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VIGNE

Pulvés : Le jet projeté décroche

Martin Caillon - La vigne - n°246 - octobre 2012 - page 40

La chambre d'agriculture de Côte-d'Or a testé huit pulvérisateurs en face par face. Le Jet 6 000 pneumatique de Bobard équipé des descentes Faupin a été le plus performant.
Les huit pulvés testés à Beaune PHOTOS M. CAILLON

Les huit pulvés testés à Beaune PHOTOS M. CAILLON

Turbiner sans relâche n'aura pas suffi. Pour lutter contre le mildiou cette année, mieux valait d'être bien équipé. C'est l'enseignement principal de la démonstration de pulvérisateurs qui s'est tenue le 7 septembre dernier au lycée viticole de Beaune (Côte-d'Or). Cent cinquante visiteurs y ont assisté. Ils ont pu observer huit rampes de traitement en face par face montées sur enjambeurs :

un appareil à jet projeté, le Pulvé 600 de Bobard ;

trois pulvérisateurs à pendillards et à jet porté, le Perfect air Bio de Lauprêtre, le Précijet de Tecnoma et le TB de Faupin ;

quatre appareils pneumatiques, le CG de Berthoud, le Millésime de Tecnoma et deux Jet 6000 de Bobard, l'un traitant par le dessus, l'autre étant équipé de descentes souples Faupin. La démonstration s'est déroulée l'après-midi, par vent nul, dans une parcelle plate plantée à 1 m sur 1 m et rognée à 1,15 m de hauteur. Le matin, la chambre d'agriculture de Côte-d'Or avait testé chaque appareil dans les mêmes conditions, sur la base de réglages définis par les constructeurs, en plaçant des papiers hydrosensibles sur trois niveaux dans la végétation et sur les grappes.

Les résultats ont confirmé le net avantage des appareils pneumatiques et à jet porté sur le pulvérisateur à jet projeté. Le Jet 6000 de Bobard avec les descentes Faupin, le seul pneumatique pourvu de descentes, obtient la mention très bien.

Air propulsé à 350 km/h

En propulsant l'air à 350 km/h, la turbine Bobard assure une excellente pénétration de la bouillie sur les deux faces des feuilles comme sur les grappes. Pourvues de mains à trois hauteurs, les descentes Faupin offrent une couverture très homogène entre le haut et le bas de la végétation.

Les trois appareils à jet porté reçoivent la mention bien. Avec un flux d'air de 80 et 120 km/h, le Perfect air de Lauprêtre et le Précijet de Tecnoma couvrent très bien les faces supérieures en bouillie mais un peu moins les faces inférieures en bas des ceps. À près de 200 km/h, la turbine du TB de Faupin secoue bien la végétation. Doté de seulement quatre diffuseurs par descente, l'appareil n'atteint cependant pas les performances du Précijet à six diffuseurs.

Sans surprise, les trois pulvérisateurs pneumatiques diffusant par le dessus couvrent bien le haut du feuillage. Le Jet 6000 de Bobard s'en sort plutôt bien en bas du feuillage et sur grappes. Le Berthoud fait un peu mieux malgré un réglage des mains un peu haut. En revanche, la rampe Millésime de Tecnoma pêche nettement en bas de la végétation et sur les grappes. «

Déficit typique du jet projeté »

Mais il y a pire. L'appareil à jet projeté Pulvé 600 de Bobard manque notoirement de pénétration en partie basse et sur les grappes. « Ce déficit est typique du mode de pulvérisation en jet projeté. Il n'est pas propre à cet appareil », commente Pierre Petitot, conseiller à la chambre d'agriculture de Côte-d'Or.

Le résultat inquiète, car « 60 à 70 % du parc de pulvés de Côted'Or sont à jet projeté. Les échecs cuisants qu'ont connus certains viticulteurs cette année annoncent un probable regain d'intérêt pour des appareils à jet porté et pneumatique dans les années à venir », présage-t-il.

Le Point de vue de

Pascal Mugneret, viticulteur à Vosne-Romanée (Côte-d'Or)

« J'ai modifié mon appareil en cours de saison »

« Je traite depuis deux ans avec le Bobard pneumatique Jet 6000. L'appareil, qui pulvérise huit rangs en face par face par le dessus avec des mains, assure une bonne couverture contre les maladies en année normale. Mais il a montré ses limites cette saison face à la virulence du mildiou. Avec Bernard Zito, un conseiller local, et Pierre Petitot, de la chambre d'agriculture, j'ai testé deux fois la pénétration de la bouillie sur la végétation à l'aide de papiers hydrosensibles. Le résultat a montré que plus on rogne haut, plus le système de traitement par le dessus peine à bien couvrir le dessous des feuilles. Or, je ne traite qu'avec des produits de contact qui exigent une qualité de pulvérisation irréprochable.

J'ai alors décidé, pour le huitième traitement, de modifier le pulvé en l'équipant des nouvelles descentes souples Faupin. Ses trois diffuseurs répartissent le produit de manière plus homogène sur tous les étages de la végétation. Au final, j'ai traité quatorze fois. Avec le recul, je pense avoir pris une bonne décision. Sans ce changement, j'aurais sans doute perdu une partie de ma récolte. J'espère ramasser 35 hl/ha de moyenne. C'est 10 hl de moins qu'un rendement normal, mais cette année, c'est plutôt bien. »

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