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Autant le dire

“Créer de la valeur n'est pas si facile”

Thierry Blaise, expert foncier et agent de Terres & vignes (Marne) - La vigne - n°242 - mai 2012 - page 6

En Champagne et dans quelques autres vignobles, le prix du foncier vit sa vie en dehors de toute notion de rentabilité. On est plus sur un marché comparable à celui des œuvres d'art que sur celui d'un outil de travail. En 1970, il fallait dix années pour rentabiliser l'acquisition d'une parcelle de vignes. Maintenant, une carrière entière ne suffit plus. Je suis de plus en plus sollicité par des viticulteurs qui me demandent de les aider à trouver des partenaires investisseurs susceptibles de se porter acquéreur de foncier dont ils sont déjà locataires. Cette formule peut être intéressante dans le cadre d'une diversification de portefeuille d'actifs. Si le rendement du capital reste faible, les perspectives de plus-value à moyen et long terme sont attractives. On entend beaucoup parler d'augmenter la valeur pour rentabiliser l'achat des terres. C'est juste. Mais créer de la valeur est un travail de longue haleine, qui demande également des capitaux dans les vignes et les chais, de la trésorerie pour faire vieillir les vins et du talent pour en parler. Je ne suis pas sûr que tout le monde ait l'argent et les capacités pour aller vers cette voie qui est très exigeante. Je suis donc un peu inquiet pour l'avenir de certains viticulteurs…

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