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VENDRE - L'observatoire des marchés du vrac

Rouges : L'AOC Médoc souffre d'un net repli

C. Goinere - La vigne - n°222 - juillet 2010 - page 63

Les cours du Médoc dégringolent (-22 %) et la récolte a du mal à s'écouler. Certains viticulteurs sont au bord du dépôt de bilan.

« Début 2008, nous vendions 1 800 à 2 200 euros le tonneau de 900 litres, contre un prix de base de 1 300 euros aujourd'hui. Le marché est en net repli. Les viticulteurs ont fait beaucoup d'efforts en qualité. Ils ne sont pas récompensés », lâche le courtier Jean-François Braquessac. Pire, le négoce ne se précipite pas sur le millésime 2009, malgré sa qualité. A peine un tiers de la récolte aurait trouvé preneur.

« Depuis deux ans, nous avons basculé sur un marché de prix », poursuit l'intermédiaire. Comme dans d'autres régions, les négociants travaillent en flux tendus. La pratique des achats de prévention se perd. « Je côtoie tous les jours des vignerons au bord du dépôt de bilan », confie un autre courtier.

A Saint-Germain-d'Esteuil (Gironde), un viticulteur ne sait pas quoi faire de ses 1 200 hl. « Toute ma récolte est à vendre. En 2008, je l'écoulais à 1 600 euros le tonneau. Aujourd'hui, je serais content si je vendais à 1 200 euros. Si rien ne se passe d'ici à trois mois, je n'aurai plus qu'à déposer le bilan et à licencier mes deux ouvriers », indique-t-il.

On est loin de la petite récolte de 2007 qui avait engendré une hausse des cours (2 000 €/t). « Une augmentation excessive », juge Xavier Deval, directeur d'Uni-Médoc, peu disert sur les contrats qu'il a passés : « Les engagements en volume et en prix sont corrects, vu le contexte. »

A Civrac-en-Médoc (Gironde), José Castells tire son épingle du jeu. Il écoule ses 2 315 hl en vrac. Les premières transactions ont démarré en avril. Il a vendu 800 hl à 1 400 €/tonneau. Puis 550 hl à 1 500 €/tonneau, en rendu mise. Entre 2005 et 2007, José Castells a vendu au-dessus du cours moyen. Sa recette ? « Nous travaillons 10 à 12 heures par jour. Nous faisons tout nous-même. Nous avons concentré nos efforts sur la vigne et le vin, sans nous diversifier dans la bouteille. »

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