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Autant le dire

« L'argument des contempteurs du bio »

Stéphane Madiec, vigneron bio sur quatre hectares en Corbières - La vigne - n°267 - septembre 2014 - page 4

Dans le numéro 266, page 34, j'ai lu avec attention l'article d'Adèle Arnaud, "Le bio, pas si écolo". Avec attention et avec une certaine dose de stupéfaction. Selon cet article, les viticulteurs bio sont exposés aux particules fines ? Ce genre d'argument me fait sourire. C'est l'autre face de l'argument massue des contempteurs du bio : « Vous faites du tracteur ». Je ne sais pas dans quel pays vivent ces gens mais, quand je vois comment travaillent mes collègues en viticulture conventionnelle, je doute de cette affirmation. Petite liste de leurs passages : deux désherbages, deux épamprages chimiques, trois labours, sept traitements. Je passe sur les vendanges mécaniques et la taille mécanique de précision. Cela représente aussi beaucoup de passages. Pour revenir aux particules fines, il y en a d'autres bien plus sournoises. En deux traitements de bouillie bordelaise à pleine dose, mes collègues en conventionnel épandent plus de cuivre que moi en une campagne entière (entre 2 et 2,5 kg/ha). Je passe évidemment sur les néonocitinoïdes et autres réjouissances. Dernière trouvaille des viticulteurs du Languedoc : l'irrigation. Dans la plaine, on arrose au canon à eau, en plein soleil et en plein vent. Ici, on tire des tuyaux un peu partout. Ah ! le terroir ! C'est sans doute ce que vous appelez une démarche bio.

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