin clé en main

Angeline Montoya - La vigne - n°236 - novembre 2011 - page 34

Avec un peu d'argent, n'importe qui peut devenir producteur de vin.
THE VINES OF MENDOZA. L'un de ces projets offrant aux investisseurs d'acheter un lopin de vigne avec une parcelle constructible, qu'une société cultivera pour son compte. © A. MONTOYA

THE VINES OF MENDOZA. L'un de ces projets offrant aux investisseurs d'acheter un lopin de vigne avec une parcelle constructible, qu'une société cultivera pour son compte. © A. MONTOYA

Vous voulez investir dans un vignoble et produire des vins haut de gamme, mais vous n'avez aucune expérience en viticulture ? Depuis quelques années, des projets immobiliers fleurissent dans la région de Mendoza (ouest de l'Argentine), fournissant des vignes clé en main.

Le principe de base est le même pour tous : des associés achètent plusieurs centaines d'hectares, mettent en place les infrastructures (terrassements, chemins d'accès, puits…), plantent des vignes, construisent un chai et revendent le vignoble par petites parcelles de 1 à 4 hectares, selon les projets. Les propriétaires n'ont à s'occuper de rien : depuis le travail de la vigne jusqu'à la mise en bouteille, tout est inclus dans les charges annuelles.

Certains projets, comme Vigne des Andes, des Français Vincent Chevalier et Bruno Legrand, ou encore Algodon Wines, d'un groupe américain, prévoient un espace sur chaque parcelle pour la construction d'une maison particulière.

300 000 dollars pour 2 ha et quantité de services

À Vigne des Andes, chaque clos couvre 2 hectares et coûte 300 000 dollars. Pour ce prix, un service d'agence immobilière est même proposé à ceux qui veulent louer leur parcelle. Les propriétaires accèdent aussi à un pourcentage des actions de la société, reçoivent chaque années 600 bouteilles personnalisées d'un vin élaboré par une équipe de haut standing, bénéficie d'un espace dans la cave, d'un crédit voyage annuel pour se rendre à Mendoza et d'une semaine dans un hôtel qui sera construit d'ici 2013.

« C'est un projet coup de cœur », explique Bruno Legrand, qui a aussi participé à la création du clos des Sept de Michel Rolland et Jean-Michel Arcaute dans la vallée de Uco. Le public visé ? « Tous les passionnés du vin et de l'Argentine qui veulent produire leur vin, mais qui n'en ont pas le temps », indique-t-il.

The Vines of Mendoza, un autre projet basé à Tunuyan, à 80 km au sud de Mendoza, a envisagé le cas où les actionnaires voudraient élaborer leur propre vin. « Le chai pourra recevoir séparément le raisin des propriétaires pour une vinification personnelle », précise Pablo Giménez Riili, un argentin qui s'est associé à l'Américain Michael Evans pour ce projet. De plus, comme c'est le cas pour la dizaine de projets similaires qui ont vu le jour dans la région, un hôtel et un spa trôneront au milieu des vignes. Où savourer sa production !

CE QUE ÇA VA CHANGER POUR VOUS

L'Argentine assaisonne à une sauce très capitaliste un phénomène qui existe aussi en France. Chez nous, des vignerons proposent à leurs connaissances de prendre des parts dans leur société pour renforcer leurs liens avec eux ou pour leur venir en aide. Les Argentins recyclent ce système pour permettre aux riches d'affirmer leur fortune, plutôt qu'aux amateurs leur attachement à un terroir.

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