Retour

imprimer l'article Imprimer

VIN - TECHNIQUE À L'ÉPREUVE

La poche souple « Un conditionnement solide et original »

Patrick Touchais - La vigne - n°250 - février 2013 - page 40

En Anjou, le domaine de Terrebrune conditionne trois vins en poche de 3 litres. Un emballage aussi pratique à remplir que le bib.
NICOLAS BOULEAU est en charge de la mise au domaine de Terrebrune, exploitation qui a opté pour la poche souple. PHOTOS P. TOUCHAIS

NICOLAS BOULEAU est en charge de la mise au domaine de Terrebrune, exploitation qui a opté pour la poche souple. PHOTOS P. TOUCHAIS

LIVRAISON. Les poches sont livrées par cartons de 200, où elles sont protégées par un sac en plastique. Elles ne sont pas personnalisées aux couleurs du domaine de Terrebrune, car il faudrait pour cela passer commande d'au moins 20 000 exemplaires. Avant de les remplir, Nicolas Bouleau y colle une étiquette adhésive, la même que sur ses bouteilles, à la centilisation près.

LIVRAISON. Les poches sont livrées par cartons de 200, où elles sont protégées par un sac en plastique. Elles ne sont pas personnalisées aux couleurs du domaine de Terrebrune, car il faudrait pour cela passer commande d'au moins 20 000 exemplaires. Avant de les remplir, Nicolas Bouleau y colle une étiquette adhésive, la même que sur ses bouteilles, à la centilisation près.

REMPLISSAGE. Cette tireuse est une machine semi-automatique qui vide la poche de son air avant de la remplir de vin. Elle effectue un nouveau vide d'air avant de poser le robinet. Elle sert également au remplissage des bibs. Pour passer de la poche aux bibs, il faut régler la hauteur du bec de tirage, plus haute pour les poches qui, une fois pleines, sont plus bombées que les bibs. La cadence de travail approche les 120 poches par heure pour un ouvrier seul.

REMPLISSAGE. Cette tireuse est une machine semi-automatique qui vide la poche de son air avant de la remplir de vin. Elle effectue un nouveau vide d'air avant de poser le robinet. Elle sert également au remplissage des bibs. Pour passer de la poche aux bibs, il faut régler la hauteur du bec de tirage, plus haute pour les poches qui, une fois pleines, sont plus bombées que les bibs. La cadence de travail approche les 120 poches par heure pour un ouvrier seul.

REMPLISSAGE. Cette tireuse est une machine semi-automatique qui vide la poche de son air avant de la remplir de vin. Elle effectue un nouveau vide d'air avant de poser le robinet. Elle sert également au remplissage des bibs. Pour passer de la poche aux bibs, il faut régler la hauteur du bec de tirage, plus haute pour les poches qui, une fois pleines, sont plus bombées que les bibs. La cadence de travail approche les 120 poches par heure pour un ouvrier seul.

REMPLISSAGE. Cette tireuse est une machine semi-automatique qui vide la poche de son air avant de la remplir de vin. Elle effectue un nouveau vide d'air avant de poser le robinet. Elle sert également au remplissage des bibs. Pour passer de la poche aux bibs, il faut régler la hauteur du bec de tirage, plus haute pour les poches qui, une fois pleines, sont plus bombées que les bibs. La cadence de travail approche les 120 poches par heure pour un ouvrier seul.

EXPÉDITION. Les poches sont rangées par quatre dans des cartons d'expédition, spécialement prévus pour les recevoir. Ces cartons sont ensuite mis sur palette.

EXPÉDITION. Les poches sont rangées par quatre dans des cartons d'expédition, spécialement prévus pour les recevoir. Ces cartons sont ensuite mis sur palette.

STOCKAGE. Une fois pleines, les poches sont stockées debout dans des box en métal, sur trois hauteurs avec un carton épais entre chaque niveau. Ces box servent de rangement jusqu'à la vente au détail ou à l'expédition par cartons de quatre.

STOCKAGE. Une fois pleines, les poches sont stockées debout dans des box en métal, sur trois hauteurs avec un carton épais entre chaque niveau. Ces box servent de rangement jusqu'à la vente au détail ou à l'expédition par cartons de quatre.

Le domaine de Terrebrune, à Notre-Dame-d'Allençon (Maine-et-Loire), conditionne du vin en poche souple depuis trois ans. Par nécessité et un peu par hasard. « Nous ne proposions que de la bouteille ou des bibs de 10 litres, qui ont remplacé les cubis. Mais des grossistes et la grande distribution nous demandaient des formats de 3 litres », raconte Nicolas Bouleau, salarié et futur associé du domaine, en charge du commerce et des mises en bouteilles.

En visitant le Sitevi, son père, Alain, a découvert les poches. Mais tous deux avaient des doutes sur leur solidité. Ils ont été rassurés de voir qu'un grand distributeur les utilisait pour l'une de ses marques. « Nous avons également testé nous-mêmes leur solidité en faisant tomber la poche pleine à terre. Ça résiste très bien », confirme le viticulteur.

La poche avait aussi un aspect original et nouveau qui a séduit le domaine. « Comme il n'y a plus de carton, il y a moins de déchet qu'avec les bibs. Tout se recycle ! » souligne Nicolas Bouleau.

Le domaine de Terrebrune a été le premier à utiliser ce conditionnement en Val de Loire. Au départ, il l'achetait directement au fabricant. Depuis, la CAPL, une coopérative régionale, en distribue.

Cette exploitation, concentrée à 70 % sur la production de rosés, a choisi de conditionner trois vins en poche : un anjou rouge, un rosé de Loire et un cabernet d'Anjou. Des vins de consommation rapide.

La même préparation que pour l'embouteillage

« Les trois vins sont passés au filtre tangentiel. Ce sont les mêmes que ceux que nous conditionnons en bouteilles, sauf le cabernet d'Anjou. Ce demi-sec contient des sucres résiduels. Il faut s'assurer qu'il n'y aura pas de nouveau départ en fermentation. On le sulfite donc environ 10 % de plus que si on l'embouteillait, soit entre 45 et 50 mg/l de SO2 libre à la mise. Le risque n'est pas dans la conservation des poches pleines, car elles peuvent tenir au moins six mois. Mais si un client vidange sa poche lentement, il pourrait y avoir des problèmes de stabilité », indique Patrice Laurendeau, cogérant du domaine et responsable des vinifications.

Du côté des clients, quelques grossistes ont suivi ; les particuliers aussi. Le domaine réalise 15 % des ventes en direct auprès de la clientèle particulière. « Le format 3 litres est idéal pour une petite soirée entre amis ou en famille. Un barbecue par exemple », suggère Nicolas Bouleau. La poche prend aussi moins de place qu'un bib dans un réfrigérateur.

Une enseigne de la grande distribution a tenté un essai en Bretagne. Sans être convaincue. « Contrairement au bib, le robinet sort de la poche, ce qui ne facilite pas le rangement dans le rayon. Mais la poche aurait sa place en tête de gondole, par exemple, ou dans des box en carton. » Au domaine de Terrebrune, la poche n'a pas pris de parts de marché au bib de 10 litres, ni à la bouteille. Bien au contraire : elle a permis un développement. Certes, encore modeste. « Nous avons vendu quelque 1 500 poches en 2012 », affirme le jeune homme. Soit 45 hl, alors que le domaine produit 3 000 hl qu'il commercialise directement.

Un peu plus chère que le bib

La mise se fait cinq à six fois par an. À la demande pour certains clients et au printemps pour les particuliers. « Nous utilisons la même tireuse que pour les bibs, directement branchée sur la cuve. Sauf que nous y ajoutons une pièce spéciale qui permet d'enlever et de remettre le robinet. Ça fonctionne bien », explique Patrice Laurendeau. Une fois pleines, les poches sont stockées debout dans des box en métal, sur trois hauteurs avec un carton épais entre chaque niveau.

La poche coûte sensiblement le même prix que le bib. « Avec le carton d'expédition, elle revient donc un peu plus cher », constate Nicolas Bouleau. Cependant, la mise est beaucoup plus rapide, puisqu'il n'y a pas de carton à manipuler comme pour les bibs.

Au domaine de Terrebrune, ce nouveau conditionnement en est à ses débuts, mais des pistes de développement sont en cours avec un revendeur belge et un grossiste important en France. Chez les autres producteurs, malgré ses atouts, il semble avoir du mal à percer. Sans doute faudra-t-il convaincre les vignerons de l'adopter avant de vouloir persuader les consommateurs. À l'image de ce qui s'est passé pour le bib il y a une vingtaine d'années.

Le Point de vue de

David Bazin, responsable de Loire conditionnement (filiale du groupe coopératif UAPL)

« Un produit qui a beaucoup d'intérêts »

David Bazin, responsable de Loire conditionnement (filiale du groupe coopératif UAPL)

David Bazin, responsable de Loire conditionnement (filiale du groupe coopératif UAPL)

« Nous utilisons des poches Smurfit et d'autres marques. Nous ne remplissons pas les Smurfit jusqu'au bout afin d'y injecter de l'azote, qui inerte le vin, en fin de mise.

De plus, nous utilisons un bouchon Vitop court, qui permet de gagner 25 % d'oxygène par rapport aux bouchons plus longs. Nous gagnons ainsi un mois de conservation une fois la vidange commencée.

Nous garantissons huit semaines d'utilisation après l'ouverture. Nous remplissons totalement les autres marques de poche.

Globalement, les prescriptions techniques sont les mêmes que pour les bib. Le produit compte beaucoup d'intérêt : solidité, rapidité de remplissage… mais présente un inconvénient.

Comme il est opaque, s'il y a un problème d'émulsion à la mise, nous ne le voyons pas. À Loire conditionnement, nous avons une ligne mécanisée développée avec Smurfit Kappa qui peut remplir 600 poches à l'heure. Elle est installée sur un camion et nous pouvons intervenir en prestation de service.

Pour l'heure, nous conditionnons 50 000 pièces par an pour le groupe Loire propriétés. Mais c'est en développement. »

Cet article fait partie du dossier

Consultez les autres articles du dossier :

LE TÉMOIN

Nicolas Bouleau

32 ans.

Salarié du domaine de Terrebrune depuis 2005, fils d'Alain Bouleau, associé à Patrice Laurendeau. Il va s'installer courant 2013.

En charge des mises et des ventes

Le domaine compte 54 ha pour quelque 3 000 hl d'appellations d'Anjou, dont 70 % de rosés (cabernet et rosé d'Anjou), 10 % de crémant de Loire, 10 % de rouge et 10 % de blanc sec et liquoreux.

Il vend directement toute sa production : les deux tiers à des centrales d'achat et à des grossistes, 15 % aux particuliers et 20 % à l'export.

LE BILAN

Avantages

Solidité.

Rapidité de remplissage.

Diminution des déchets.

Possibilité de designer les poches.

Inconvénients

Nouveauté du conditionnement.

Difficile à placer en linéaires.

Difficile à transporter.

L'essentiel de l'offre

Voir aussi :