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VENDRE - L'observatoire des marchés du vrac

Rouges Le cours du saint-émilion grimpe

COLETTE GOINÈRE - La vigne - n°264 - mai 2014 - page 70

Porté par de faibles disponibilités et une demande soutenue du négoce, le cours du saint-émilion a progressé, à la grande satisfaction des producteurs. Mais le marché se calme.

« Comme le millésime 2013 était jugé très inégal, nous avions peur que le marché mette du temps à décoller. En fait, il a été très actif, avec de nombreuses transactions entre janvier et mi-avril. Depuis, il ralentit », constate le courtier Gilles Prince, basé à Branne, près de Saint-Émilion (Gironde). Les prix grimpent. Depuis le début de la campagne, le cours du tonneau de 900 l oscille entre 3 700 et 4 000 euros. L'an dernier, à la même époque (août 2012 à avril 2013), il s'affichait en moyenne à 3 419 euros.

Pour Jean-Philippe Code, directeur du service Économie et études du CIVB, cette hausse des prix reflète l'intérêt du négoce pour une appellation manquant de disponibilités : « Le 31 juillet 2013, le stock de saint-émilion était d'un peu moins de 123 000 hl, contre 151 000 hl trois ans auparavant, conséquence de sorties accrues et d'une orientation des revendications vers l'AOC Saint-Émilion grand cru ». À cela s'est ajoutée la petite récolte 2013.

À l'Union de producteurs de saint-émilion (150 coopérateurs), le vrac ne représente qu'une goutte d'eau : selon les années, 250 à 500 hl sur 38 000 hl de production totale. « De plus en plus, nous allons vers la valorisation en bouteilles », indique Alain Naulet, directeur général. 500 hl de vrac ont trouvé preneur au premier trimestre 2014, à 4 000 euros le tonneau. « Les prix ont augmenté de 10 % par rapport à l'an dernier. Nous souhaitons qu'ils se maintiennent ainsi, avec une récolte plus volumique », remarque-t-il.

Laurent Lusseau est satisfait. Ce viticulteur, qui exploite 6,5 ha à Saint-Sulpice-de-Faleyrens, a produit une récolte 2013 quasi normale. Le négociant avec qui il travaille depuis deux ans a acheté ses 350 hl il y a deux mois. « J'ai bien vendu », reconnaît-il, tout en restant discret sur le prix de vente. Laurent Sierra, du château Toinet-Fombrauge, ne se plaint pas. Sur les 12 ha qu'il détient, 60 % sont dédiés au vrac et 40 % à la bouteille (en AOC Saint-Émilion grand cru). « Le saint-émilion en vrac donne de la trésorerie et se vend à un cours valorisant. C'est un marché qui se porte bien et qui est viable », estime-t-il

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