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VENDRE - L'observatoire des marchés du vrac

Rouges Les beaujolais nouveaux en repli

D. B. - La vigne - n°269 - novembre 2014 - page 92

Après deux années de stabilité, le marché des beaujolais nouveaux semble repartir à la baisse, notamment pour les villages dont les volumes échangés reculent de 25 %.

Déception en Beaujolais : au 31 octobre, c'est un fléchissement du marché des vins nouveaux qui apparaît. Pour les beaujolais nouveaux, il reste mesuré. Par rapport à la bonne campagne de 2013, le prix a reculé de 3 €/hl, à 218 €/hl en moyenne, et les volumes de 11 000 hl (- 8,75 %). « Le marché a été difficile, assure Christian Alix, de la Cave des Pierres Dorées. Nous avons vendu à 220 €/hl nos 13 500 hl, comme l'an dernier, mais il a fallu négocier ferme. Nos vins étaient disponibles tôt. C'était la clé pour vendre au grand export. »

Pour les beaujolais villages nouveaux, la situation est plus tendue. Les prix sont en recul de 13 €/hl et les volumes perdent près de 25 % à 55 000 hl. Même ceux qui ont « bien » vendu s'inquiètent, comme Jean-Luc Morion, président de la Cave du Château des Loges, au Perréon (Rhône). « Sur nos 8 700 hl de beaujolais villages nouveau, 7 200 sont partis au négoce à 230 €/hl. Heureusement, nous avons vendu 1 500 hl en bouteilles. Si nous avions dû vendre l'ensemble au négoce, cela aurait été compliqué, surtout pour le prix. Personne ne s'attendait à un tel recul. »

À l'heure des premiers bilans, on s'interroge sur la raison de ces reculs, alors que le rendement autorisé en primeurs, 26 hl/ha, semblait garantir un marché solide. « Les prix ont sans doute trop monté en 2012 et 2013 », estime Bernard Couzon, président de la cave de Bully-Quincié.

Jean Bourjade, le délégué général de l'Inter Beaujolais défend une autre analyse : « Nos études montrent que les prix sur le marché du vrac n'ont pas eu d'impact sur les ventes. Mais en 2012 et 2013, comme les récoltes étaient petites, et aussi tardives en 2013, le négoce a acheté des villages, quitte à les replier en génériques. » Le marché villages aurait donc été soutenu artificiellement. « Si l'on ajoute la crise, on peut expliquer le recul marqué sur la GMS française alors que les marchés à l'export se tiennent malgré une légère baisse au Japon due à une hausse des taxes d'importation. »

Et l'avenir ? « Les cuvées haut de gamme, avec un temps de vinification plus long, sont en progression. Il faut travailler dessus », indique Jean Bourjade.

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