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VENDRE - C'est tendance

La seconde vie des douelles de fûts de chêne

Chantal Sarrazin - La vigne - n°242 - mai 2012 - page 64

Rustiques ou contemporains, les meubles en douelles satisfont tous les goûts. Des vignerons les ont déjà adaptés pour leur caveau, d'autres s'en servent pour la déco des stands de salons.

Ils récupèrent, désossent, détartrent et poncent des barriques en fin de vie. Menuisiers, ébénistes ou modeleur ssur bois, parfois en reconversion professionnelle, ces artisans imaginent des meubles et des objets à partir des fûts et douelles en chêne. « C'est un matériau noble, qui provient d'arbres vieux de 300 ans, remarque Brice Maydieu, fondateur de Maydouelle. Or, les barriques pour l'élevage des vins ne sont utilisées que trois à quatre ans. J'ai souhaité prolonger leur vie. » Ces artisans rachètent aux vignerons les tonneaux en fin de parcours. Les tonneliers sont leur autre filière d'approvisionnement. Ils sélectionnent leur matière première. « Je choisis les douelles qui vont servir à la fabrication de mes meubles, indique David Lefort, d'Oak Design. Toutes ne sont pas en bon état. » Brice Maydieu, de son côté, n'utilise que des douelles de 24 mm d'épaisseur. Il les ponce, puis les nettoie à l'eau douce de façon à conserver au maximum leur teinte d'origine. « Nous créons ainsi des modèles uniques », souligne-t-il.

Ils décorent les caveaux des vignerons, mais séduisent aussi les particuliers. David Lefort a ainsi vendu ses premiers fûts de dégustation aux amateurs d'objets écoconçus. Certains développent la vente en ligne. Le chêne revit, y compris sur la Toile !

Barrique meuble Bordeaux ose la couleur

Siège : Ambarès-et-Lagrave (Gironde).

Quinze modèles en collection.

Salon quatre sièges : environ 1 500 euros.

Présentoir : 399 euros.

Bar ou desserte : 299 euros.

Blanc, noir, prune, magenta, vert pomme… sont les coloris des bars réalisés à partir d'une barrique entière, au risque de choquer les puristes du chêne vierge ! Ces bars s'ouvrent à l'aide d'une porte découpée dans le contenant. À l'intérieur, deux étagères pour les verres. « Les vignerons l'utilisent pour la déco de leur cave, mais aussi sur des salons », expose Christophe Garraud, concepteur des modèles de Barrique meuble Bordeaux, créé en 2006. Les cavistes et les grandes surfaces les emploient aussi pour leurs animations. Toujours à partir d'une pièce, le fabricant propose des présentoirs à bouteilles (90 cols). Il réalise aussi des salons. Le domaine de la Chazotte (Loire-Atlantique) lui a commandé un ensemble bar, fauteuils et dessertes.

Oak Design Le moderne

Siège : Rully (Saône-et-Loire).

Dix modèles en collection.

Fût de dégustation : 950 euros.

Lampes : 120 euros.

Comme l'indique le nom de son entreprise, David Lefort recycle les fûts pour créer des meubles aux lignes épurées. Il a lancé sa première collection en 2011. Pièce maîtresse de cette dernière : le fût à dégustation. Il est surmonté d'un premier plateau vitré pour ranger des verres. Au-dessus, un second plateau fait office de bar. Autre objet phare destiné au caveau des vignerons : l'étagère à bouteilles Babel. Elle existe en deux hauteurs : 1,50 m avec une capacité de rangement de 96 bouteilles et 1,70 m pour 112 cols. Dans le même esprit, il a réalisé une bibliothèque et une table basse recouverte d'un plateau en verre. Il conçoit aussi des consoles, des lampes et des tables de chevet. « J'ai commencé à vendre aux particuliers, puis j'ai participé à des salons de vin… Cela m'a valu des commandes de viticulteurs. » La mairie de Rully l'a également engagé pour décorer sa salle des fêtes.

Ils sont aussi dans la tendance… Gérard Busin, le doyen

Siège : La Roche-Clermault (Indre-et-Loire).

Tabouret : 100 euros.

Casier à bouteilles : 350 euros.

En 2002, il a commencé par créer des bacs à fleurs avec des demi-barriques de chêne. Depuis, il n'a cessé d'étendre sa collection : 70 pièces au bas mot ! Tabourets, fauteuils, casiers à bouteilles, étagères, tables de salle à manger, tables basses, bars… donnent un aperçu. La moitié de ses clients sont des vignerons. Il achète 300 à 400 barriques par an à une coopérative du Médoc.

Ils sont aussi dans la tendance… Meubles en merrain, ébéniste de métier

Siège : Allevard (Isère).

Tabouret : à partir de 280 euros.

Support de crachoir : 200 euros.

Mange-debout : 570 euros.

Quand il n'agence pas des cuisines, Roland Pons fabrique du mobilier avec des barriques depuis 2005. Une vingtaine de modèles sortent de son atelier : bars, tabourets, tables, supports de crachoir, présentoirs à bouteilles… et même un comptoir démontable pour les salons. Le domaine Anne Gros, à Vosne-Romanée (Côte-d'Or), lui a commandé une série de tabourets personnalisés pour ses gîtes.

Ils sont aussi dans la tendance… Formotech cartonne dans les salons

Siège : Crissey (Saône-et-Loire).

Bar : à partir de 330 euros.

Philippe Nicolas fabrique des cercles de chauffe. En 2006, il a eu l'idée d'en sertir des barriques auxquelles il laisse quatre douelles pour en faire un bar de dégustation. Il est proposé avec des tabourets équipés de repose-pieds. Les cercles adoptent différents coloris. Les vignerons l'utilisent surtout sur les salons. Un véritable bar de brasserie ainsi que d'autres modèles de tables et tabourets complètent la gamme.

Maydouelle Beaux numéros

Siège : Le Bouscat (Gironde).

Quatre modèles à la vente.

Fauteuil Dantoine : 1 650 euros.

Porte-bouteilles : 69 euros.

Brice Maydieu, fondateur de Maydouelle en 2010, a proposé aux domaines viticoles du mobilier conçu à partir de leurs propres barriques. Les meubles sont numérotés et certifiés. Le château Les grandes murailles, à Saint-Émilion (Gironde), s'est prêté au jeu. Il a confié au jeune homme une vingtaine de barriques de millésimes différents. Elles ont été transformées en huit fauteuils, deux tables de salle à manger et six tables basses. Les propriétaires ont pris deux fauteuils, aujourd'hui installés dans leur caveau. Une pancarte indique que ce sont les fûts du domaine qui ont servi à les élaborer. Elle indique le nombre de barriques et leurs millésimes. Le reste du mobilier a été vendu à des particuliers. Le fauteuil Dantoine, la première pièce de Brice Maydieu, nécessite trois barriques. C'est la pièce la plus demandée… Le porte-bouteilles mural a aussi du succès. L'artisan en vend une dizaine par semaine. Il met en place un réseau de distribution et propose aux domaines viticoles de revendre ses pièces.

225 litres Le goût « nature »

Siège de l'entreprise : Nice (Alpes-Maritimes).

Trente modèles en collection.

Tables : à partir de 350 euros.

Tabouret : à partir de 220 euros.

C'est en travaillant comme caviste que Christophe Lorenzoni a eu l'idée de récupérer des fûts pour en faire des meubles. Le domaine de Gramenon, en côtes-du-rhône, a été le premier à lui réserver ses barriques. En échange, il lui a offert un rocking-chair mis au point à partir de douelles. « Je travaille beaucoup avec les vignerons natures, poursuit le responsable de 225 litres, créé en 2009. Ils apprécient l'origine du matériau et l'idée qu'il ne parte pas en fumée… », explique-t-il. À Beaune, le domaine Prieuré Roch lui a pris des tabourets pour son bar à vin. Le jeune homme a aussi fabriqué des chaises (voir photo) pour le domaine Daguenneau, dans la Loire, à partir de l'un de ses demi-muids. Une première ! Il a aussi imaginé des « Ti zobjets » : bougeoirs, rack à verre… à partir des chutes de bois.

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